LE TRESOR
Tu peux vieillir, et le cours
De tes jours Peut descendre comme un fleuve Demain tu retrouveras
Dans mes bras Ta jeunesse toujours neuve.
Je cueille ta voix avant
Que le vent Ne la prenne, et je l'emporte Pour te rapporter ta voix
D'autrefois Quand la chanson sera morte.
l'ado r, AT lox. 99
Du rire capricieux
Qu'ont tes yeux Ma douleur s'est assouvie, Mais je te rendrai plus tard Le regard
Dont tu regardais la vie.
Tout mon culte a reflété
Ta beauté Qu'il garde pour vivre en elle, Et tu n'auras pour la voir
Au miroir Qu'à chercher dans ma prunelle.
Hélas, il nous faudra ne jamais nous connaître Mon rêve adore en toi ce que je porte en moi, Et tu pourrais tuer l'amour que tu fis naître !
Si ta divinité n'existe qu'en ma foi,
Oh, craignons de briser l'illusion du prisme :
Mon rêve adore en toi ce que je porte en moi.
Image de mon vœu, fleur de mon égoïsme, C'est peut-être moi seul que j'aime en ta beauté: Oh, craignons de briser l'illusion du prisme!
l'aL OllATION. 101
Craignons moins le regret d'une réalité
Que l'éternel remords d'avoir souillé nos cultes :
C'est peut-être moi seul que j'aime en ta beauté.
Laissons lesdieux au ciel, sans tache et sans insultes, S'il est vrai qu'un divin mensonge vaille mieux Que l'éternel remords d'avoir souillé nos cultes.
Dans la sérénité du ciel, laissons les dieux î Pour toi qui fus l'idole et moi qui fus le prêtre, S'il est vrai qu'un divin mensonge vaille mieux,
Hélas, il nous faudra ne jamais nous connaître.