‹ Sévices envers les Enfants: Prophylaxie et ExpertiseChapitre 10 sur 26 · BTE · texte numérisé non relu

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comporté en prophylaxie. Mais il n’est pas rare de voir des sévices dans des milieux relativement aisés et dans ces cas, il est très utile d’en connaître l’auteur au point de vue pSvchique.

La victime nous a été tn par Tardieu sous le tableau classique d’un « enfant pâle d’ une maigreur Extreme, parfois squelettique, timide et craintif, souvent hébété et l'œil éteint, plus souvent au contraire d’une intelligence hâtive qui ne s'exprime que par le feu sombre du regard ». Pouvonsnous le concevoir autrement, connaissant les innombrables pertubations que la peine et la douleur peuvent amener dans un cœur et un corps d’enfant ? Ajoutons qu'il est très sou-

* vent laid, salé et mal tenu. On a dit qu’il avait l’aspect d’un chien battu, on pourrait ajouter, parfois aussi d’un chien malade.

La cause des sévices est souvent l’illégitimité de la naïissance. Le bâtard que la mère aime souvent, beaucoup, malgré qu’il soit sa honte, n’a pas bonne presse dans la société et parmi les autres membres de la famille. Les injustices, les méchancetés lui sont réservées. ,

Mais on arrive plus facilement à palier les erreurs et les préjugés de la société, qu’on ne peut éviter les injustices de la nature, celles qui suscitent le plus, notre pitié; parce qu'’elles marquent notre faiblesse et notre fragilité. Un pauvre idiot, un débile ou hs simple imbécile, Survenant dans une famille est non seulement une honte, mais aussi une charge

pour ses parents. Avant qu’on ait renoncé à l’éduquer, on a la plupart du temps, tenté les méthodes les pius brutales qui n’ont fait qu’aggraver son éiat.

Quand il s'agit de pervers congénitaux ou post-ancéphalitiques, que tous les châtiments trop mérités, ne modifient pas, il reste bien difficile de prendre parti; mais ils n’en sont pas moins victimes de sévices. Actuellement, une prophylaxie s’ébauche en leur faveur. D’autres jeunes malades | comptent encore des. sévices terribles en plus de leur infirmité. Le malheureux épileptique pris pour un mauvais élève à cause de ses troubles de ia mémoire sera accablé de punitions par son maître, et les parents approuveront les réprimandes. Une incontinence d'urine, une fistule anale constituent des tares physiques, répugnantes et affligsantes, qu’au lieu de prendre en pitié on accable de rzproches, comme si la pauvre victime pouvait quelque chose contre son mal. On a vu un enfant, la verge solidement attachée avec une ficelle pour l'empêcher d’uriner dans le lit. Un autre trop rspoussant à cause du pus incessant qui salissait tout son linge fut relégué dans une niche de chien.

La mère qui met au monde un enfant mal formé est souvent animée d’une secrète intention de le laisser mourir, Sa négligenc:, son désintéressement, amènent une fin précoce de ceux qu’on jetait jadis à Sparte dans l’Eurotas... Le bec de lièvre est une grave infirmité où, dans certains cas l’inter-

vention chirurgicale peut donner de très beaux résultats. Là,

le médecin accomplirait œuvre utile en conseillant à la mère de faire traiter son enfant, même précocement si elle veut le sauver de la mort. À

C’est surtout chez ces malades, qu’on peut beaucoup par des sages conseils d'hygiène, d’eugénie et de puériculture. Il reste cependant vrai que trop souvent les efforts seront vains ei que certaines infirmités offrent ce dilemne angoissant, à savoir si l’on fait bien de laisser vivre, ou si l’on ne fait pas mal en secourant. Mais nous n'avons pas à être juge. Notre devoir, tant qu'il y a vie, est de songer à secourir le malade et conjurer la maladie autant que nous le pourrons.

Pourtant le plus souvent des enfants parfaitement sains endurent d’horribles sévices. On peut les diviser en trois catégories : les faits d'action, les faits d’omission et les faits d’ignorance, accident ou imprudence ; ces derniers ressortissant plus de la prophylaxie que de la pratique médicolégale.

Les faits d'action comportent des lésions très variées, dont nous indiquerons les caractères essentiels, nous discuterons les diagnostics différentiels à propos de l'expertise.

Parmi les blessures, on trouve toutes les variétés de contusions, ecchymoses, bosses et poches sanguines, des plaies par instruments tranchants, piquants, qu'on pourra souvent identifier de même que les coups d’ongles et les morsures. Mais ces lésions ont des caractères géné-

taux qu'il faut bien préciser. Elles ont, en vérité, un

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Siège de prédilection : les parties découvertes et avant tout, la tête; c'est le point d’attraction, elle est à la portée de la main qui frappe, elle contient le caractère, Ja physionomie contre laquelle la colère va s’assouvir. On trouve alors sur l2 visage des érosions, des ulcérations qui ne guérissent jamais, que des traumatismes répétés entretiennent avec le concours des infections surajoutées. Elles siègent sur le cuir chevelu, le front, l'orbite et les pommittes. La préhension est un mode de châtiment facile, les cheveux et les oreilles s’y prêtent. On tire sur les ch:veux, on les arrache, on décolle je cuir chevelu. Voici une observation où ce mode d’ac-

tion se retrouve.

OBSERVATION IV (due à Monsieur PIÉDELIÈVRE). — L'enfant M... était gardé par une tierce personne dans une boutique, quand sans raison apparente, la femme S... se jeta sur lui et lui arracha une poignée de cheveux. L'enfant cria, mais il n’y eut pas d’arrachement du cuir chevelu ni c’hémorragie. Il manquait des cheveux sur une vaste surface (presqu’une paume de main). Le cuir chevelu était rouge et irrité. A l'examen, on constate dans la région pariétale gauche, la présence d’une zone épilée assez vaste (petite paume de main) assez irrégulière. Plus d'’irritation ; de petits cheveux clairsemés semblent repousser. Vraisemblablement, il y a eu arrachement de cheveux assez important, çar l’aspect actuel ne ressemble pas, par exemple à une affection du cuir chevelu avec dépilation (pelade, teigne, etc..….). I] ne’restera plus de trace ultérieure de la blessure quand les cheveux auront repoussé, ce qui demandera plusieurs mois.

En conclusion, le petit M... présente une zone d'épilation assez vaste

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dans la région pariétale gauche, paraissant correspondre à un arrache-. ment de cheveux. Il existe déjà une repousse de petits cheveux. Aucune

autre lésion n’est constatable sur le cuir chevelu. Pas de cicatrice.

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Au niveau de l'oreille, on peut avoir un arrachement du

pavillon, par traction violente ou une perforation du tympan due à la compression de l’air par la main qui frappe à plat. Du fait que la plupart des gens sont droitiers, on rencontrera ces lésions, surtout du côté gauche, souvent accompagnées d’un hématome du pavillon ou même certaines déformations qui marquent des sévices habituels.

Pour se protéger, l’enfant s’accroupit, se ramasse, se recouvre de ses bras, qui alors, reçoivent les coups et il en résulte des contusions ou même des fractures, soit complètes, soit en bois vert, portant sur la diaphyse cubitale aux deux tiers inférieurs ou sur l’humérus. Pour redégager la tête et en tirant violemment sur le bras, on arrive à lui bri-

ser le poignet.

OBSERVATION V (due à Monsieur PIÉDELIÈVRE). — Le petit L... aurait subi des violences. Il a eu le bras cassé. Il a été soigné aux Enfants Assistés. Il vient d’avoir la rougeole.

Agé de quatre ans, pèse 13 kil. 500. Paraît de développement inférieur à la normale; mais il vient d’avoir la rougeole, ce qui peut expliquer son aspect chétif.

Petite hernie ombilicale. Légère suppuration au creux inguinal gauche (furoncle...). Certain degré d'infection du cuir chevelu, ceci paraît

être la conséquence de la rougeole. À été soigné pour une fracture du

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