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MAIA

Maia î Toute-puissanle illusion ! Déesse ! Magique créatrice et subtile maîtresse

Des formes qui n'existent pas !

Toi qui sais nous cacher le ciel couvert d'orages Pour nous montrer au loin le pays des mirages

Dont le charme exhorte nos pas !

Je t'implore à genoux, absolvante chimère ! Si la vie est parfois moins âpre et moins amère,

C'est à toi que nous le devons :

Tu tiens le sablier des heures qui sont bonnes, 0 sagesse de la folie, et tu nous donnes

L'oubli du peu que nous savons!

Leurre-nous! Rien n'est vrai des vérités humaines Sinon loi qui nous mens toujours, et qui nous mènes

Vers d'impossibles oasis !

Reine de toute foi, mère de toute ivresse, Ton verbe rend l'espoir aux âmes en détresse

Et réchauffe nos vœux transis !

Sainteté de l'erreur! Beauté toujours féconde! Tu marches à travers l'obscurité du monde

En levant l'unique flambeau :

Notre effort égaré dans les fanges funèbres Voit le feu de ta gloire éclairer nos ténèbres

Jusque par delà le tombeau.

0 Rédemptrice ! A ceux que leur misère écrase Ta voix donne les dieux et la prochaine extase

De tes consolants paradis:

Tous les siècles ont bu le lait de tes promesses, Et par l'eau du baptême ou par le vin des messes

Tu verses la grâce aux maudits !

l'attente. 31

Viens donc mentir encore à ceux qui voudraient vivre ! Mets sur nos yeux lassés le bandeau qui délivre

De la navrante vérité !

C'est par toi qu'on peut croire et c'est par toi qu'on aime Daigne éternellement affranchir de lui-même

Le vieux cœur de l'humanité î

Ouvre-nous l'infini des rêves illusoires! Ravis-nous en dehors de nos propres mémoires

Dans tous les mythes de ton ciel !

Emporte nos désirs et berce-les ensemble : Nous attendrons en toi la mort qui te ressemble

Et qui doit guérir du réel !

LA SIRENE

L'Espérance est une sirène Qui chante au milieu des rochers :

L'île d'amour que vous cherchez A la douleur pour souveraine.

C'est la douleur qui vous entraîne Plus que la soif des beaux péchés : L'Espérance est une sirène Qui chante au milieu des rochers.

Et le flot défend qu'on reprenne Le blanc cadavre des nochers Qui sont morts pour s'être penchés Vers les musiques qu'elle égrène :

L'Espérance est une sirène.

L ATTENTE

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