‹ Sévices envers les Enfants: Prophylaxie et ExpertiseChapitre 22 sur 26 · B) EXAMEN · texte numérisé non relu

B) EXAMEN

Tous renseignements recueillis, on procède à l'examen médico-légal proprement dit. Celui-là devra porter sur la tenue de l’enfant, son état général et sur la recherche et l’analyse des lésions qu’il présente.

Nous avons déjà décrit l’aspèct de ces enfants, victimes de sévices. Ils sont généralement mal tenus, leurs vêtements sont sales et en haillons; ils sont mal lavés, mal peignés. Souvent ou leur a coupé les cheveux ras pour les débarrasser des parasites qui les rongent (moyen systématique qui simplifie tous les soins). |

C'est leur maigreur et leur aspect chétif qui attirent l’attention; parfois d’une pâleur extrême avec arrêt de la crois-

sance. On en vérifiera le degré par la toise et la balance.

On s’attachera surtout à l’analyse des lésions, car il s’agit

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de prouver leur nature traumatique et leur caractère accidentel ou volontaire. Nous avons déjà parlé de ces lésions, nous. voulons maintenant rappeler les diagnostics différentiels d'avec les infections cutanées simulant des lésions traumatiques. Ii ne faudra pas confondre avec des contusions l’érythème polymorphe contusiforme, les pétéchies du purpura, les ecchymoses de la maladi: de Werlof, de l’hémophilie, du scorbut infantile, des taches bleues mongoliques. Il faudra distinguer les blessures infectées et les brûlures. de l’impédigo bulleux et térébrant, de l’impétigo rétro-auriculaire, des dermatoses bulleuses (pemphigus, érythème polymorphe bulleux) et de divers eczémas, d:rmatoses suintantes, exfoliantes, croûteuses, des engelures, des tuberculides, etc.

I] ne faudrait pas non plus prendre la pelade pour un arrachement de cheveux. | NS

Parfois, les lésions sont maquillées (Parisot). La mise en observation éclairzra sur la nature des lésions. Il convient ensuite de faire la preuve que les lésions sont bien consécutives à des voies de faits et non produites accidentellement par les chutes de l'enfant pendant ses jeux. Dans ce cas, les blessures sont moins nombreuses, n’ont pas de formes caractéristiques, se cantonnent de préférence sur le plan antérieur du corps et siègent sur les parties les plus saillantes, découvertss ou non (nez, menton, épaules, coudes, mains, genoux).

Quand il'y a fracture osseuse, il faut songer à la possibilité

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d’une fracture spontanée qu’on peut rencontrer dans la syphilis héréditaire des os, le rachitisme, la fragilité osseuse congénitale, ou la maladie des fractures spontanées. Il faut aussi faire la part du traumatisme possible, malgré ces prédispositions.

Devant un très mauvais état général, on pense à une privation de nourriture ou de soins. L’expertise présente alors de très sérieuses difficultés, pas trop cependant quand on a en même temps des traczs évidentes de violences. Mais quand l’état de maigreur est le seul trouble constaté, ce n’est qu'après avoir nettement éliminé toutes les maladies susceptibles de donner de l’amaigrissement que nous pourrons conclure pour des sévices. Il faudra donc, aidé par le laboratoire et la radio, vérifier une. affection déterminée. Encore là, faudra° t-il tenir compte des conditions prédisposantes et aggravantes dûes au manque de soins. L2s principales causes de dénutrition auxquelles il faudra penser sont : les vomissements, la gasiro-entérite, l’appendicite chronique, les pneumopathies chroniques, notamment la tuberculose ganglio-pulmonair?, l’anorexie mentale. De même que précédemment, la mise en observation permettra de contrôler s’il y a privation de soins. Mais les nourrissons pzuvent maigrir pour une multitude de raisons qui nous échappent et l’on reste dans le doute pour

ce qui est du diagnostic certain.

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