‹ Seul!Chapitre 2 sur 51 · S&UL · texte numérisé non relu

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eonciliabolefi secrète» et jusque àum les cahiuete et les cbaumiëres» 1 celle fermestatien unkendle quel point de riScosse pouvait échapper?

Eh ïAeUp reliés par un même nom, presque en- <jiaiués Tun à l'autre, deux vilkges, le Haot ^ le lias*Largo, celui*d aboutissant au golfe de Forth par une baie spadeuse, celui-là s'écheloonant sur la colline et laissant entrevoir coquetlement, à tra<vers un léger rideau de sapins et d'érables, le cwoapanile ardoisé de sa petite é^e gothique , avaient été seuls préservés de la contagion générale.

A quelles circonstances heureuses ce pelit coin de terre dul-il alors son état exceptionnel de Iranquillité , son repos au milieu de la tourmente? Des marais et des fondrières le cernent d'un câté^i il est vrai ; de l'autre, durant la plus grande partie de Tannée, ses routes deviennent ImpraticaUes ; mais de si faibles obstacles n'arrêtent ni le fanatisme ni la guerre.

Le sort n'avait pas seulement jEatvorisé Largo de mauvaises routes et de marais mouvants et pestilentiels ; il lui avait encore donné pour seigneur ifil c'est là sartout ce qui faisait sa sûreté) l'honmae le plus habilement hypocrite qu'on eût pu tironver dans les Tr ois-Royaumes.

Crodefroy-Àlexander Mac-Yvon, laird de Lacgo- Bay, avait d'abord servi, en qualité de capitaine,

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dans un rigimant lo^. Lois du traîlé detiàii^e, congédié par le prrleflMait, il ÊtaiÉTentiiè dans «s dmiiaiiHns. Là , ^funûque ytune «ocare, neiMnçantl Tepr£a)dJ?e {màfùraner se fasâornaBl loiÉ A ceap ponr kt m ap*îefile» iwnpmt aiee Imite la noUesee du If ûishuge; et ibraxaiU le qi^em ifim4-mi, il idiraît de pair à compagnon au soîUeu de «es valets et de ses vaflMMX. Parmi ceux-d •coaune parmi eeus^là cepeudâBlf m sévi Avût sa confiance «nëère, Ulimttée. C-'était mi u««niBé Selcraig, angaftse cordonmer au fias^larg^^ pnii soldat dans le 'même ffégimcmt que Mn&-Yimi, mainteuaiit le ftctotuni du laird et le dîeeotaDr de ses^ealtures.; ^ar le <;klileau «vailèté trainsferfflé BU ose ^oaste fenne, les^parcs en pfttorages, pov l'élèie des cbeirauKel des bêtes à cernes. D'uB cwactèreTiolaat, eapoeté, maïs d^un dâfooement à tunie épreuve, Sekraig ainait phis son andeu «apitaine q/ÊB sa femme, qooiqae sa femae fiait jcoue et d'ime lieauté T«man|ualrle ; plus tard TBRS I6âfc, quand edle-ci monrui par acddenC en Inî bÎBsasit m fflsà petoe ftgé de cinq ans et dont le iaird était le porraut, le vmt |a*é£érKit encore ▲iexanânr Kbo-Yvkmi à Alexander Selcraig; il était adnâ lut ; et, sans vu confident, un compliee, on ami parea, jamais Ma^-Yvou n'aurait ini se tirer ^ftflbine dans les .nmtes tortu^ises où il s*élait en-

Quoique dans le fond de son cœur il fût resté chaud catholique et royaliste ardent, par son ordre on avait fêté à grand bruit dans ses domaines l'aTénement du roi Guillaume^ et à chaque nouvelle victoire des whigs et des orangistes, un curé presbytérien, installé dans l'église du Haut-Largo, entonnait des chants de triomphe.

Qu'importait à Mac-Yvonî « Dieu est trop bon catholique, se disait-il pour prêter l'oreille à tous ces brailleurs de psaumes ; et moi, avec leurs psaumes, non-seulement j'éloigne d'ici les ravageurs presbytériens, mais encore, s'ils y viennent, c'est pour trafiquer avec moi de bêtes à cornes bu de chevaux, et de mon mieux je les rançonne. »

Mac-Yvon, qui faisait d'excellentes affaires avec ses ennemis, savait aussi tirer parti de ses amis.

Parfois, sous prétexte d'achats de bestiaux, accompagné de son fidèle Selcraig, il se mettait en route. A quelques jours de là, on apprenait que les highlanders se montraient dans la plaine, piUant tout, dispersant les miUces orangistes, et faisant main basse sur les troupeaux. Mais ce qu'on ignorait, c'est que Mac-Yvon, qui avait passé une partie de son enfance au milieu des montagnards, le plaid sur l'épaule, brandissant d'une main la claymore, de l'autre le mousquet, avait combattu dans leurs rangs, et, le plus souvent, les avait diri-

géSy surtout dans le saccage des étables et des écuries, où il ne manquait pas de reprendre le bien.... qui lui avait appartenu.

S'il a chanté pour Guillaume d*Orange, il vient de se battre pour Jacques Stuart ; et, par les psaumes conune par la claymore, il voit sa fortune et ses troupeaux s'accroître de jour en jour.

Toutefois, pour tranquilliser sa conscience, de ses bénéfices il fait deux parts , et la plus forte est pour le roi Jacques. Cette dîme royale , il charge Selcraig d'aller la porter au général Glaverhouse, qui, dans les comtés d'Angus et d'Alhol, soutient les derniers efforts du parti royaliste. Glaverhouse, dans une de ces manœuvres rapides telles que les comportent les guerres de partisans, s'il pousse tout à coup une pointe sur le comté de Fife, donne son acquit en se détournant des domaines du noble bouvier.

C'est ainsi que, exceptionnellement au reste de l'Ecosse, grâce à l'habileté cauteleuse de Mac-Yvon, la double population de pécheurs et de cultivateurs des deux Largo vit en paix, presque insouciante à ce qui se passe autour d'elle. A peine si quelques enfants, creusant le sable du rivage pour y trouver des crabes, ou s'amusant à faire ricocher des cailloux sur le golfe, ont un instant prêté l'oreille à certains bruits sourds et prolongés qui, courant sur les flots,

venaient, par petites bonfièes , expirer dam bt haïe. G*était récto affiiibii da canon qui alors, de Fanlre côté du Forth, faisait crouler ks murs d*Édimr bourg.

Le laird devait s'apiplaudir de sa réussite ; mais, bientôt, il eut tant d'occasions de se réjouir offieiellement et coup sur coup des triomphes des orangistes, qu'il en tomba dans une tristesse profonde.

La cause des Sluarts allait empirant de plus «a plus en Ecosse ; les forteresses qui tenaient potir Jacques II capitulaient l'une après l'autre. En vam, avec son seul royaume d'Irlande, Jacques occupait encore les principales forces de l'Angleterre ; l'Ecosse était perdue pour lui ; voilà ce que disait liae- Yvon, voilà ce que répétait Selcraig.

Jugeant leur rôle fini, peut-être allaient-ils prendre le parti de vivre enfin tranquilles, en dehors de toute préoccupation politique ; ils y songeaicHt, c'est-à-dire Mac-Yvon y songeait pour tous deux, lorsqu'un rœndiant, étranger au pays, et qui avait trouvé moyen d'aborder le laird à l'écart, lui remit mystérieusement un pli cacheté qu'il tira de des^ sous sa souquenille délabrée, et s'éloigna aussitôt.

Ce pli renfermait un brevet de cdond, timbré du sceau royal, et que Jacques Stuart envoyait à son féal serviteur et cousin Godefroy-Alcxander Mao- Yvon, laîrd de Largo-Bay, en récompense de ses

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lettre 'àsCilaTefbmuie 9 par layieHe celmnai ait»Dttç»t an Mtancd Sfao-Yvon que Tarmée «des rebcUes, acenie 4e tantes ies forces nagnène empkiydns ma sîége 4es teteressefi, s'ayao^ail contie Ini, «t xfUSl médâteût ^ raaéantir d'im %aA <xasp. Pqw oA faire, il ^aàX iissoin de l'aide de ses anmu

fiamieBl les inetoictiaiifi.

Scvrexdfléd^s sa nsiiilé antant que dans soft nètle, secouant son alangussement, ses hésitatioiK , le junurisan etobnd «ingie «rasEt tout an nerf de la guerre ; le temps lui manquant pour aOer au loin cbereher des aobeteurs, le j^ar même il ivend, pnaqae par foroe, la majeure partie de ses tsoopeMK aux babiluits de ses deux yiHages ; il réiiaiit tout db qu'il poasrisde en or, fin bijoux; Sekralg ajoute au trésor eœimun le fruit de ses épargnes de dix ans ; dans la naît, ils iondent, ils jettent dans k -oreoset pour b; réduire en liognta, toute Taiis^enterïe amassée par les anciens setgiienrB de Lacgo-Bay » et jus(|ii'«ux neux bsnaps dans lesquels, aux i&les soleniielles, ceax-ci avaient liu & la santé du iwL

Qaelfl[ues jours après^ on eftt cm que, defains le Lotfiian jasqu'au Locbaber, un inceiidie immense s'était spoBtanémeDl aUunoé sur toutes les cimes des nuntagBÉs ; la croix de &u se nnilti|diiit partout, appelant aux armes les belliqueux higUanders*

Lord Mackay, qui commandait l*armée orangiste, précipita sa marche pour attaquer Glayerhouse, avant que celui-ci eût rejoint ses intrépides auxi- Kaires. n était déjà trop tard. Arrivé dans le comté d*AtIiol, derrière le Tay, imprudemment engagé dans les gorges de Killikrankie, il se vit écrasé sous le choc des montagnards, qui, mêlant leurs cris sauvages aux sons de leurs cornemuses, se précipitèrent sur lui du haut de leurs nids d*aigle, comme une avalanche de fer et de feu.

Après la défaite des Anglais, Selcraig chercha son maître et ne le trouva pas. Le soir, il le guetta vainement au miUeu de tous les chefs qui tenaient conseil. Une lanterne à la main, il passa la nuit à rôder sur le lieu où s'était donnée la bataille, n'osant l'appeler par son nom, s'adressant à tout ce qui portait le plaid et le tartan, écartant des cheveux ensanglantés sur bien des faces Uvides , parlant bas à l'oreille des mourants et même à celle des morts, pour leur demander des nouvelles de son colonel. Enfin, une voix plaintive , qu'il crut reconnaître, arriva jusqu'à lui; et sous un amoncellement de cavaliers et de chevaux éventrés , il trouva celui qu'il cherchait, meurtri, à moitié écrasé sous le poids de tant de victimes , mais respirant encore.

Lui-même pansa les blessures de Mac-Yvon, puis, laissant les vainqueurs rêver de nouveaux

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succès, il le fit transporter dans une barque qui, descendant le Tay jusqu'à son embouchure, côtoya les plages de Saint-André, atteignit le golfe de Forib, et vint, après une assez longue et pénible nayiga* tien, s'amarrer dans le petit port de Largo.

Une fièvre terrible ne tarda pas à survenir ; le malade, sentant sa fin prochaine, fit appeler près de lui Selcraig, et le fils de celui-ci , son filleul Alexander, pour lequel, même au milieu des incessantes préoccupations de sa vie agitée , il avait toujours ressenti la plus tendre bienveillance. Le vieillard et l'enfant, les yeux pleins de larmes, s'agenouillèrent près de son lit.

Dans un long entretien , souvent interrompu par les élancements de la fièvre , il leur dit ce qu'il avait pu faire pour chacun d'eux. Son désir eût été de laisser à Selcraig, son compère, son ami, quelque bonne ferme, dans laquelle il aurait achevé ses jours tranquillement. Mais la seigneurie de Largo- Bay était un fief noble qui , d'après la loi d'Ecosse , devait retourner au plus proche de la famille , sans qu'un pouce de terre en pût être distrait. Du moins , par son testament , il lui assurait tous ses biens meubles , ses armes , ses troupeaux , et les diverses valeurs métalliques, soit monnayées, soit ouvragées, qui pourraient se trouver au château lors de son décès.

Ouaat k «ou filleul , dont il avait résolu de faire un homme înfibrait et honoraUe, le lairi «fait, dès les premiers temps de sa naissanoe, dépasé pour lui à la tontine universitaire de Saint-Ajadvé la somme nécessaire pour qu'il y suivit ses classes de douze à dix-huit ans, époque à laipieUe il serait apte à se choisir un état. Il lui recommandait celui des armes.

n fit ensuite éloigner Tenfont , et lorsqu'il se re^ trowA seul avec Selcraig :

« Ami, lai dit-fl, écoutennoi Uen, étrange que c'est un mourant qui te parle. Quand le moment sera arrivé, toi-même tu me fermerias les yeux, toimême tu m'enseveliras « et tu apras soin de déposer dans mon cercueil mon hrevet de colonei de S. M. le roi Jacques II , aûisi que la lettre du brave général Glaverhouse..«. Écoule eoeom. Locsque mon filleul aura atteinl l'&ge d'homme^ à sa sortie de l'Université , tu lui «oiiûeras ce que nous avoofi fait ensemble pour la sainte cause de nos pdnciss légitimes ; si alors , comme je l'espère., le roi a repris possession de ses tnâs royaumes, qu'AIexander enire à son service, sinon à celai du roide France, mais seulement dans la compagnie écossaise; tu m'entends? Je le désire.... je le ikciix! »

Le kktl. Mae-Yvon, de Lorgo-fiay, mounit dasks la nuit môme, à peine âgé de trente-huit ans.

Le jaune ptrçoB. àani l'aireBtr l'avait ainsi préoccopèà ses derniers inetants, cet Alexand^ Selcraig, ipi, pour des motife que n«u6 &mafi connaître, {»'it pins tard le .nom de Silhirk^ c'est le héros de notne bi$toire, c'est celui dont l'étran^ isolenoent dans une des tles de la mer Pacifique devait inspirer à Damel de Waë Ildée de l'éfôsode principal de son roman dé fiobinson.

Le roman avait bit tomber l'histoire dams l'ouMl ; remis sur les traces de cette existence , aujourd'hui ignorée , nous sommes parvenu, à force de recherches , grâce à de bonnes fortunes bibliographiques tout fait inespérées, à la compléter, du moins dans ce qu'elle peut présenter de curieux. C'a été pour nous une chance trop heureuse de retrouver du vrai Robinson non- seulement les détails de son enfance , mais ceux même qui touchent à son origine, pour que nous nous soyons senti le courage de les supprimer.

C'est donc la biographie d'Alexander Selcraig, ou Selkirk, aussi entière que possible, que nous entreprenons ici. Tout homme, quel que soit le cercle obscur dans lequel il a vécu, quel que soit le peu d'importance du rôle qu'il a joué dans le monde , lorsque la lumière vient faire ressortir les détails intimes de sa vie, apporte toujours avec lui un enseignement.

i6 SEUL!

Ce premier chapitre , dont nous avons trouvé la matière toute triturée dans le volumineux recueil manuscrit de John Ready, nous le jetons ici en guise de préface ou d'introduction. Après aVoir rapidement posé pour le lecteur le lieu de la scène et l'époque historique, il aidera à faire comprendre à quelle série d'événements accomplis notre Alexander dut de ressentir avec tant de force ces susceptibilités maladives, ces aversions déraisonnables, qui furent la source de ses malheurs.

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