‹ SeulChapitre 57 sur 145 · SA CHAMBRE · texte numérisé non relu

SA CHAMBRE

Des murs tendus de lin, frais et couleur d'alberge, Où sont peints des bleuets mêlés à des épis ; Un bénitier d'argent incrusté de lapis, Et la couche qui dort sous ses voiles de serge...

Un jour pieux, semblable à la clarté d'un cierge, Glisse des rideaux blonds et meurt sur les tapis ; L'odeur lente qui sort des sachets assoupis Embaume de pudeur la chambre de la vierge.

— Prenez ce livre, où sont les rêves de mon cœur, Et vous les porterez dans l'ombre et la langueur De l'asile mystique où s'exhalent les vôtres :

Je saurai qu'ils sont là, sous les rideaux fermés, Que leur parfum mourant se mêle à tous les autres, Et qu'un peu de mon âme habite où vous dormez.

l'adoration. 65

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