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rafraîchissants. Peut-èlrc i^ncores"amusait-il à inonder le-; courtisans noviri-i et endimanchés en faisant jouer le mécanisme à l'improviste. Les murs <ie- jardins étaient sans doute accompagnés autrefois de colonnades mDures; elles ont aujourd'hui un aspect baroque, pesant et peu agréable qui sacc'irde m;i] avec les palmiers ei les orangers et avec le caractère
oriental <-i mi'-ridional de It-n-ftiilil.- ' )n inmvi' liîeii sur li-s colcinnes de la I lalrria île Cirlo-, \' iiomlin- ilecli.ipiiraux tri'-. inl-Tc-sant- de l'époque du Califat mai- on y cxi-i-iua d<'s n-i-utistruclinii-. el dt-^ restaurations àce I)oint inintfllijfeiiti'Si|u'on y n-ni'>nln' d<-- cliapilcaux -crvaiit île st»les à di-s c-ilonnes. I)an>-!.- /.ir,{iii d.l l:st.iiii/nr la fontaine ihi bassin est affrémcnlt'i- ih- K'-nie>, de inas.ju.- t-l dune élé^'ani.' •.laliieUr de Mercure en bn.n/e. < el ouvr.i(i<- fort i^raiienx est dû à I ''n'-^<i resijuera. que nous retrouv-m- -ouvent à la eathédrale .a à llanoLmié Mnrel l'auteur de la statue de ta I .iralda. Le l'avilton de t hartes-Quinl i--t décoré de très jolis a^iilejo- et d'une iVi-- dans 1- -ly],- mudejar. e'est-;i.dire chrisliano-
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mauresque, et présente intérieurement un très beau plafond à soffites. Avant (le passer aux créations de l'art chrétien lui-même il nous faut mentionner desédifices privés plus nu moins ouverts aux visiteurs et où l'art arabe, marié surtout aux différentes formes chrétiennes ou gothiques ou renai-^sance, a fait pousser sa dernière tlnraison sur le sol d'KspaKne.
Dans laCallet..u/.man el Biieno s élève la C,rs,i </,- OU;i qui appartint autrefois à la famille Ponce de Léon et plus tard à la famille non moins considérable des .Marmotejo. Mlle contient une salle splendide dont la décoration est hors lij^ne. .Mais son extérieur el même son intérieur fut si souvent reconstruit et réparé que l'aspeci de ses murs ne nous laisse rien deviner des trésors artistiques (}ui y furent entassés pendant des siècles. La pièce en question est carrée et mesure « ", 40 de côté. Hlle conserva jusqu'au commencement du Xl.V siècle son plafond primitif qui était
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revêtu de lambris incrustés, peints el dorés. Sur les quatre faces, trois sont percées de jolis arcs un peu surélevés et parés d'un riche brocart de gypse. F.n haut, court une large frise interrompue par des fenêtres que ferme un très élégant grillage Parmi la multitude des légendes arabes les une'* rélêhrent la gloire delà maison, les autres appellent la protection
du Trt->.-lI;iui sur ses liabiUint-. Du carrelage bigarré qui couvrait autrefois l'entrée au bas des murs, il ne reste que de rares vestiges. Le style de cette salle faitexactement pendant â relui de l'aile del'Alcazar élevée sous Pierre le Cruel, et il est évident que cette construction date de la même époque.
Les autres habitations privées de Séville auxquelles l'art ornemental arabe imprime un cachet distinriif appartiennent à une période i>osté-
SEVII.T.E
Heure à celle OÙ la Renaissance venue d'Italie avait déjà victorieusement pénétré en Espagne et s'y était partout développée à la suite de Tempereur Charles-Quint. Alors disparurent peu à peu les inscriptions arabes qui occupaient une place si importante dans la parun' des édifices maho-
métans et même chrétiens pendant les premiers siècles qui suivirent la conquête de Séville. De même l'usage des deux autres éléments fondamentaux de l'art arabe, les plantes stylisées et les figures géométriques, passèrent peu à peu au second plan. Au lieu de revêtir toutes les surfaces murales avec la riche tapisserie des stucs et des faïences on en
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%'ini )jeu il peu à ne plus demander à l'art arabe que les accessoires qui accompagnaient vt encadraient les tableaux et les statues. Les croisées et les porte- abandonnèrent leur êléj/ance et devinrent grandes
Cour Je h CiM Jt AImJuï.
et laryes. L'effet monumental w- substitua au iharme intime ; car l'art mauresque n'a par son essence même rien tle robuste ni de pesant II est plu> lyrique qu'héroïque et il était naturel qu'il tût ri-duit à la place nic)de--le d'art déri)ratif. de-tiné à )ii>l.)rier de se- enj.ilivures a^Téables et jineUM'- le- forme- iiiipn-aiile- <li- la Keiiai— anee,
l'armi le- palais élevés dan- ce genre au X\ i' siècle, celui qu'on nomme
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la Ciisa lie Pt'latos est le plus 1»eau. Cette habitation qui appartenait à la famille Ribera dont le chef était \o duc d'.Vlcala, doit son nom aux reliques que le duc avait reçues du pape Pic VI à titre de vice-roi de
Xaples. Le plan de lédifice est entièrement niaures<iue avec une cour intérieure bordée tie deux étayes d'appartements et avec un jardin complètement clos par les communs, parle fond du palais et par de hautes murailles extérieures Le décor mural est également arabe; l'on y remarque l'intention dimiter la splendeur chère au temps de Pierre le Cruel mais on y trouve par endroits nombre de souvenirs du style Renaissance
que les Espagnols appellent plateresque (de platero = orfèvre) etde réminiscences du gothique flamboyant. Les statues et les bustes originaires pour la plupart des ruines romaines d'Italica et érigés dans cette cour ainsi que dans ces salles mauresques leur donnent un caractère bizarre qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. A l'apogée de l'art andalou le duc d'Alcala qui était un ami des arts tenait en cette maison une sorte d'Académie où fréquentaient Pacheco, le beau-père de Velasquez, Cespedes, les Herreras, Gongora, Jauregui, Rioja et peut-être aussi Cervantes. Les artistes sévillans de la Renaissance, enthousiastes de l'antique comme leurs prédécesseurs et leurs contemporains italiens, y trouvaient les plus beaux modèles que l'Espagne eût gardé des temps romains. Les maîtres de céans étaient des protecteurs et des amis des arts ; pour peu qu'on eût quelque crédit dans le royaume des Muses on avait son entrée à la Casa de Pilatos. Celle-ci n'était pas d'ailleurs la seule maison de Mécènes en Espagne: partout s'étaient constitués comme en Italie des foyers d'art analogues. Les Mendoza dans leur palais deGuadalajara, les ducs d'Alba dans leurs châteaux d'Alba de Tormes et d'Abadia, Antonio Ferez à Madrid, le duc de Villahermosa à Saragosse, Don Luis de Avila à Plasencia, les Velascos à Burgos, toutes ces grandes familles et d'autres encore protégeaient les arts d'après l'exemple donné en Italie par les Médicis.
Avant de parler des richesses artistiques de l'édifice nous ne ferons qu'énumérer les reliques qui justifient, aux yeux des Espagnols, le nom delà Casa de Pilatos : le poteau contre lequel Jésus fut flagellé dans la demeure du gouverneur Pilati^ ; le balcon d'où le Christ fut montré au peuple ; la pierre sur laquelle saint Pierre était assis lorsqu'il renonça le Sauveur. La cour principale est entourée d'une colonnade d'un caractère tout arabe; les ouvriers s'en sont tenus au modèle de l'Alcazar mais tant s'en faut que leurs ouvrages soient aussi alertes, aussi gracieux et aussi originaux que ceux de leurs devanciers du palais royal sévillan. Les arcs à plein cintre de la colonnade et de la loggia qui la surmonte sont historiés de riches s tucages. Le ruban scriptural mauresque qui règne tout autour du patio a été ultérieurement mal restauré par des gens qui ignoraient il est vrai l'écriture arabe. Une fontaine avec une vasque portée par des dauphins se dresse au milieu de la cour dont les quatre angles sont marqués par quatre statues romaines, originaires des ruines voisines d'Italica, qui comptent parmi les meilleures œuvres antiques qu'on ait trouvées en Espagne. L'une représente une Cérès, une autre une Muse et les deux dernières deux Minerves dont l'une est protectrice des arts et l'autre déesse de la guerre.
SÉVIT.LR
Les parois intérieures de la colonnade sont carrelées de faïences de Triana sur lesquelles alternent les armes d'Alcala avec celles de Médinaceli. Audessus du carrelage fij^urent dans vingt-quatie niches des bustes d'empereurs et d'autres personnages anliqucsct motlernes. I.a chapelle qui borde le côté nord de la cour présente unt' décoratinn ravissante où le gothique s'amal^anii^ avec l'arabe. La galerie intérieure se fait remarquer par des azulejos aux des-in-. les plu- varii's et par d-.' su]>erlH-. >tut-Ligcs: les déli-
cieux ajimeieï ]»rimilil-, .luoique reniplaeé- niallieuri-usemenl par de ouvertures earrées. sont eiuore reconnais>iililes dans la muraille ; le plafond est entièrement Renaissance : les jietit-. arcs surmontant la vaste entrée de la chapelle sont mi-goihiques, mi-arabes I.a chapelle est couverte d'une voûte gothique mais ses murs sont totalement revêtus d'un carrelage et d'un stucage arabes qui lui donnent un aspect tout à fait mauresque. L'n plafond rappelant la -Media Xaranja ^la moitié d'orange) de la salle des Ambassadeurs à l'Alcazar domine l'escalier qui conduit à l'étage supérieur. Les surfaces murales sont du haut en bas habillées de très beaux azulejos. Arrivé au toit on jouit d'une jolie vue sur lesclochers de la ville, vrais murs à jour dans les trous desquels pendent les cloches, sur les miradores, terrasses où se tiennent les habitants, et sur
les toits de tuiles à pente raide. Une salle de l'étage supérieur est ornée de peintures à la détrempe par Pacheco, ayant pour sujet les tentatives aériennes de Dédale et d'Icare.
On nous permettra de mentionner à cette place une autre maison qui n'est pas, tant s'en faut, aussi belle et aussi bien conservée que la Casa de Pilatos, mais dont nous appréciâmes le charme pour y avoir toujours habité chaque fois (jue nous sommes venu à Séville. La (^asii de Abadcs ou iir los Pinrios, déchue de son ancienne splendeur est devenue une simple « niSii i/c liiirspcdes », un d(* ces établissements que les Espagnols préfèrent aux hôtels plus grands et plus chers. Cette transformation ne fut naturellement pas profitable à la maison qui nous occupe. Des quatre colonnades qui faisaient sa parure, le patio n'en a conservé que trois. L'hôtelier a muré rentrecolonnement de la quatrième face pour y construire d'étroites pièces. L'esprit commercial et pratique du propriétaire actuel a d'aillleurs fait disparaître une foule d'autres belles choses. La Casa de Al)ades existait probablement déjà au XIV siècle; elle est menti(^nnée authenti(iuement i)our la première fois en 1407, lorsque rinfant Don Fernando, oncle de Don Juan IL entrant à Séville après avoir pris /ahara d'assaut, descendit dans eette maison, l^lle était alors habitée par la famille génoise de los l'inelos, dont les armes, une petite pomme de pin, subsistent eneore sur la décoration du couloir et des lambris de quelques vieilles chaml)r(»s. Klle aj)partint plus tard au chapitre de la cathédrale i\u\ y logea les abbés, ce qui explic^ue le nom de la demeure et celui de la rue. Le patio (jui est à peu près le seul reste de son ancienne gloire, allie très luuireusement et trèsgracieusement à l'ornementation mauresque les formes de la Kenaissanre italienne importées pour la premièr(» fois en Lspijgn(* par Charles Ouint. Les plafonds des galeries et de la plupart des appartements sont dt» curieux sj)écimens du style de transition entre l'arabe et le renaissan( <». Un égal intérêt s'attache aux azulejos de la même époque qui carrelaient le bas des murs il y a peu d'années encore: mais le j)ropriétaire actuel (jui. soit dit en ])assant, est à la fois hôtelier et cha])elain, les a presque tous vendus aux amateurs étrangers. Cet ecclésiastique est, au demeurant, comme presque tous les Sévillans qui entrent en contact avec les voyageurs, un grand collectionneur de tableaux; aussi tousleseouloirset tous les appartements de la maison sont-ils garnis de vieilles toiles impitoyablement attribuées à Murillo. à llerrera, à \'aldes Leal. etc.. etc.
1-e palais des ducs d'Alba aj^pelé indifféremment i\isn dclos P/nn/iis ou de Itts Dui fuis est de la même époque que la Casa de Pilatos ou de
SEVILLE nte comme celles-ci un amalgai
Abades el présente comme celles-ci un amalgame du renaissance avec le mauresque. Malheureusement cet édifice où logea lord Ilolland au début du XIX' siècle esta ce point abandonné qu'il marche vers une ruine rapide et fatale. Ici encore la partie la plus curieuse de l'habitation est l'élégante cour parée de gracieuses cnlnnnndes. L'escalier aussi e-t remarquable; son plafond cal tout ;i fait
analogue à la toiture qii
re
couvre celui de l.i maisoi
Pilate. D'autre-. vi.-il!,->
meures de pairiciciis roi
la Casa de Bustns lavrr
Casa de Osufia. \r p;il,iis
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comtes de l'i-riallor, Ir 1
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Kn suivant l'an maures que jusque dan* ses dertiiiTecréations qui vont s'unir à Ci^iit j^- 1 1 e: i- 1 .i^ Ai.iJL-.
l'art de la K.-iiaiss.ni.-,.. n.ius
voici arrivé iléjà au\ temps imidctni'-, .iu\ \vi ri xvu sièi-les, à l'âge où Séville rivalisait de splendeur cl de richesse avec toutes les villes d'Kurope. Pour étudier maintenant l'art chrétien il nous va falloir reculer <le quelques siècles. Presque toutes les vieilles églises de Séville s'élèvent sur l'emplacement d'anciennes mosquées et nous avons cité plus haut les clochers qui ont plus ou moins intégralement conservé leur forme de minaret. Lors de la prise de la ville il existait quinze mosquées dont on donna onze aux Chrétiens, trois aux Juifs et dont on ne laissa qu'une aux Musulmans. On reconstruisit la plupart des temi)les arabes en style gothique mais en gardant des bâtiments pri-
mitifs tout ce dont on jiouvait tirer parti cl en incorporant même au gothique des motifs mauresques. A San Marcns, par exemple, il résulta de cet alliage des deux formes un nouveau style plein de grâce et d'harmonie. Nous serions entraîné trop loin si nous voulions décrire en détail toutes les vieilles éylises de Séville et toutes les particularités archilectoniques arabes et gothiques. Ayant déjà signalé antérieurement les anciennes mosquées qui ont conservé des restes remarqual>le.s de l'art mauresque
ncius nou> colU('IUl•rl^n^ de citer Lonimediyin.-^ d'être visités, parmi les édifices chrétiens élevés au lendemain de la conquête : Saiitn Muriiiu avec un portail gothique du Xlll' siècle et d'intéressantes figure.s en pierre ; Sun HstibtU) avec un portail analogue dont les figures, placées autrefois dans des niches, ont disparu et dont la déc()ralion témoigne de réminiscences arabes et romanes: Satil~i ('iitoliiu qui jKisséde des ;(rc> aigus gothiques et un jilafcind de bois remontant aux premiers lcm)>s de la domination chrétienne : SiUi Jitliiin dont le iiortaiict la voûte sont d<' la même époque : Siiit Viiuititi avec une favade principale de la même date : San AnJnw avec un portail gothique de la même période où l'on retrouve
des souvenirs romans. A S{jn Loren^o l'arabe se marie aussi au gothique :
on y conserve l'image miraculeuse de Xotre-DamedeRocamadour, le pèlerinage français bien connu; elle parait remonter au XEir siècle et est avec celle de Xotre-Dame de Coral à San Tldefonso le plus bel exemplaire de la
peinture espagnole dans cette période de début. San Lorenzo contient encore quelques autres œuvres d'art plus récentes : une Vierge de Pedro Villejas Marmolejo qui est enterré dans cette église ; une Assomption de Pacheco ; deux statues: le Sauveur et saint Laurent parMontafiez et plusieurs bas-reliefs du même auteur. Il y a d'autres édifices religieux contemporains de la suppression de l'Islamisme qui montrent dans certaines de leurs parties le caractère de l'architecture de ce moment : Saint-Michel, Saint-Romain et surtout Omnium Sanctorum qui offre la plus belle et la plus heureuse fusion du gothique et de l'arabe. Parmi les monuments profanes citons la Torre de Don Fadrique qui doit son nom au fils de saint Ferdinand et de Béatrix de Souabe. Cette tour rectangulaire et crénelée avec une porte romane au rez-de-chaussée, des fenêtres de même style au premier étage et dans sa partie supérieure des fenêtres mi-gothiques, mimauresques, s'élève au milieu des jardins du cloître des Clarisses auxquelles on donna le palais de Don Fadrique dès le xiii*' siècle. De ce couvent rien de remarquable ne subsiste, car on a modernisé toute la construction. Seules méritent de l'intérêt les sculptures de Montanez et d'Alonso Cano: le bas-relief du maître-autel par celui-ci et l'Immaculée Conception par celui-là, sur un autel latéréil.
l.A CATIIKORALE Après la Giralda,
La cathédrale énorme à son tour apparaît Par-dessus les maisons qui vont à sa cheville*.
C'est une des plus grandes et des plus belles églises gothiques du monde qui mérite une description détaillée, non pas seulement à titre de chef-d'œuvre architectural mais comme musée artistique. Dans les premiers temps de leur conquête, les Chrétiens se contentèrent comme à Cordoue de transformer la principale mosquée de Séville en une église chrétienne en la consacrant au culte catholique et d'édifier leurs chapelles dans les entre-colonnes, le long des murs du temple arabe. Puisque la cathédrale est demeurée scrupuleusement fidèle au plan de la mosquée, celle-ci devait être une construction gigantesque que distançait à peine sa rivale cordouane. Au reste cette hypothèse se trouve encore justifiée par la
* Th. Gauthier. Espana. Pt-rspccfive.
SfiVir.I.E ('3
Gtralda, le robuste minaret que nous avons déjà visité. Outre cette tour, la Pifcrta de} Pciulon qui conduit à la cour des Orangers avec ses élégants arcs aigus remonte à la période des Almohades. Il en est de même des murailles de la cour que parent des pilastres, des créneaux et des galeries ù présent murées dont les arcades subsistent l'ncore.
La partie du' !a catliédralc située sur le côté Kst du patio entre celui-ci cl la liiraldatire -nn nom il'uu crncrodile eiiip;iillé Am' au platbnii en compagnie d'une grande défense d'éléphant et une bride avec laquelle le Cid guidai i autrefois Habieca, son i-élc!)re clievul de bataille. Ce saurien jiend là depuis bien lies années ]>ui-itiu' c'est un présent que le suhan d'I\gyple fit au roi AI()nsii en u'u.
Outre la l'iurtii iht LuM'irlo.
celle des Orangers, qui fait |ieii dant à hi porte ar.ibe del Perdi.n.
conduit de l.i cour dans la eathrdrale. On eommenva l'édiliee chrétien en [40-. On démolit entièrement la mo-quéi' à la réserve de la cour des Orangers et lie^ degrés (jui avec leur haie de colonnes Tisolaicnt des boutiques adjacentes, I,es premiers architectes dont on ignore les noms' donnèrent à l'édifice sa direction Higutus i^n icm est-ouest et y pratiquèrent cinq
nefs sans compter celles des chapelles latérales. L'intérieur mesure 117 mètres de long sur 76 mètres de haut : la nef centrale 16 mètres de large sur 40 mètres de haut ; les nefs latérales 1 1 mètres de large sur
■ur sovilhiD cjui qualifie d'allemand lo style de l.i
ilru des Allemands. puis<iu'oii ^ait (juc leurs comde lturgr>s.
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lu cathéJraL
SÉVII.LE
26 mètres de haut. A l'extrémité est de la nef du milieu se trouve la Capilla Real qui embrasse en plus deux nefs latérales. L'enfilade du vaisseau central est alourdie, comme c'est l'usage en Espagne, par la
1 lerrc cuite Porte Jcl Rjpiis
Jcl Bjpiis
ron>>truclion intérieure du Coro ei de la Capilla .Mayor. .Mais même en négligeant ces suppléments a rclii tectonique*, l'effet d'ensemble est gâté par les échafaudages dressés pour la reconstruction delà coupole écroulée en i8S8. Les travaux de la cathédrale commencés comme nous l'avons dit en 1402 ne furent terminés qu'en 150(1 ni)n sans que la coupole déjà effondrée une première fois en 1511 ait été refaite en 1519. La Capilla
Porte dt los Palos. Caihcdrale.
66 SKVILLE
Real ne fut élevée que lorsque Charles-Quint rappela au chapitre de la cathédrale sa promesse de remplacer par une neuve la vieille chapelle royale démolie en 1432. Comme la Sacristia May or elle est en raison de répoque à laquelle elle fut construite non point gothique mais renaissance.
Avant de commencer notre promenade intérieure, restons un instant au dehors de la cathédrale. La façade principale est située h Touest : c'est la seule qui n'ait pas été masquée par des constructions n'appartenant pas au corps même de l'église. Comme le côté nord qui borde la Cour des Orangers la façade ouest resta inachevée et ne fut terminée, assez mal d'ailleurs, qu'au début du xix° siècle. Elle se compose d'un portail central surmonté d'une grande rosace sans aucun goût et flanqué de deux portes latérales. Le grand bas-relief qui domine le portail central représente l'Assomption de la Vierge et fut exécuté en 1885 par Ricardo Bellver. Cet ouvrage ainsi que les figures des Apôtres par le même font un assez médiocre effet à côté des statues en terre cuite des portails latéraux. Celles-ci, représentant des évéques et des saints comptent parmi les meilleures sculptures espagnoles du xV siècle et doivent assurer à leur auteur Pedro Millan un rang supérieur à celui qu'on lui accorde d'ordinaire. Chacun de ces personnages a en effet une individualité, une vie et un caractère propres et l'exécution du vêtement s'accorde à merveille avec l'expression du visage. Les tympans présentent des basreliefs en terre cuite également remarquables et dus au même artiste : la Naissance et le Baptême du Christ. Le côté sud de la cathédrale est occupé par les bâtiments de la confrérie du Saint-Sacrement, les sacristies et autres additions architecturales, que dominent les murailles de l'église avec leurs contreforts, leurs pignons, leurs gargouilles et leurs fenêtres, Au milieu de l'édifice s'ouvre la Puerta de San Cristobal, porte toute neuve qu'on n'entreprit qu'en 1887 et qui conduit au transept sur la croisée duquel s'élevait la coupole écroulée. La Capilla Real, chapelle demi-sphérique située à l'extrémité est du monument, est flanquée de deux portes qui font vis-à-vis à celles que décora Pedro Millan. Le tympan de la Puerta de los Palos tout proche de la Giralda contient une bonne Adoration des Mages (1520), par Miguel Florentin auquel on doit également la plupart des autres sculptures des deux portes. Ces œuvres quoique remarquables ne peuvent guère se mesurer avec celles de Millan. La face nord est bordée par la cour des Orangers sur laquelle s'ouvre la porte arabe del Perdon.
Au XVI'' siècle on orna cette porte de sculptures. Les excellentes
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figures colossales en terre cuite de saint Pierre et de saint Paul sont des leuvres du sculpteur Miguel de Florence que nous venons de citer. Le basrelief qui surmonte l'ouverture et qui représente Jésus chassant les vendeurs du temple est également de Miguel ainsi que la Vierge el l'ange (iabricl situés au-dessus des deux apôtres. I.e-- battiinls de porte sont des ouvrage-, arabrs du temps des j)remiiTs n.is clin''tiens. Les plaque-, de hmivc hexagonales qui K"- recouvrent, reçoivi-nt de-- insrriptions arabes dnni la plufréquente e>t la suivante " Allah est le maître Jl- toutechoses " Di'v.iin ri- pi.rtail se trouvait jusqu'en iS;,S im superbe loil pour l'iinibn', composé d'un assemblage dilambris et de planelies, sculpté. [H-ilIt et doré. >l;iis le .Hajordome CaTiipo- tit descendre el bri'iler < elte loituri' analogue à celle de la l'acade de l'Alca/ar. l)epui> Icrs les stucages ont tcUemeni souffert des intempéries qu'une partie de la décoration tomba il \- a quelques années (et écroulement coûta la Vie à un enfant qui faisait la sieste et incita le conseil de surveillance des édifices à ordonner Porte de San .Miguel, l'enlèvement de la plupart de
ces ornements, si bien qu'aujourd'hui, grâce à l'ignorance du Majordome de 183K, le portail est spolié de sa principale parure.
Dans la muraille contiguë à la porte est pratiqué un autel avec un Christ en croix par Luis de Vargas, mais la glace qui garandt cette
68 SEVILLK
niche ne permet pas d'examiner l'œuvre de près. Le mur de la cathédrale qui fait face à la Cour des Orangers est percé en son milieu par une porte, mais l'ouvrage a été longtemps interrompu et ne doit être terminé qu'à présent comme celui du côté opposé. On trouve à gauche, en entrant par la Puerta del Perdon, la galerie du Crocodile, la chapelle de Notre-Dame de Grenade et la Bihliotcca Coloinbina que fonda Fernando .Colon, fils de Christophe et qui contient aussi la bibliothèque du chapitre de la cathédrale. Son fondateur visita de 1510 à 1537, l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, l'Angleterre et la France en quête de livres rares et de précieux manuscrits. Aussi est-elle une des plus riches de l'univers et possède-t-elle une foule de chartes ornées d'intéressantes miniatures. A ce sujet une anecdote caractéristique des choses d'Espagne : en 1886 d'inestimables manuscrits venant de la Bibliothèque Colombine furent vendus à Paris sans qu'on se soit donné la peine à Séville de rechercher et de punir les coupables. Les cathédrales de Grenade et de Séville ont été identiquement dépouillées de peintures qui n'ont pu être emportées qu'avec la complicité des gardiens. La bibliothèque possède un portrait à l'huile de saint P'erdinand attribué à Murillo et une collection de portraits de célèbres Sévillans.
L'intérieur de la cathédrale est simple et grandiose. vSeules les voûtes à la croisée des nefs sont parées d'un riche réseau ; encore n'y distinguet-on que les nervures principales qui partent des piliers. Mais la multitude des fenêtres avec leur somptueuse décoration et leurs splendides couleurs égalent par leur excellente exécution les meilleures œuvres de ce genre qu'on trouve en France et en Allemagne. Il en existe au total 74 ; une seule manque : celle qui fut détruite lors de l'écroulement de la coupole en 1888. Presque toutes sont dues à des artistes du Nord et remontent à la première moitié du xvT siècle. Micer Cristobal Aleman ce qui signifie « maître Christophe l'Allemand » commença la première en 1504. On cite à côté de lui un Maestre Enrique qui était également originaire d'Allemagne et avait travaillé déjà auparavant à la cathédrale de Tolède. Ensuite apparaît un Jhoanes filius Jacobi qui arrivait de Portugal. Après lui vient Bernardino de Celandia (Zéelande) qui dans un autre document est appelé Juan Bernaldino Flamenco. Depuis 1525, le (iran Maestro Arnao de Flandes et son frère Arnao de Vergara travaillèrent avec leurs fils et leurs compagnons pendant plusieurs années aux vitraux de la cathédrale. En 1559 on paie à la femme de Carlos Flamenco la somme de 49844 réaux pour 146 empans (le pcil/no représente environ 200 millimètres) de peinture sur verre. On voit par tous ces documents et tous ces
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comptes que les artistes d'alors travaillaient à la mesure et que ce mode
(le paiement qui semblerait humiliant aux verriers actuels n'empt-cha pas les maitre-i du Moyen Age de créer des œuvres éternelles. Ce Flamand du
nom de Carlos était tombé dans les griffes de l'Inquisition et c'est la raison pour laquelle on remit la somme en question à sa femme et non à lui-même. Avec Vincente Menardo de Flandre, mentionné pour la première fois en 1560, se clôt la liste des grands peintres sur verre qui aient travaillé à Séville. Presque tous les vitraux placés ultérieurement ne peuvent se mesurer pour Téclat des teintes, pour la limpidité du dessin et pour le souci artistique de Texécution avec les verrières' antérieures, puisque l'art de la verrerie commençait alors à décliner d'une façon générale dans tout le monde. On continua les travaux jusqu'en 1662 et le dernier verrier est l'Espagnol Juan Bautista de Léon.
Une description détaillée des fenêtres nous entraînerait trop loin. Remarquons seulement que .Maître Christophe d'Allemagne est l'auteur de huit croisées du chœur dont chacune contient quatre figures de l'Ancien Testament. La Mort de la Vierge et la Vierge entourée d'anges dans la chapelle principale sont, paraîtrait-il de Bernard de Zéelande. Arnold de Flandre est l'auteur des quatre Fvangélistes que l'on voit près de la chapelle de saint Pierre, de trois vitraux du chœur et de la plupart de ceux que présente la nef transversale et qui sont parmi les plus anciens de la cathédrale. Maître Charles de Bruges, celui que persécuta l'Inquisition, peignit la Résurrection du portail sud et en face la J)escente du Saint-Esprit. Mais celui de tous qui a le plus travaillé ici est, comme nous l'avons vu, Arnold de Flandre au compte duquel il faut mettre presque la moitié de toutes les verrières des nefs latérales et des chapelles.
La Capilla Mayor occupe l'espace compris entre quatre piliers de la vaste nef centrale, contre le transept. Elle est close de trois côtés par de superbes grilles en fer forgé et doré. Sur la quatrième face se dresse un magnifique retable ; les proportions gigantesques, l'exécution soignée, le décor somptueux et la variété des lignes de cette œuvre en font une des plus belles de la sculpture espagnole. Le milieu est du xv' siècle ; les extrémités sont du commencement du xvr. Aussi le travail est-il pour ainsi dire la quintessence du gothique sculptural de la dernière période. Les ornements sont si finement ciselés qu'on dirait de frêles filigranes d'argent. Cet ouvrage énorme a 18 mètres de largeur et est presque carré. Partagé en cinq rangées de cinq niches rectangulaires, que séparent des piliers gothiques agrémentés de pignons, de statuettes et de la plus riche décoration, le retable représente neuf scènes de la vie de saint Isidore, de saint Leandre, de sainte Justa, de sainte Rufina, etc., et trente-six sujets de l'Ancien et du Nouveau Testament. Dans la niche qu'occupent les archevêques sévillans, saint Isidore et saint Leandre, la
cathédrale est reproduite telle qu'elle était avant la construction Renaissance de la Chapelle Royale Dans celle de sainte Justa et de sainte
l>.ink- supi-riL-iiR du Kciibk) M.ivor C.iiliC-drjle.
Kulina se trouve la liiralda avec If couronnement maure que l'architecte Hernan Rui/ remplaça jjIus tard comme on sait. Dans la niche centrale se dresse la statue en bois de la Virgen de la Sede, sculpture du XIV* siècle habillée de lamelles d'argent. Au faîte de l'ouvrage s'ériiie
un Christ en croix appelé par les Sévillans el Senor del Millon et entouré de la Vierge et de saint Jean. Le retable n^est pas en mélèze comme le disent à tort les guides mais en châtaignier et en sapin. Aussi n'oiFre-t-il pas la résistance désirable et les poux de bois en ont complètement dévoré de grands morceaux. C'est au sculpteur flamand Dancart, qui signait (( Dancart pyeter sain », que l'on doit la conception et l'exécution de la plus ancienne partie de cette œuvre colossale commencée en 1479. Après la mort de Dancart qui advint en 1492, elle fut abandonnée pendant quelques années puis continuée et achevée en 1526 par les maîtres Marco, Jorges Fernandez et d'autres encore. Comme les autres ouvrages d'art espagnols il a eu beaucoup à souffrir de l'ignorance de ses gardiens. En 1879, les balayeurs attitrés de la cathédrale le « nettoyèrent » de telle sorte qu'un tas de fragments et de débris ornementaux jonchèrent le sol après l'opération.
Les trois grilles de cette chapelle sont de remarquables ferronneries de la Renaissance espagnole ou du style plateresque. Sur la grille ouest qui en face du retable ferme l'entrée de la chapelle, on voit parmi de superbes ornements une mise au tombeau, plusieurs prophètes et une tête de Christ rayonnante, œuvres de Sancho Munoz exécutées de 1517 à 1521. Diego de Udobro et Juan de Conillana sont les auteurs des deux grilles latérales. Les deux chaires avec chacune quatre bas-reliefs où figurent les quatre évangélistes et des scènes de la vie de l'apôtre saint Paul sont dues au Dominicain Fraile Francisco qui y travailla de 1527 à 1533. La coupole qui domine la croisée des nefs est parée de statues en terre cuite par Miguel Florentin, mais l'écroulement de 1888 a détruit celles d'entre elles qu'on avait placées sur le côté sud. Avant de franchir le transept pour aborder le chœur qui fait vis-à-vis à la Capilla Mayor, jetons un coup d'œil sur la Sacristia alta située derrière la chapelle principale. Les nombreuses figures en terre cuite qui ornent ses murs et parmi lesquelles se trouvent quelques œuvres excellentes sont dues encore à 3liguel Florentin. Il est vrai que lorsqu'il fit quelques-unes de ces statues, le maître était déjà fort âgé et que le chapitre de la cathédrale qui n'employait ce vieillard que par pitié ne le paya qu'en le faisant admettre à l'hôpital Santa Marta où il finit ses jours. Après sa mort le sculpteur Juan Marin reçut la commande des statues qui manquaient et plus tard Diego de Pesquera travailla encore à la sacristie. La plupart de ces saints, de ces rois, de ces archevêques, de ces moines, de ces femmes, etc., ont déjà le caractère Renaissance ou du moins le type de transition entre le gothique de la dernière période et le Renaissance. Parmi ces œuvres une des meilleures est la
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Sefiora del Keposo, une Vierjre fervente et candide très vénérée du peuple sêvillan. On l'a malheureusement défigurée en la plaquant d'or et en habillant l'Knfant Jésus de vêtements superbes.
Derrière le maîtrc-aulrl la muraille était en outre iléroriV jusqu'en i8SS de plusieurs pcintun's.
entre autres d'une Vierge attribuée à Pablo de Ce-pcdès : elle se trouve maintenant dans le palais archiépiscopal avee les autres tableaux qui étaient trop exposi'-s pendant la duré-- de> réparaiions de la coupole.
Le Coio se trouve en laee de la Capil!;. .Ma>or, à Inuest ,iu transept. Les m; stalles d'mi il se compose ont fort souffert en
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vaux. I-ors de l'elfomlrr surtout lors de l,i iléTUo la coupole, une f.ule .1 furent bri-és ou uuuilés ee qui reste de cette o'u\ à nous donner la me-.ure < de Daneart et du maltr Sanclie/, ■pii. il'après uni- inscri])tion <le la stalle royale, a'heva la Sin.ru> en 147S. Toute la décoration porte l'empreinte arabe, mais surtout celle des dos^iers ornés, d'après des modèles mauresques, de boiseries incrustées et bigarrées. Les piliers et les baldaquins sont au contraire, avec
leur riche parure de figures et de réseaux, complètement gothiques. Il en est de même des cinquante bas-reliefs des stalles inférieures qui représentent les scènes de l'Ancien (côté sud) et du Nouveau Testament (côté nord). Le lutrin de bois et de bronze placé au milieu du chœur est l'œuvre (1562-65) du fondeur Bartolomé Morel et des sculpteurs Juan Bautista Vasquez et Juan Marin qui ont fait, outre les sculptures sur bois, les modèles des bas-reliefs et des ornements en bronze. Quand s'efifondra la coupole, il a souffert de grands dommages comme toutes les œuvres d'art qui se trouvaient dans le chœur. Quoique le Coro soit à présent fermé depuis des années et qu'on n'y place plus les livres de chœur ornés de précieuses miniatures des XV, xvT et xvii" siècles, nous devons pourtant les mentionner à cet endroit. On se sert encore chaque jour de ces livres inestimables et le dédain et la rudesse avec laquelle les sacristains les traitent sont cause du triste état dans lequel ils se trouvent. La cathédrale possède plus de 200 volumes de cette sorte, gigantesques pour la plupart ; 106 sont illustrés de miniatures. Les plus anciens de ces ouvrages témoignent de l'influence italienne; ils font penser à Giotto et au Perugin. D'autres rappellent van Kyck et les Hollandais. Vient ensuite la transition vers la Renaissance, jusqu'à ce que celle-ci devienne définitivement maîtresse. Au XV!!"" siècle on remarque un notable recul des enluminures. Enfin une partie des livres du xviir' siècle se distinguent par le mauvais goût de leurs vignettes et de leurs initiales. A la différence des architectes, des verriers et des sculpteurs, étrangers pour un grand nombre, les miniaturistes employés par le chapitre de la cathédrale, dont on connaît les noms à partir de 1435, semblent avoir été exclusivement des Espagnols. La superbe grille qui isolait le chœur du transept fut lors de l'écroulement de la coupole à tel point ravagée qu'on ne put songer à la rétablir. Ses restes se trouvent actuellement dans la chapelle de wSan José. C'est une des plus belles ferronneries de la Renaissance, très richement ornée d'un luxuriant lacis de tiges grimpantes, d'images de saints, de prophètes et de patriarches, ainsi que d'un arbre de Jessé avec le chef de la lignée au ras du sol. L'auteur de cet ouvrage est encore le Dominicain Francisco que nous avons déjà cité à propos des chaires de la chapelle principale. Des deux orgues du chœur l'un fut réduit en miettes par la chute de la coupole, l'autre gênait les travaux de réparation et fut enlevé ; une partie devint l'orgue du Sagrario, l'autre fut transportée au palais archiépiscopal. Toutes deux étaient sans grande valeur et avaient été construites le premier en 1777 par Georg Bosch, l'autre en 1817 par Valentin Verdalonga. Il y avait autrefois ici de plus anciennes
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oi^ues dont l'un avait ét(' en 153; orné de peintures par le Flamand Kempeneer, tandis que son compatriote Juan de (ient y exécutait des sculptures. On commanda, en 15'iS. un autre ort^ue au maître flamand
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s aux luurs latéraux ilu (.huLur et tournées vers l'intérieur de ivrent quatre petites chapelles dont le style mi-gothique, miest (iiffne (latleiition. Klles sont complètement vêtues de
plaques d'all>àtrc oii des ornements gothiques et plateresques forment en se fondant un harmonieux ensemble (^e travail est de la main des deux
'irulpteur-.. Xicoliis et .M.irtin di- I.ron 1,131-1551 . l'nc des chapelles du -ud. la Capdla df la Conceptii.n conl.-nait autrefois une .les plus Iiellrs sculptures de la caliiédralo. la >iatue de la \'ierjfe par Juan .Martincz
Montafiez qui se trouve aujourd'hui dans le Sagrariu, et des scènes de la vie de saint Fabian et de saint Jean-Baptiste par le même. De jolies grilles Renaissance ornent les deux chapelles méridionales. Au nord du chœur.
la Capitla de la Virjfen do la listrella rcnfernit' un retable baroque de i'>i^5 avec une st;itue de la \'ierge du commencement du xvi' siècle qui, en liépit des dorures et des peintures exécutées en i(u)!., n'a pas perdu son ancienne valeur. Le mur du fond du chœur fut éyalement dértguré au XVir siècle par un revêtement de marbre bicarré. Ce qu'on rencontre de plus curieux ici c'est une peinture de la fin du xv siècle, la Senora
de los Remedios assise sur un siège élégant et tenant TEnfant Jésus dans ses bras devant lequel s'agenouille un prêtre, probablement le donateur. On voit plus loin un tableau de Francisco Pacheco : saint Ferdinand recevant des mains du roi maure Achataf les clefs de Séville. Les quatre bas-reliefs en marbre représentant des sujets bibliques sont originaires, dit-on, de Gènes et leur style ne dément pas cette tradition.
C'est entre le chœur et le portail central qu'on dresse pendant la semaine sainte ce qu'on appelle le Monunicnto de Samana SantUy un temple de bois gigantesque, comportant quatre étages qu'une légende attribue à Antonio Florentin, le fils de Miguel que nous avons plusieurs fois cité. Il est probable que cet artiste fut le premier auteur du « Monumento », mais l'état actuel de la construction ne doit rien aux sculpteurs de la Renaissance ; il est entièrement des xviT et XYIIT' siècles. C'est un ouvrage pesant et sans goût qui détonne fâcheusement pour l'ensemble comme pour le détail de ses figures multiples et de ses ornements surchargés. Sur l'emplacement où l'on a coutume de dresser cet édifice se trouve la pierre tombale du fils du grand navigateur qui découvrit l'Amérique, ornée d'une inscription renouvelée et changée au XVlir siècle, époque à laquelle remontent aussi les reproductions des vaisseaux de Colomb. L'ancienne épitaphe bien plus intéressante que l'actuelle était ainsi conçue :
'^ Ci'-gii le trts iittbh' si/gnciir Don Hcniti/iJo (2*)loii ijiti causai rti et usii toute sa vie et tous ses biens èi iieeroitre /e it<Hn,j/ne Jes se/enees, à rassembler tous les livres possibles sur l'ensemble Jes eonUijisSii/iees Immiiines, et â les ramasser eu quatre volumes. Il mourut en eette -eille le 12 juillet /s?./ «/ l'^^g^' *''<' cinquante ans, dix mois et vingt-sept jours. Il était fils Ju couragen.< et célèbre Don Cristobaî Colon, le premier amiral qui Jécouvrit les luiles et le Nouveau-Momie le 11 octobre 1^2. Parti du port de Palos le ? a<)ùt i.f<j2. au temps des rois catholiques Don Hernando et Doua Isabel d^illustre mémoire, il découvrit le Xouveau-Moude avec trois caravelles et quatre-vingt-dix hommes, revint victorieusement le 12 mars de Vânnèe suivante eu Castilh\ retourna alors une seconde fois au paysqu^il avait découvert pour le peupler et mourut enfin a Valladol id le 20 mai i^ti6. Prie; pour lui . ->
Sur la nouvelle pierre s'ajoutent à l'inscription précédente un peu modifiée quelques vers latins qui comme l'épitaphe première célèbrent moins le fondateur de la Biblioteca Colombina que le grand conquistador.
Passons maintenant à la Capilla Real dont le demi-cercle ferme le vaisseau à l'est, où l'on avait primitivement projeté de faire l'abside, comme le montre le plan dessiné sur le retable de la Capilla mayor. On avait déjà dans la mosquée même placé la chapelle royale à l'extrémité
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orientale de l'édifice. Quiind on commença la grande construction, le chapitre de ta cathédrale s'adressa au roi pour obtenir la permission d'abattre cette chapelle. Henri IIT la refusa en 1401 mais Jean II l'accorda en 1 43 j à condition qu'on élèverait sur son emplacfmenl, une chapelle neuve et iju'ello fût superbe. .Mais le chapitre n'exécuta cette clause que (|uain!
('harles-Quint irrité du mépris qu'on avait opposé aux ordres antérieurs adressa en i5;,4 une lettre aux chanoines dans laqu<'llr il leur enjoijfnait '■ de rominenriT immédiatement les travaux, dp .es achever le plus promptcinent
lOssible L't de faire les chose-
ussi bifn qui' l'exigeait l.i dignité des personnes royales ciiterréi-s dans la chapelle, •• I.es chanoine^cherchèrent pourtant encore à tirer la situation en loniL^ueur. 'c ne fut ([u'en 15 M qu'ils soumirent au fondé de pouM>irs di' l'emprreur un plan de l'éditirc projeté et ce ne fut que dix ans plus tard qu'ils demantièrent aux architectes Uaspar de Vega de .Madrid, icrnand Ruiz de (ordoue. l-rancisc) Kodriguez Cumplido de Cadix et Juan Sanchez, l'auteur de l'I Intel de Ville de Séville, de donner leur avis sur le projet dressé par tiainza.
Ceux-ci furent unanimes à approuver les dessins proposés et ce fut -eulement alors qu'on se mit sérieusementà l'œuvre. Vers 1566, les grands travaux étaient achevés et il ne restait plus qu'à exécuter des ouvrages accessoires. (îainza. mort en i555,fut successivement remplacé par Fernand Ruiz, Diaz de Palacios et .Maéda. Les douze statues qui ornent l'arc d'en-
El Tcncbr.irio. cliaudvlier de broriii; par Bjrtolomeo .\lotel. Ciihiidr.ile.
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tréeontété sculptées d'après les croquis de Pierre Kempeneer. Geromino Roldan i seconde moitié du xviir siècle), est l'auteur de l'épaisse grille où l'on voit saint Ferdinand recevant les clefs de Séville des mains du dernier roi maure. La haute coupole composée de soffites devenant de plus en plus petits à mesure qu'ils approchent de la clef de voûte produit avec la conque qui surmonte le presbytère, le plus heureux effet. La frise où sont représentés des enfants armés de lances et de boucliers est également très jolie. Huit robustes pilastres partagent le mur en sept éventails dont celui du milieu est occupé par l'autel de la Seiîora de los Reyes. Les tombeaux d'Alphonse le Sage et de Béatrix de Souabe, à droite et à gauche de l'entrée ne présentent aucun intérêt. Il en est de même du caveau royal où Ton conserve les restes de Pierre le Cruel et ceux d'autres princes et princesses de Séville. Par contre il faut regarder attentivement la Sefiora de los Rêves, une très curieuse statue du xiiT siècle dont saint Louis fit, paraît-il présent à saint Ferdinand, son collègue en royauté et en sainteté. Cet ouvrage à. peu près de grandeur naturelle est en bois de cèdre. Le visage est très naïvement et très gauchement sculpté et peint. L'expression en est maladroitement aimable. Les cheveux ne sont pas sculptés sur bois. Ils étaient à l'origine représentés par des fils d'or, mais le métal précieux a disparu et les fils de soie subsistent seuls fixés par de petits clous. Le corps est vêtu d'une étoffe de soie rougeàtre. La curiosité la plus grande de cette statue est un mécanisme caché à rintérieurde sa carcasse, aujourd'hui d'ailleurs tout à fait rouillé et inutilisable, qui faisait mouvoir la trte dans le sens vertical et latéral au moyen de roues dentelées et de courroies. Les mains ont des doigts longs, pointus et très écartés. L'Fnfant Jésus a subi des restaurations : sa tête a été remplacée par un ouvrage moderne. Les souliers doivent être signalés tant au point de vue de la civilisation qu'à celui de l'art. Ils sont en cuir blanc, sans doute en peau de mouton, avec des impressions ornementales : des lys, des croix, des étoiles, des colomljes, une bordure de petits arcs en fer à cheval et le mot « Amor ». Ils furent très probablement fabriqués à Séville même, au xiii" siècle. La couronne d'or qui ceignait autrefois le front de la statue et qui fut volée en 1873 était, dit-on, celle même de saint Ferdinand. Nous ne pouvons plus à présent nous en faire une idée que par des photographies et des descriptions. Au reste cet insigne royal étant du xvi* siècle, n'avait rien à voir avec ce pieux monarque. Les tombeaux des souverains étaient parés aussi de métaux rares et de pierreries qui furent également dérobés mais plus tôt encore. Le roi Pierre te Cruel estimant en effet que ces objets précieux étaient trop
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exposés dans la cathédrale à la convoitise des voleurs les mit en lieu sûr : il les fit convertir en argent qui devait pourvoir aux frais de la guerre avec r Aragon. Signalons l'inscription funéraire gravée sur le socle qui porte la châsse renfermant des reliques de saint Ferdinand. Cet ouvrage ainsi que le tissu d'or qui enveloppe la momie royale sont du xviil*^ siècle, car du linceul primitif qu'on montre dans le trésor du Palais Royal à Madrid, il ne reste qu'un morceau de toile offrant des tours dorées sur fond rouges et des lions rouge sur fond ])leu pâle. On trouve dans le caveau royal la statuette en ivoire de la Virgen de las Batallas, ainsi nommée parce que le roi la portait, dit-on, toujours â l'arçon de sa selle quand il allait en guerre ; cette image dont les mains furent ultérieurement réparées est une bonne œuvre gothitiue qui re])résente la Vierge portant rKnfant Jésus sur son genou droit. T/épée de saint l'enlinand que l'on conserve dans la Capilla Real a été tant de fois raccommodée qu'elle n'a presque rien gardé d(» sa forme ])rimitive. On y voit enfin pendus quel([ues drapeaux ([ui ont un intérêt historicjue.
A])rès la chajK^le royale vient, au sud, la (^iipilld dcl Ma fiscal, ainsi nommée â (^ause (!<? son fondat(»ur le maréchal Diego Caballero. On y voit une très ])ell(* grille en fer forgé où C.'osme de Sorriba exécuta une mise au tombeau is'>i et un notable où Pierre Kempene(*r a ])eint dix de ses meilleurs tableaux : au centn* la Purification de la X'ierge : au-dessus une Résurrection et un Crucifiement: sur hvs côtés saint Ildefonse, saint François, saint Jacques et saint I)o!nini([ue, Jésus dans le temple au milieu des scrib(*s et enfin deux portraits de donateurs. I^ toile centrale surtout, où l'on sent l'infiuence italienne, et les deux portraits sont des œuvres excellentes, peut-être les meilleures du jieintre. De cette chapelle on passe par une portt» prati(iuée dans le mur est à la (^ontaditria Mayor orwi^c d'un joli plafond à caissons octogonaux du xvr' siècle et d'un portraitde saint Ferdinand attribué peut-être avec raison â Murillo. La salle du chapitre fut commencée (»n 1531 par l'excellent architecte Diego de Riarto dans le plus beau style Renaissance et terminée d'après les dessins de Riarto pariîainza. Au-des<us du siège archiéj)isc()pal, de forme Renaissance, pratiqué au milieu de la muraille postérieure» et incrusté de figures ornementales, se trouve un portrait de saint Ferdinand peint sur cuivre par Francisco Pacheco. Un peu plus haut règne un entablement plateresque avec des écussons, des métopes et des triglyi)hes, sur lequel repose, portée par seize colonnes ionicjues, une coupole elliptique dont une» lanterne occupe le centre. Des seize compartiments ([ue les colonnes manquent sur les parois, huit scjnt ornés à leur partie inférieure de pein-
■ilvVIl.I.K . Les autres r
turcs dues à PaI>lo de Cespedès. Les autres n-çoivent des inscriptions en or expliquant les bas-reliefs supérieurs. Les panneaux de Cespedès représentent quatre vertus aUernnnL avec des putti et des sujets allégoriques.
Les seize bas-reliefs reproihiÎM'nt des scènes bibliques et sont, nimme les sculptures de l'avant-sallc. l'u'uvre des statuaires sévillans Diego de Velasco, Juan llautisia Va^quez et Alarcos de Cabrera. Au-dessus de ces bas-reliefs huit fenêtres rondes dont l'une est obturée par l'Immaculée Conception de .Murillo. alternent avec huit tableaux ovales du même
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maître. Ces toiles représentent saint Hermenegild. saint Isidore, saint Pie, sainte Justa, saint Ferdinand, saint Leandre, saint Laureanus et sainte Rufina. Huit tableaux de Cespedès occupaient auparavant les mêmes places. L'Immaculée Conception qui bouche la lucarne située en face de rentrée est une des plus belles œuvres de Murillo et peut-être la seule qui n'ait jamais eu à souffrir de réparations inintelligentes.
A la Chapelle du Maréchal touche Tavant-salle de la Sacristia Mayor, On y accède par une porte Renaissance dont le sculpteur sur bois Guillen décora en 1549 l^s panneaux de gracieux ornements et de portraits d'apôtres et de saints. Ornée de nombreuses sculptures cette sacristie Renaissance fut conçue et commencée par Riano d'après le modèle de la Salle du Chapitre et fut terminée par Gainza. Contre le mur sud se dressent trois autels dont celui du milieu est orné d'une descente de croix par Kempeneer. Dans cette peinture, le Bruxellois, dont les Espagnols ont fait Pedro de Campaiia, se montre tout à fait flamand ; la ferveur intime, la pieuse ingénuité et la douleur déchirante qui est empreinte sur le visage des saintes femmes au pied de la croix, placent cette œuvre d'un sentiment si profond et d'une émotion si vraie au-dessus de la Purification de la Salle du Maréchal qui, elle, est un peu dans le goût italien. On raconte que 3Uirillo restait souvent en extase devant cette toile exquise, et comme un jour le sacristain impatienté lui demandait : « Maître ! Qu'attendez-vous ? •» Murillo répondit : (f J'attends que le Divin Sauveur soit descendu de la croix ». Des étrangers avaient découpé cette peinture en cinq morceaux pour l'emporter plus facilement mais on a pu la recomposer assez bien plus tard. Les trois tableaux d'Alejo Fernandez qui datent du commencement du XV i"" siècle présentent aussi de l'intérêt, moins il est vrai par leur valeur intrinsèque que par la raison suivante : Fernandez fut le maître de Castillo et c'est dans son atelier qu'Alonso Cano et Murillo apprirent leur métier. Murillo a encore dans cette sacristie deux toiles : saint Leandre et saint Isidore qui ne comptent pas parmi ses meilleures.
Le trésor de la cathédrale qu'on peut visiter dans la sacristie renferme un grand nombre d'objets remarquables, entre autres un tabernacle portatif haut de plus de 3 mètres par Juan de Arfe, le plus marquant des argentiers espagnols du xvr siècle. L'auteur a expliqué lui-même dans un écrit la signification des figures et la construction de son ouvrage que Juan de Segura répara cent ans plus tard. En dépit de ces raccommodages ce temple en miniature est peut-être le plus bel exemplaire de l'orfèvrerie espagnole. Il se compose de quatre étages circulaires dont chacun repose
ur vingt-qualre rolonnettes richement décoriies. A Iciage inférieur figu-
rait autrefois une sliUuctle de la Foi assist- : elle fut remi)laci-e en idDC par Notrc-Uamo ih- la Conception iju'encadrent d'autres allégories, les
apôtres Pierre et Paul, le Saint-Esprit, etc. Tout autour d'elle se tieiiiK-iit ilans six niches les quatre docteurs de IKglise. saint Thomas et le Pape l'rbain IV dont la hauteur atteint à peu prés la moitié des coloiinettes ioniques inférieures. Trenle-six compartiments re]iroduisent autant de scènes de l'Ancien et du Xouvlmu Testament. Au-dessus des colonnettes
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se trouvent des aiij^rs cl des putti. é).ral|.nienl de [U"S. (jui préparent le jussaye au di-uxiéme étalée: celui ci qui e>l corinthien rei,-oit les quatre évani{èli-.les ave.- leur^ animaux >ynil)ii:ique>, le> douze >aint-. patrons de Sévillf et une loule <le bas relie l's allé^,'oi-iques. I.e troisième i.-VAx't.' est con>a.Té au iriiimph.- de l'l'j;lise et jiaré de suje[> apocalyptiques. Au qii.nriéine é'.aye api>ar.iis>.ent li-< fijrures de la 'Irinité. l.'enseinlile était aulri-loi> cou nui né dune croix qm- Juan lU- .Scgura rein)>la<,'a
en 1668 par une statuette de la I-'oi. — Comme œuvre éminente on trouve encore ici le Tcnihrario. un candélabre en bronze orné des statuettes du Sauveur et des douze apôtres, ouvrage de Bartolomé Morel, dont on
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se sert pendant la semaine sainte, lors du Miserere, pour une cérémonie très impressionnante. Outre cette pièce remarquable le trésor contient une foule d'objets précieux, de vases, de croix, etc., parmi lesquels il faut signaler un superbe ostensoir garni de plus de i 200 pierreries,
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un encensoir d'or, une croix gothique ouvrée par Francisco Marin (1530). une coupe en cristal de roche qui appartenait, dit-on, à saint Ferdinand, le reliquaire donné en 1274 par Alphonse le Sage et connu sous le nom de Tablas Alfonsinas et les deux clefs que les Maures et les Juifs livrèrent au roi catholique, lors de la prise de Séville : sur la clef arabe on lit : (( Puisse Allah rendre éternelle la domination de Tlslamisme en cette ville » ; sur la clef juive : « Le Roi des Rois ouvrira et le Roi de la terre entrera ». Mentionnons encore des chasubles toutes ravonnantes d'or : les plus anciennes remontent au xiv^ siècle et les plus belles furent exécutées dans la chartreuse de Casalla.
En continuant notre route le long du mur sud nous arrivons immédiatement à la chapelle de Saint-André appartenant à la famille des Guzman et où s'élèvent quatre tombeaux des plus anciens membres sévillans de cette illustre lignée, qui offrent deux chevaliers et leurs épouses dans l'attitude habituelle des gisants. Par hi chapelle contigue de Nuestra Senora de los Dolores, on atteint la Sacristia de los Calices commencée en 1530 par Diego Riano, continuée par (iainza et terminée seulement en 1861. Au-dessus de l'autel, juste en face de la porte, se trouve un crucifix de Montanez, une des œuvres les plus célèbres du grand sculpteur. On voit à gauche une bonne toile de (Toya où cet original artiste a représenté sainte Justa et sainte Rufina sous les traits de deux ravissantes Sévillanes. Signalons encore une vieille et curieuse peinture sur bois de Juan Nunez remontant à la fin du XV siècle : une Mater Dolorosa avec le Christ mort, saint Michel et saint Vincent, et les donateurs ; deux vieux tableaux allemands : la Mort de la Vierge et une Mater Dolorasa avec son Divin fils ; un tript3'que de Morales : le Sauveur au milieu, la Vierge et saint Jean de part et d'autre ; la bienheureuse Dorothée de Murillo, le portrait de Fernando de Contreras par Luis de Vargas, la mort d'un saint par Zubaran et la Sainte Trinité par Theotocopuli (el Greco).
Dans la chapelle suivante, la Capilla de la Santa Cruz est pendue une bonne Descente de croix par Pedro Fernandez de Guadelupe (1527). Vient ensuite la Puerta de la Lonja sur le mur de laquelle est peint le sujet traditionnel et obligé de toutes les cathédrales espagnoles, un énorme saint Christophe qui traversé l'eau en portant l'Fnfant Jésus dans ses bras. Cette fresque (1584} a près de 10 mètres de hauteur. Pas un Espagnol ne franchit le seuil sans lui avoir adressé un regard fervent parce que le salut à saint Christophe vous préserve de la mort violente pendant toute la journée. Vis-à-vis de ce saint géant s'ouvre la Capilla de la Gamba, ainsi nommée à cause de la Generacion, la plus célèbre pein-
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ture de Luis de Vargas, où l'on voit Adam et Eve priant la Vierge. Ce tableau et après lui la chapelle elle-même tirent leur nom de la jambe d'Adam dont le détail anatomique plut tant au peintre Perez de Alesio
qui venait do finir so» saint ChristO|ihe qu'il aurait dit à Var^iis : ^ Ta jambf ù elle seule vaut plus que tout mon saint o. Cette jolie anecdote est malheureusement inventée, car Luis de Varyas mourut dix-huit ans avant l'achèvement du colossal panneau de la porte, La Gamba, tout à fait dans le goût italien, est un des exemplaires qui marquent le mieux cette tendance de la Renaissance espagnole. La chapelle adjacente de Xuestra Seflora de la Antigua conserve une des plus anciennes peintures sur bois.
la Virgen de la Antigua ; elle remonte au xiv^ siècle et on y remarque des réminiscences byzantines. La Vierge qui est debout tient TEnfant Jésus sur le bras gauche et une rose dans la main droite. On ignore la date exacte de ce tableau qui n'arriva à sa place actuelle qu'en 1578 ;les peintures qui se trouvent dans la même chapelle représentent précisément la manière dont on Vy apporta. Le joli tombeau Renaissance (1509) de Tarchevêque Mendoza est encore dû au maître sculpteur Miguel Florentin. Les statues baroques en marbre du retable sont de Pedro Duque Cornejo. La petite sacristie de cette chapelle renferme des peintures de Zurbaran, Morales, Theotocopuli, Antolinez, etc.
Signalons dans la chapelle de saint llermenegild une bonne statue de ce saint par Montaùez et un superbe tombeau, celui du fondateur: Tarchevèque Juan de Cervantes, mort en 1453 ; l'œuvre est de Lorenzo Mercadante de Bretaiia dont Nufro Sanchez fut l'élève ; dans la chapelle contiguë, celle de saint Joseph, une Vierge de Valdes Leal, une Naissance du Christ par Francisco Antolinez mort en 1676 et un lourd retable classique où l'auteur, un Italien, a représenté le Massacre des Innocents; dans la chapelle de sainte Anne un retable gothique qui est originaire de l'ancienne cathédrale et remonte au milieu du XV'" siècle ; divisé en quatorze tableaux il nous offre sur un fond doré le couronnement de la Vierge, saint Barthélémy ainsi que différenis apôtres et pères de l'Eglise. Une inscription nous apprend que la partie inférieure de l'ouvrage, qui illustre la vie de sainte Anne, fut exécutée par Ilernandez et Barbara. Une porte conduit de là aux Archives de la cathédrale qu'on avait, lors de l'occupation française, envoyées par précaution à Cadix.
La dernière chapelle du sud est consacrée à saint Laureano qu'on a représenté comme saint Denis, le patron de Paris, portant sa tête sous son bras. Citons ensuite à l'ouest, l'autel du Nacimiento avec la Naissance du Christ et les quatre évangélistes par Luis de Vargas, une Vierge et une sainte Anne par 31orales ; la Capilla de Nuestra SeHora del Consuelo avec une Sainte Famille, l'œuvre maîtresse de Alonso Miguel de Tobar, peut-être le meilleur imitateur de Murillo ; le petit autel del Santo Angel avec une très jolie et très lumineuse peinture de Murillo représentant un ange gardien qui tient un enfant dans ses bras ; enfin l'autel de la Visitation avec un retable de Pedro Marmolejo de Villegas et une bonne statue de saint Jérôme par Geromino Hernandez.
Sur la face nord, une porte conduit immédiatement au Sagrario dont nous reparlerons plus tard. La première chapelle de ce côté se nomme Capilla del Bautisterio ou bien encore, d'après la toile de Murillo, univer-
sellement connue, Capilla de San Antonio " Le saint, en extase, est à genoux au milieu de sa cellule, dont les pauvres détails sont rendus avec
i-a,.idc uu S.igrjrio.
cette réalité vij^oureuse qui taraclêrise l'école espagnole A travers la porte entr'ouverte l'on aperçoit un de ces longs cloîtres blancs en arcade» ni favorables a la rêverie. Le haut du tableau noyé d'une lumière blonde, transparente, vaporeuse, est o.cupé par des groupes d'anges, d'une beauté vraiment idéale. Attiré par la force de la prière, l'Enfant Jésus descend
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de nuée en nuée et va se placer entre les bras du saint personnage dont la tête est baignée d'effluves rayonnantes et se renverse dans un spasme de volupté céleste ^ » C'est une des œuvres les plus belles et à bon droit les plus admirées du maître. Avec la complicité d'un employé de la cathédrale resté inconnu, le saint fut en 1874 découpé du tableau et emporté en Amérique d'où la probité d'un amateur auquel on Tavait offert pour I 200 francs le renvoya à Séville. Le restaurateur du musée de Madrid, Martinez Cabello l'a assez bien rajusté dans la toile. On distingue mal, dans Tobscuritê de cette chapelle, un plus petit tableau de Murillo pendu au-dessus de saint Antoine : le Baptême du Christ.
Qu'il nous suffise d'énumércr clans l'ordre où elles se présentent contre le mur nord: la capilla de las Kscalas avec deux toiles de Luca Giordano et le tombeau de l'évèque Baltasar del Rio du commencement du xvr siècle; la chapelle de Saint Jacques le ^lajeur avec une bonne peinture (1608) de Juan de las Roelas, représentant la victoire de Tapôtre sur les Infidèles, un saint Laurent par Valdes Leal et le tombeau de l'archevêque Gonzalo de .^\ena, mort en 1401 ; la capilla de San Francisco avec un tableau d'Ilerrera el .^lo/o : l'Assomption de saint François, peut-être la meilleure œuvre de ce peintre dont la composition et le coloris sont également remarquables ; la Puerta de los Naranjos avec les autels de Notre-Dame de Belen et de l'Assomption : Alonso Cano a décoré l'un d'une délicieuse Vierge avec un Knfant Jésus et Carlo Maratta exécuta pour l'autre une Assomption de la Vierge ; la Capilla de los Evangelistas avec un fâcheux retable 1555) du Flamand Sturm (llernando Sturmio; qui ne mérite d'attention qu'autant que la Giralda y est reproduite sans son couronnement actuel ; de l'autre côté de la Puerta del Lagarto la capilla de Nuestra Senora del Pilar avec une intéressante Vierge portant l'Enfant Jésus par Pedro Millan. Quant aux peintures de Zurbaran pour lesquelles la chapelle de San Pedro, située entre la Puerta de los Palos et la Capilla Real, mériterait une visite, l'obscurité les rend presque tout à fait invisibles.
Revenons maintenant à l'angle nord-est de l'église auquel se soude le Scigrario. Edifié de 1618 à 1662 par Miguel Zumarraga et Lorenzo Fernandez de Iglesias en style baroque, il borne la cour des Orangers à l'est. Son aspect extérieur le fait prendre pour un palais ou pour une ancienne construction profane. Le Sagrario joue le rôle d'église paroissiale et l'on s'en sert aussi pendant les travaux de la cathédrale pour les céré-
'T. Gautiirr. Vttwiac en J:spji>iii\
monies plus importantes. C"'esl une superbe é(j;Iise à une nef, avec uue voûte hardie «lont l'amplitude a souvent donné de-, craintes au sujet
de la solidité de l'édifice. Ses dimensions ne le cèdent pas à celles de bien des églises de villes plus peuplées. Il est orné d'une foule de statues
l'armiue-» par l'eiirn Ituque ("orm'-j'i el par jo-i- de Ane et d'un rftable par Pedro Koldan ei par Kivas. orné ilune remaniuable I)c«irrnte de ■T<'ix par .Moniani'/. <et nuvraite iiui vi«'nt d'un niuvi-ni de Franoisi-ains suppriint- fiil appi>rlé i^-i en iSio, Les murs de la satrisiii- sont carrelés
si:;vrLr.K
de jolis azulejos arabes et l'on a placé dans l'une des chapelles latérales une statue de la Vierge par Montartez, qui se trouvait autrefois dans la Capilla de la Concepcion chica. Pendant la semaine de Pâques, on offre ici aux fidèles un des plus curieux et des plus jolis spectacles qu'ait imaginé le clergé d'aucun pays : le Huilr Siinlo comme l'appelle le peuple, ou encore selon le terme officiel le B>ulr ii<' !i>s Sfisis (dansi' des enfants de chœur , On dresse devant le maître autel une scène surélevée sur
laquelle prennent place rarclicvèquc et les autres hauts dignitaires de l'église sévillane ; ceUe estrade forme un demi-rcn-le qui reste ouvert du côté des spectateurs et au milieu duquel on e\écutc la danse sacrée, tandis qu'un invisible .orchestre à cordes se fait entendre Une dizaine de jeunes garçons entre dix et douze ans, vêtus du ravissant costume des pages xvir siècle, y exécutent des pas gracieux et d'élégantes figures en s'accompagnant alternativement de leur voix et de leurs castagnettes. Les danseurs portent des souliers blancs avec des bouffettes rouges, des bas blancs, des culottes blanches, des casaques avec des rayures longitudinales rouges et jaunes, des écharpes de même couleur qui leur tombent des épaules et des blanches sur la poitrine, de larges cols blancs
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rabattus, des chapeaux zébrés de jaune et de rouge avec d'amples bords blancs, des rosettes rouges et des plumes blanches retombantes. Ajoutez à cela la robe rouge de Tarchevèque qui est en même temps cardinal, les robes violettes couvertes de dentelles blanches des autres princes de l'église, les lourds rideaux rouges striés d'or qui cachent les musiciens, le baldaquin rouge garni de franges d'or, sous lequel siège la pourpre cardinalice, Tépais tapis qui s'illumine en rouge, en violet et en jaune, les somptueux vêtements d'une foule de porte-flambeaux ; enfin Tautel où mille cierges rayonnent, et vous aurez un spectacle si gracieux et si coloré, qu'il vous fait oublier ce qu'il pourrait y avoir de choquant à cette danse exécutée dans le saint lieu.
vSéville est en somme la vraie cité pour voir de belles fêtes religieuses et le moment qui convient le mieux à un séjour en cette ville, c'est la semaine de Pâques, parce qu'on peut en même temps visiter en détail la Feria dont nous parlerons plus loin. De ces solennités nous ne décrirons qu'une seule : la procession de la Fête-Dieu. A cette occasion on descend tous les saints de leurs niches et on les promène en grande pompe. Aussi les œuvres d'art de toutes les églises espagnoles ont-elles plus à souffrir de la profonde vénération dont on les entoure que de l'incurie artistique. De pieuses gens habillent complètement ces images dont certaines ont une garde-robe plus fournie et plus riche que celle de bien des princesses. Lors de ces cortèges, les dames patronesses de la paroisse ou de la confrérie en question, prêtent et leurs plus beaux vêtements et même leurs bijoux qu'elles fixent aux doigts, aux cheveux, aux oreilles, aux bras des icônes, tant qu'il reste de la place. Ces parures empêchent, dans la plupart, des cas, un examen détaillé des statues. Quand, par hasard, un de ces vénérables personnages n'a pas été entièrement vêtu, le stucateur ou le doreur vient lui faire un superbe costume tout reluisant d'or et de bariolages. C'est ainsi qu'ont été défigurées les plus belles œuvres des églises espagnoles et c'est ainsi qu'on les maltraite encore aujourd'hui. Mais ces pauvres saints ont bien d'autres dangers à courir. Ils sont portés chacun sur un piédestal par le nombre d'hommes nécessaire. Pour que la vue de ces individus ne trouble pas le recueillement de la foule, on les rend invisibles en les faisant marcher sous l'édifice, des bords duquel tombent jusqu'à terre de lourds rideaux où l'on ménage quelques ouvertures facilitant la marche. Mais ce lieu clos s'échauffe naturellement très vite et les soutiens mobiles ont besoin d'étancher leur soif à mainte reprise. Ces rafraîchissements réitérés n'ont point pour effet d'assurer leur allure et les malheureuses statues vacillent souvent d'inquiétante
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manière. Leur chute complète n'arrive pas avec la même facilité mais il est pour elles un autre péril encore. Les légers tissus pailletés dont on les a enveloppées peuvent très aisément s'enflammer aux cierges qui brûlent sur cet autel portatif II y a peu d'années, une de ces figures prit feu de la sorte et peut s'en fallut qu'il n'arrivât malheur à quelques-uns de ses
porteurs. Devant l'IlôttO du Ville, vers lequel le .onviii se dirige toujours, attendent le maire, le gouverneur d<- Li province et toutes les autorités; en passant devant ces grands ]>ersonniiges chaque statue s'incline. Pour exécuter ce salut les porteurs de devant s'agenouillent et se relèvent, lin faisant une révérence semblable, une Vierpe mit le feu à ses vêtements et ses porteurs en se ruant à la hâte hors de leur cage de rideaux la jetèrent sur le sol; il s'en suivit une petite panique dont le résultat final fut que quelques dames pieuses qui avaient prêté leurs bijoux
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pour parer Ticône ne purent ravoir ces objets précieux égarés pendant la confusion générale.
Les rues par où passe le cortège sont si joliment décorées qu'elles perdent leur caractère de voies publiques pour devenir des salles de fête. Les balcons auxquels on suspend des tapis et des tissus bigarrés qui recouvrent par endroits toute la surface murale ont tout à fait Tair de loges de théâtre et cette analogie est rendue plus frappante encore par la présence des femmes et des jeunes filles qui attendent dans leurs plus beaux atours l'approche des saintes images. On convertit les ruelles étroites en des cours couvertes, en tendant d'un toit à l'autre des draperies appelées toldos. Aux fenêtres scintillent des bougies ou des flammes de gaz fantastiquement ordonnées. On dispose un peu partout des guirlandes, des feuillages et des couronnes de fleurs. Sur tout le parcours de la procession, le pavé est jonché de branchages qui exhalent, quand on les foule, une agréable odeur de résine. L'Hôtel de Ville est habillé du haut en bas d'épaisses étoffes rouges frangées d'or. Il est serti par six rangs de lumières. Ses balcons sont parés de fleurs qui embaument et de palmiers qui frissonnent. Sur son faîte claquent des ])anderolles et des drapeaux. La Plaza de San Fernando qui s'ouvre devant l'Hôtel de Ville est, elle aussi, tendue de toldos. A ses deux extrémités s'érige un arc de triomphe dans la forme duquel on retrouve l'influence arabe et le souvenir de la porte du Pardon ; il est accompagné d'une foule de mâts où s'enroulent des écharpes et des guirlandes bariolées. La Giralda n'est pas non plus oubliée en cette réjouissance. A chaque ouverture flottent de joyeuses bannières et, partant du sommet de la tour, des câbles longs et lourds garnis d'innombrables flammes de toutes nuances forment jusqu'au sol des chaînes bariolées.