‹ Seul!Chapitre 35 sur 51 · SEUE · texte numérisé non relu

SEUE

rimoada? Mairiim)itéa<, à Fintelligence' de laquelle i! ne sait pbis ftxer de bornes ?

Rêves^ rèves^ peut-être? Mais sans les rêves, sans les doux Êmtôaies qu'il se crée et dont il s^entoure, qui soutiendrait h ceuvage du solitaire ?

Aussitôt que; Seikirk se croit à peu près habile cbasseur au laço,, il s-enfoiatce dans les hautes montagnes situées vers la partie eentrale de son île.. Plur sieurs jours se passeol au milieu de teniaë^es infructueuses», et, lorsque le feuillagei finesaent découpé des miiaosas kii annonce, en se repliant, que la miit est proche , il regagne sa cabaae, som-* bre, soucieux et désespérant de Favenir.

Pas ses déceptions mêmes cependant Texpérience lui est venue. Un soir,, il rentre au logis ramenant avec lui deux jeunes cabris aux cornes à> peine accusées> au poil fauve, marqueté d/e larges plaques brunes. Marimonda fait bon accueil à ses nouveaux hôte&» et ce soir4âi tout respire la joie à rhabitation.

La semaine n'est pas écoulée que déjà pour Sel-* klrk le nombre de ses chevreaux dépasse ceM de ses chatei; et il prend plaisir à les voir jouer et car hrioler ensemble dfctns Tenclos; son esprit s^est ras'*^ séréné tout à; fait.

Le phis beau, la plus alerte, de ses jeiLues matous, il Fa nommé Ptbss^. en mémoire du chat de Wittington qui, dit.la efar(Hé(pe anglaise,, fit là fortunes

de soû maître^ ea délivrant le roi nègre de Barbarie de tous les rats qui avaieBt envahi son royaume ei le rongeaient.

« Ah! pensait-il avec un sentiraient d'orgueil!, Straédling, sans doule, d'après ses calculs haineu?^, avait fixé le terme de ma vie à la dernière charge que contiendrait mon fusil ; cette dernière charge, elle y est encore! A quoi me servira- t-elle? Qu'en ai-je besoin? Mes ressources pour vivre ne sontelles pas aujourd'hui plus sûres et plus nombreuses qu'auparavant? Que memanque-t-il donc? la société de messieurs du Cinqm^Ports? Dieu m'en garde ! Ce qu'il y avait de meilleur sur le navire en est sorti ea même temps que moi, Marimonda. Qu'ai-je à re* gretter ? je suis bien ici ; Dieu m'y maintienne en repos et en santé ! »

Un jour (c'était le 1*' janvier 1706), il y avaii; graïade fête sur la plage. Selkirk y célébrait le renouvellement de l'année solaire, du moins d'après= les indications de son calendrier.

Par exception, cejour-làilpritsowirepasnondans sa cabane, mais au milieu de l'enclos* entiouré de tous les siens. Les fruits et la bonne chère étaient plus abondants que de coutume ; Marimonda^ Goaame c'était son droit, dina avec lui, les chats quelque peu aussi ; les chevreaux, devenus chèvres, r6daieia:(£ autour de la tabk^ s& redressant pour lorgne? cfe

leur doux œil bleu les corbeilles de fruits ; retombant ensuite pour brouter Therbe sous les pieds des convives. Ceux-ci, de temps en temps, interrompaient leur repas pour distribuer une large poignée de grains aux perdrix et aux ramiers ; de petits porcs pécaris faisaient entendre leurs grognements joyeux en se vautrant sur les bords d'une mare empruntée au ruisseau la Fauvette, et dans laquelle barbotaient des courlis, des sarcelles, desjacanas et des canards aux couleurs splendides. Les portes des clapiers avaient été ouvertes en l'honneur de la fêle, et les tatous, les agoutis, les lapins acaules, assis en cercle non loin de la table des maîtres, grignotaient des tiges et des tubercules de topinambours ou les rameaux légèrement acides du lyconia.

Après le repas, les restes des plats et des corbeilles furent jetés aux plus adroits ou aux plus gloutons.

Parmi ces derniers, tous n'étaient pas des commensaux ordinaires du logis.

C'est une des lois de la Providence, partout où l'homme s'établit, non en ennemi, non en destructeur t mais simplement en prenant possession de la terre pour en accroître les produits, une foule d'animaux vient se former en colonie autour de lui. Dès qu'il a fouillé le sol, depuis les hauts échassiers, les cigognes, les hérons, jusqu'aux humbles passereaux, tous les oiseaux friands de vers et d'in-

sectes l'accompagnent dans ses travaux , l'aident à nettoyer son terrain et peu à peu s'habituent à sa présence ; les bouvreuils, les mésanges, les hirondelles se plaisent à giter sous son toit ; les merles, les roitelets et les rossignols aiment à chanter près de lui, comme si ces virtuoses des bois avaient besoin d'un auditoire capable d'apprécier la valeur de leurs douces chansons. D'autres se réfugient sous les abris qu'il a élevés ou viennent se disputer les miettes de sa table, quelque modeste qu'elle puisse être. A peine Selkirk a-t-il cessé de se montrer dans son lie sous une apparence de Jupiter Tonnant, à peine s'est-il occupé de son établissement agricole (il nous le dit lui-même dans son journal), les animaux ont repris avec lui leur première familiarité. {The beasts see my form with indifférence,) De tous côtés, des hôtes lui sont venus qu'il n'attendait pas ; sa mare, son enclos, ses clapiers, se sont presque peuplés d'eux-mêmes. Après avoir confectionné ses ruches, il méditait sur le moyen de s'emparer d'un essaim d'abeilles ; un matin il les trouva occupées par ces inoffensives melipoms^ à qui la nature a refusé un aiguillon, comme si dans cette île bienheureuse l'homme seul devait apparaître armé. Couché dans son hamac, où il fumait de son meilleur tabac dans la meilleure de ses pipes, Selkirk jouissait du spectacle qu'il s'était créé ; il promenait

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avec satisfaction son regard de Fenclos au verger, où mûrissaient la sapotille, la banane, le corossol, la poire 4'agaacate, le clmn-palroisle ; puis il le ramenait complaisamment vers ses jeunes chèvres , souriant à leurs combats fraternels, à leurs luttes ou plutôt à leurs jeux ; il s*égayait aux bonds capricieux de PusSy et de ses autres chats, à la face ' mutine, aux poses si gracieuses.

Pour donner plus de relief à la fête, Marimonda développait toutes les ressources de son audacieuse souplesse. Parvenue à la cime d'un aiixre, elle sifx fiait pour attirer à elle l'attention du maître ; puis, ses deux mains de devant dans ses deux mains de derrière, ramassée en cercle, elle se laissait choir comme un bloc ; le feuillage bruissart, crépitait sous sa chute, et, sans que ses membres se fussent écartés de leur position première, elle s'arrêtait tout à coup dans sa descente rapide au moyen de sa queue pre^ nanie^ de cette cinquième main si puissante dont la nature a doué les singes d'Amérique. Alors, suspendue par cet organe seulement, elle aecélérait avec une incroyable rapidité son mouvement de va-etvient, dénouait vivement sa queue du rameau auquel elle était retenue, et, d'un élan , traversant les airs comme au vol, elle allait, à cinquante pas de là, retombei' sur une liane, qui lui servait aussitôt de balançoire.

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