SON IMAGE
Au temps où l'art ému ne peignait que des âmes.
Où l'homme procréait des dieux, Un rêveur qui cherchait son rêve entre les femmes
Conçut ton sourire et tes yeux.
Et, dans le double amour du ciel et de la terre,
Mariant son rêve à sa foi, La Madone à Vénus, Nazareth à Gythère,
Il dressa l'image de Toi.
Blanche, alors, tu surgis sous le pinceau du maître,
En semant des fleurs sur tes pas, Ame avant d'être chair, vivante avant de naître,
Toi qui fus quand tu n'étais pas...
Mais les siècles passaient et mouraient de t' attendre :
Le pur idéal se voila; Et quand tout fut perdu, toi qui devais tout rendre,
Tu vins et tu dis : « Me voilà ».
L ADORÂTIOiX,