RICHESSE
Dans le grand parc aux portes closes Vous promenez parmi les roses L'ampleur de votre vanité :
0 pauvres riches que vous êtes, La compassion des poètes Pleure sur votre pauvreté.
On a su, par quelques paroles, Vous vendre un droit sur les corolles.
Mais leur amour n'est pas à vous ; On a su vous prêter la terre, Mais Dieu ne ve.id pas le mystère Dont les brins d'herbe sont jaloux.
I6i SEUL.
Vous pouvez abattre les chênes,
Étendre aux collines prochaines
L'autorité de votre ennui;
Mais c'est mon seul regard qui cueille
La perle éclose sur la feuille
Et qui ne brille que pour lui.
Bien qu'on vous déclare les maîtres De revendre Taubier des hêtres, Votre droit ne vaut pas le mien; Car la nymphe est sœur de la muse :
Le sourire qu'il vous refuse, Votre bois me l'offre pour rien.
Votre forêt n'est point fidèle
Et sait dès qu'un rêveur l'appelle,
Trahir ses tyrans et la loi :
Votre forêt n'est point farouche,
Et le beau soleil qui s'y couche
Est moins beau pour vous que pour moi.
L ADORATION. 165