ENVOI. XI
que la science monte, l'homme descend du trône que la foi lui avait dressé. Mais, si l'on regardait au fond de nos consciences, on y verrait la sainte horreur de ce pouvoir qui nous outrage, fait ahdiquer nos orgueils, et nous diminue devant nos propres yeux.
Et toujours, malgré tout, l'antique tendance nous mène à tout rapetisser, pour tout adapter à notre taille ; sous prétexte de poésie, nous étouffons dans nos étroites mains les poèmes les plus immenses ; au nom de l'idéal, nous mettons en interdit toute idée qui serait trop grande; au nom de la morale, nous insultons le matérialisme des formules qui osent, à propos de l'homme, parler de lois universelles. Voici peu de temps qu'il est permis de penser sans blasphème que notre soleil n'évolue pas autour de notre terre ; à peine serait-il permis aujourd'hui de penser sans impertinence que l'amour n'est point le privilège exclusif des vertébrés qui sont mammifères bipèdes.
Il ne l'est pourtant pas : les autres animaux aiment à peu près comme nous : leur amour.