SON OMBRE
Quand ton ombre choisit mon front pour s'y poser, Je bois le vent de sa caresse aérienne, Un baiser diaphane, une aile de baiser. Frisson de toi, ta vie est au bord de la mienne !
Je la sens : elle bouge et s'endort tour à tour, M'environne et s'en va, revient et me pénètre, M'enveloppant d'espoir et m'imprégnant d'amour C'est le bain de prière où nage tout mon être !
Elle est le temple, et c'est la fraîcheur du saint lieu ; Je m'agenouille en elle et mon exil y pleure : Tel un prêtre qui prie à l'ombre de son dieu |
Et qui se sent moins seul quand cette ombre l'effleure.
Je retrempe mes vœux, ma tristesse et ma foi Dans la communion de sa majesté sombre : Et voici par degrés que tu descends vers moi, Et ton être conquis s'incarne dans ton ombre.
Elle apporte ton âme, elle revêt ta chair : Elle est vivante, elle est palpable, elle est toi-même. Et ce qu'elle a frôlé me devient presque cher A cause d'un baiser dont j'emporte l'emblème.
l'adoration. 69