‹ SévilleChapitre 11 sur 18 · V.t le gusano court sur ses habits de moire · texte numérisé non relu

V.t le gusano court sur ses habits de moire

Plus loin c'est un bravache à la moustache épaisse,

Armé de pied en cap en son étroite caisse.

T,a putréfaction qui lui gonlle Ici chairs

Au bistre de son teint a mêlé des tons verts :

Sa tête va rouler comme une orange mûre,

Car le ver a trouvé le joint de isiiti armure. . .

.\u dernier plan, couverts de linceuh en lamlirnui

Des morts de tout état, jadii jeunei et be;iu\.

Elégants cavaliers, superb^-s cmirti-iane-

Dont un jaune ravon fait reluire 1ns L-iàucs.

Cauchemars grima ira lits, monstrueuses laideurs.

Du -■.iniâtre civeau peuplent les profondeurs. ..

Pour que l'allégorie aux yeu.\ n'offre aucun doulis

Perçant dans La main de l'

un éclair les ombres de la voù nconnii, la main que Balthazn

Vit écrire ;i son mur des mot Apparaît soutenant ihrs (>aln Un des plateaux, chuiL;'' .1 ■ De couronnes de roi-, ,i.

L'autre de vils rebuts, i i

■s compris trop

l.iiK.. ■ -i;pi-:m

Voilii donc v

tre sens, mvsl

rieux emblémr

Kt vous nous La triste éga

promettez pour té de la corrup

consolation tion !

Ces toiles de Valdés Leal répondent bien à l'iutenUon de celui qui les lui avait commandées car « le bravache à la moustache épaisse •< n'est autre que Don .Miguel de Maùara lui-même. On peut s'en convaincre aisément en comparant le personnage allégorique au portrait du célèbre pénitent par le même VaUlès, qui se trouve dans la salle du Conseil de la confrérie. Ces deux tableaux avec leur cadre furent payés 5740 réaux h leur auteur.

Murillo était, comme l'auteur de lus Dos Cddavercs, membre de cette pieuse communauté et peignit pour sjn église huit grands et cinq petits tableaux dont la moitié furent enlevés par les Français au xix' siècle et

se trouvent actuellement dispersés dans les musées et les galeries privées d*Angleterre et de Russie. Au nombre de ceux qui sont restés à la Caridad se trouve Moïse frappant le rocher, la toile la plus connue, parce que dès le commencement du xix" siècle on en avait tiré une gravure à un grand nombre d'exemplaires. La célébrité et aussi peut-être la dimension de cette œuvre sont cause qu'on a un peu surfait sa valeur. Vis-à-vis d'elle est pendue la Multiplication des pains : Jésus y est assis au milieu de ses disciples ; il a les cinq pains sur les genoux et bénit les poissons que lui tend un enfant ; à droite un groupe de femmes regardent attentivement le Sauveur ; jusqu'au loin s'étend un pa3'sage qu'anime une foule innombrable. Mais le meilleur et le plus caractéristique Murillo que Ton rencontre ici est le San Juan de Dios qui porte un pauvre avec Taide d'un ange. On voit encore ici du même maître une Annonciation, un Enfant Jésus et un saint Jean-Baptiste. Les tableaux emportés par le maréchal Soult représentaient : Abraham recevant les trois jeunes gens ; Jésus guérissant un paralyti([ue ; un ange délivrant saint Pierre; l'Enfant Prodigue embrassé par son père ; sainte Elisabeth guérissant un lépreux. On conserve dans les arcliives de la confrérie de curieux documents relatifs aux sommes payées à l'auteur de ces peintures. Pour le saint Jean de Dieu et la sainte l^lisabeth, Murillo reçut 18840 réaux ; pour le Moïse 13 300 réaux et ])0ur la Multii)lication des pains 10975 réaux. Il faut en outre signaler ici : une petite statuette de la Vierge du Rosaire par le sculpteur Ramos, un Santo Cristo de la Caridad à genoux par le statuaire Pedro Roklan. un l^cce Jlomo en haut-relief qu'on attribue peut-être avec raison à Alonso Cano. La Sala de Juntas (du Conseil) de la confrérie renferme, outre l'excellent portrait de Don Miguel de Mafiara par Valdès Leal que nous avons mentionné plus haut, plusieurs reliques du fondateur : son épée, son masque mortuaire, des manuscrits de sa main et de celle de JMurillo qui sollicite son admission dans la société, etc.

Les autres édifices religieux du xvii" siècle méritent moins de détails. L'église du couvent de femmes de San José del Carmen fondé par sainte Thérèse et qu'on appelle ordinairement las Teresas, contient un maître-autel orné peut-être des meilleures sculptures de Montaôez : saint Joseph et l'Enfant Jésus, et sainte Thérèse ; et un autel latéral avec un San Juan de la Cruz, œuvre également excellente qu'on peut attribuer au même auteur. Dans la petite chapelle du Relicario on montre un autel décoré de trois belles peintures par Morales : une Pieta au centre, un saint Jean et une Vierge des deux côtés. La première toile est

SK VILLE exquise pour la couleur, le dessin et le sentiment relijjieux qui litii

les deux autres sont presque aussi belles et aussi prof(»ndrment senties;

toutes trois d'ailleurs ont le rare mérite d'avoir intégralement conservé leur forme primitive et de n'avoir jamais été restaurées ou du moins maltraitées. L'église de Saint- Léandre renferme aussi de bonnes sculptures de Montanez situées sur l'autel consacré à saint Jean-Baptiste. Sur le portail de l'église du Sacré-Cœur on remarque des figures de saints semblables aux céramiques de la Caridad, dont on attribue les croquis à Herrera le Vieux. On voit à l'intérieur un curieux plafond de bois sculpté et incrusté dans la manière arabe. Cet édifice fut en 1868 vendu à la Société des Bibles de Londres et disposé pour le culte protestant, mais, en 1887, une pieuse espagnole acquit le monument et en fit don aux Jésuites qui le parèuent de sculptures et de peintures modernes très mauvaises pour la plupart. A Saint-Isidore on voit sur le maître-autel la mort du saint patron de cette église ; cette œuvre, la meilleure de Rœlas, aussi remarquable pour la composition et le dessin que pour la couleur et le fini de la facture, est malheureusement cachée derrière un tabernacle moderne en gypse ([ui, sans parler de r()])scurité générale, empêche d'en jouir complètement. Signalons encore dans la petite chapelle de los Maestres une figure miraculeuse du Christ en croix, intéressante sculpture du xr siècle et une des plus anciennes qui soient à Séville ; et dans la chapelle Santisimo Sacramento une précieuse toile de Murillo, Jésus et saint Jean-Baptiste enfants. D'autres statues et d'autres peintures méritent peut-être encore l'attention et l'admiration du visiteur, mais l'habitude commune à tous les l'isi^agnols de parer leurs saints avec de riches vêtements et de somptueux bijoux empêche d'apprécier la beauté primitive de ces œuvres d'art.

Santa Anna, l'église des Carmélites chaussées, vaut d'être mentionnée pour un autel que 3lontanez a décoré d'une remarquable statue de saint Jean-Baptiste. Dans l'église du roi martyr San llermenegildo, près de la porte de Cordoue, on visite une petite chapelle qui porte le nom de Prison de Saint-llermenegild ; le trou pratiqué sous l'autel où, d'après la tradition, ce saint aurait été enfermé, est si étroit qu'un homme y trouverait difficilement place. Le maître-autel porte une statue du même personnage par Montanez. Dans la jolie église de la Trinité, qui appartenait autrefois à un monastère et qui dépend aujourd'hui d'un hospice d'orphelins, on montre la prison des deux martyres sévillanes, Justa et Rufina, mais il s'agit ici, encore plus qu'à San Hermenegildo, d'une fable qui n'est fondée sur aucune preuve. Lamême légende raconte encore que le saint en question serait allé réconforter les deux jeunes femmes en passant par un couloir souterrain qui reliait sa prison, voisine de la porte de Cordoue, a celle

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