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LE PUITS

Tes yeux ont la couleur de la nuit et du deuil

Comme mon âme; Ils rafraîchissent d'ombre, ils absolvent sans blâme, Ils ont la douceur du cercueil.

Une paix ténébreuse et lourde de mystère

Gît dans tes yeux :

C'est un puits sombre, où brille une plaque des cieux

Comme s'il traversait la terre.

Comme s'il traversait la terre sans rien voir

De notre monde, Il plonge dans la nuit immensément profonde D'un exil immensément noir.

Il dégage l'oubli des hommes et des rixes,

Comme la mort, Et l'auguste repos de la tombe où l'on dort Doit ressem.bler à tes yeux fixes.

l'adoration. H"

Les plus beaux vers sont ceux qu'on n'écrira jamais. Fleurs de rêve dont l'àme a respiré l'arôme, Lueurs d'un infini, sourires d'un fantôme, Yoix des plaines que l'on entend sur les sommets.

L'intraduisible espace est hanté de poèmes,

Mystérieux exil, Eden, jardin sacré

Où le péché de l'art n'a jamais pénétré,

Mais que tu pourras voir quelque jour, si tu m'aime:

Quelque soir où l'amour fondra nos deux esprits. En silence, dans un silence qui se pâme, Viens pencher longuement ton âme sur mon âme Pour y lire les vers que je n'ai pas écrits...

L'ARC-EN-GIEL

La pluie âpre tombait des deux ternes et bas

A travers des clartés mortes; Pour voir la maison vide où tu n'arrivais pas

J'errais seul devant les portes.

Mais tu vins : Teau des toits glissa comme un torrent

De saphirs et de turquoises, Et des nuages clairs fuyaient en se mirant

Dans le miroir des ardoises.

Alors, pour attester dans le temple interdit

La présence de l'idole, L'arc-en-ciel, sur ton front invisible, arrondit

Sa lumineuse auréole.

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