TR
L'-AT—s | PL LaC “his
Per TRE LCL NOTE TE
Es fi
n’ait pas cru devoir se considérer comme supérieur à une puante charogne de chien! Et voilà que ces Persansignares se crolentau-dessus de tous les hommes de l'Univers. Ils vont même jusqu'à s’estimer meilleurs et plus hauts que Moïse ! que dis-je ? ilsen donnent une preuve en s appuyant sur ce hadis :
Les oulémas de ma doctrine sont supérieurs aux prophètes des Hébreux.
« Dès lors, ils considérent tous les autres hommes comme au-dessous de cette charogne et sont entrés délibérément dans la route de l’inimitié et de la haine, volontairement ils se sont privés des fruits de l'amour et de la bienveillance. Mais cé qu'ils ont semé ou sèment en ce moment, ils le récoltent et le récolteront. S'ils ne comprennent pas que chacun supporte les conséquences de ce qu il fait, que chacun mange les fruits de l'arbre quil a planté, Hafz leur dit :
Comme ce vieux villageois a bien dit en parlant à son fils
O Iumière de mes yeux, tu ne récolieras que ce que tu auras semé!
Ah les Européens ont compris ce que veulent dire ces mots : &« l'amitié», «l'union n.........,.... ous «,.. Le Sadr À azam voulut faire profiter la Perse de tous ces biens, mais les Oulémas s'y opposèrent. Ils levérent l'étendard de la révolte et crièrent au peuple: S1 les Européens viennent en trop grand nombre dans notre pays, notre sainte religion sera atteinte, et les Musulmans & s'imprégneront d'idées européennes,— Ce qui est le plus sûr moyen d’être damné. En réalité, ces prêtres craignaientque les yeux du peuple s’ouvrissent
. et que celui-ci, ayant enfin compris, les abandonnût.
Aussi, pour défendre leur cause présentérent-ils une foule de preuves et d'arguments : de leur arsenal ils firent sortir des hadis comminatoires et anathémati-
sérent le Sadr A’azam. Pour rester les maîtres, 1ls n'admirent pas que cette nation qui pleure et qui souffre depuis mille ans pût enfin trouver un instant de repos. »
« Un Persan intelligent et aimant ses compatriotes, souffrant de leurs douleurs voulut les éveiller et les instruire. [l écrivit une brochure, mais par malheur elle ne s'est pas répandue car la vérité est amère. Les explications qu'il y donnait quoiqu'’elles fussent douces parurentinsupportables aux adversaires. Aussi, sans se soucier du but que poursuivait l’auteur, sans rien examiner, sans réfléchir à l'esprit du livre, ils l anathématisèrent ! Ïl est plus que probable que la brochure que j'écris aujourd'hui aura le même sort, mais en vérité, je ne suis pas d'ici et me soucie fort peu que l'on m'agrée ou me repousse :
Je ne suis pas disciple d’un cheikh ni élève d'un prêtre. | | Gloire à Dieu! je suis loin de toute secte.
(« Cependant, si je blâme des actions basses et viles, si je flagelle l’iniquité du Gouvernement ou l'état de. sauvagerie du peuple, s1 je flétris le fanatisme des oulémas, Dieu m est témoin que je n attaque aucune personnalité, que je ne suis | ennemi d aucune secte. Mon but est, au contraire, que la lecture de mon livre fasse naître dans l'âme de mes lecteurs le courage, le zèle et la générosité; qu'elle leur démontre l’infamie de vices honteux et d'actions mauvaises : qu'ils sen éloignent à tout jamais... » |
(« Bref, l’auteur de la brochure dont jai parlé plus haut y expliquait que la nation persane peut comprendre, s’assimiler et pratiquer la science, qu elle est digne en un mot de se civiliser. Il y disait aussi que malheureusement les chefs, afin de garder leur pouvoir, ne permettent pas au peuple d'ouvrir les yeux et les oreilles et de reconnaïtre enfin le bien du mal. Après avoir démontré tout cela dans son livre et
en avoir donné des preuves péremptoires, il ajoutait ceci: chaque fonctionnaire du Gouvernement, chacun des oulémas de la nation a dans le corps de l'Empire une sorte de commandement. Or le Ministre des affaires étrangères est la sentinelle avancée, le gardien des remparts.
Un jour de bon matin, quelqu un frappa à la porte du royaume et demanda la permission d'entrer.
« Qui es-tu et que viens-tu faire ici? demanda le Ministre des affaires étrangères.
— Je suis, lui répondit-on, la justiceetla civilisation. Je suis venue pour fonder dans ce royaume la justice, pour y édifier la civilisation. J'y viens détruire les
fondements du désordre et de l'iniquité.»
— Grâces en soient rendues à Dieu, dit le Ministre. notre royaume voit fleurir chez lui la justice la plus parfaite, la civilisation la plus avancée. Nous n'avons aucun besoin de l'aide de la justice. »
« L’interlocuteur, de derrière la porte, démontre au Ministre par des preuves et des arguments décisiis
® qu'il est réellement la justice et la civilisation. « [1ya
bien longtemps, ajoute-t:il, que j'ai quitté ce pays pour aller visiter l'Europe où je me suis installée. Il y
-à plus de mille ans que je nai revu la Perse ni ses
habitants, et que je n’ai foulé le sol de ce pays. J'ai appris que l'injustice aidée de sa sœur l'hypocrisie ont ici tout bouleversé, tout ruiné. Aussi j'accours par pure bienveillance pour vous faire progresser : je veux mettre tous mes efforts à tout réparer, Je veux vous donner ce qui vous manque pour atteindre la civilisation. Ouvrez donc ! »
« Mais le Ministre des affaires étrangères verrouilla plus solidement encore la porte et cria : &« Notre pays
n'a nul besoin de tes réparations. Dieu soit loué, nous
avons des constructions solides, des palais élevés. » — (J'ai apporté d'Europe les éléments des sciences et de l'induslrie pour les répandre en ce pays. Je
veux délivrer la nation de la misère, des souffrances et de la mendicité. Je veux, ainsi que je l'ai fait en Europe, la faire parvenir au bonheur.» |
« Quel besoin avons-nous d'industries? répliqua le ministre. Ce que nous voulons, on nous l’apporte d'Europe et nous l’achetons. Si nos sujets s'enrichissaient, ils deviendraient insolents et rebelles.»
« La discussion fut longue et le Ministre duts avouer vaincu, aussi fut-ce avec la plus grande douceur qu'il dut répondre : &« Ce que vous dites est fort juste et bien vrai. Votre présence ferait prospérer le pays, donnerait la liberté à la nation : l'Etat et le peuple verraient croître leur puissance, mais que faire? Vous étant là je perds mon pouvoir et mes moyens d existence. Je me verrais forcé d abandonner mon bon poste ou de rester dans les limites qui me sont fixées; je devrais me contenter des appointements qui me sont alloués. « Comment faire désormais par an 200.000 tomans de bénéfices illicites et 100.000 tomans de dépenses ? De qui donc prendre désormais des pots de vin ? Comment emprisonner, enchaîner, tuer, pardonner, gouverner en un mot?Je me verrais dans l'obligation d'obéir aux lois, de me priver de l'arbitaire: je ne pourrais plus tourmenter sans raison ines compatriotes. Aussi, tant je vivrai, vous nen- Lrerez pas. )
» D'ailleurs, vous laisserais-je entrer que les grands du royaume vous empêcheraient d'y vivre une seconde. ils s'uniraient tous pour vous qualifier d'ennemie de S. M. le Chah et l'on rédigerait mille sentences écrites qui toutes vous condamneraient à mort. Que ceux-ci ne le fassent pas, les oulémas se lèveraient comme un seul homme pour t'anéantir et faire disparaître ton nom des registres du destin. Oh ! pour ce faire, ils trouveraient 1,000 hadis. indiscutables, 1.000 hadis sortant tous de chacune des bouches dont les paroles Sont devenues des hadis! T'enlever la vie est chose
facile, mais ils déclareraient obligatoire pour les Musuimans de dévorer ta chair, de boire ton sang, et l'on déclarerait impur, et l'on condamnerait à mort quiconque prononcerait ton nom'Qu'on ne te laisse pas vivre en ce pays, ceci nest rien, mais on tuerait quiconque serait de tes amis, quiconque aurait un penchant pour toi. Ne sais-tu pas quils regardent commeleurs ennemis les Européens parce qu ils croient que ceux-ci sont liés à toi: ils considèrent comme licite de les tuer et de les piller; s'ils massacrent les babi qui ont des opinions nettes et fermes c'est unique: ment parce qu ils te voient dans la pensée de ces sec. taires. S1 ce n’était pas là leur vraie raison, pourquoi laisseraient-ils tranquilles les Nossaïris et les Qoulat, qui d'après les oulémas sont de parfaits impies ? Il n y a pas de danger qu'ils aïllent tourmenter ceux qui sont hors leur religion, par exemple les onze branches des imamiyèhs, qui sont, d'après leurs oulémas, de parfaits infidèles. Que font-ils aux Sadéqiyèhs, aux Nadouciyèhs quiconsidèrentl'imam Djaafer comme le dernier imam, comme le Mehdi promis? Pourquoi ne font-il pas la guerre aux Moukhtariyèhs qui croient a limamat de Mohammed Hanefiyèh et sont par suite 100.000 fois plus mauvais que les Babis ? »