CHAPITRE Ie
LES DÉBUTS Du BAB, JUSQU'A LA MANIFESTATION
Seyyèd Ali Mohammed naquit à Chiraz le 197 Moharrem de l’an 1236 (26 mars 1821) (128). Son père Seyyèd Mohammed Riza, — fils de Seyyèd Ebrahim, qui lui-même était fils de Seyyèd Fath Oullah (129) — était négociant dans cette ville.
Devenu orphelin de bonne heure, il fut placé sous la tutelle de son oncle maternel, À Seyyèd Ali, et S'occupa, sous sa direction, du même commerce que son père (130).
Il était déja méditatif et plutôt silencieux cependant que sa jolie figure, l'éclat de son regard en même (em ps que son maintien modeste et recueilli attiraient dès cette époque l'attention de ses concitoyens. Très jeune, les questions religieuses l’attiraient invinciblement, car c'est à l’âge de 19 ans (131) qu’il écrivitson a
(188). Voir note A, à la fin du volume.
(189). Voir note B. Il est possible que le nom de ce dernier PETSOnnage ait été Nassr Oullah, cela dépend de la façon dont 0n Comprendra le verset.
(130). C'est-à-dire de mercerie.
51}. 18 ans, d'après Mirza Djani.
premier ouvrage « le riçalèëh Feqqiyëh » dans lequel il montre une vraie piété et une effusion islamique qui semblaient lui présager un brillant avenir dans les liens de l'orthodoxie chiite.
[l est probable que cet ouvrage fut écrit à Bouchir -Car c'est lorsqu'il avait {8 ou 19 ans qu il y fut envoyé, par son oncle, pour les besoins de son cominerce. Les auteurs musulmans et les babl sont d'accord en ce qui concerne le séjour de notre héros dans le grand port du golfe Persique. Ils insistent les uns et les autres sur l’ardeur religieuse qui animait le Jeune Seyyèd, le poussant à s’infliger les macérations (132; qu'exigent certaines règles monastiques. Les Musulmans affirment qu'il sexposait de longues heures, la tête nue (133), aux rayons brülants du soleil de ces ré- -g1ons, — ce qui, d'apres certains soufis devait le mener à la connaissance des secrets de Dieu, — tant quenfin sa raison s altéra (134).
La tradition rapporte que son séjour y futcourt (135), car il n’en put supporter le climat: il n'y serait resté qu'une année, et serait revenu à Chiraz, toujours préoccupé de médidations religieuses.
(152). Sous l'inspiration du démon, et sans beaucoup d'intelli- gence, il se lança, contrairement aux lois de Mohammed et à la religion, dans des mortifications sévères afin de s'acquérir un peu de gloire. On raconte qu'il habitait à Bouchir, où il fait æxcesssivement chaud, et pour se perfectionner, il montait sur la terrasse de sa maison, s’y exposait la tête nue au soleil ‘et y disait Certaines prières ce qui fit que sa santé et. son 1ntelligence s'altérérent (Moutanabiyin). — (133). Ceci est nié par Mirza Djani.
(134). 11 est remarquable que cette accusation de folie a été lancée contre lui par les Musulmans rigides à cause du respect que leur inspirait sa qualité de Seyyèd. Un. descendant du prophète peut être Îiou, — mal mystérieux et peut-être €ivin — mais i, est inadmissible qu'il se voñe à l'imposture el -au blasphème. Il est inutile de dire ici que le Bab n'était pas fou, son œuvre le démontre surabondamiment.
(135). Mirza Djani prétend qu'il fut de cinq ans.
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À près quelque repos il voulut, comme tout bon chiite :
doit lé faire, se rendre au fameux pèlerinage de Ker-
bélah, et y accomplir les rites nombreux et compli-
qués qui accompagnent les visites aux tombeaux des saints 1Mmams.
Molla Sadeq, qui, plus tard, devait prendre le titre
de Mouqaddès-Khoraçani se trouvait en ce moment aux lieux saints : voici comment il raconte ses entrevues avec le] jeune Seyvèéd :
(« Un jour j'entrai dans la mosquée du confesseur de la Foi ei j'y vis un jeune homme noyé dans ses méditations profondes : son attitude était telle, sa piété si évidente et si manifeste, les larmes qui coulaient de ses yeux si sincères, que je me sentis invinciblement attiré vers lui. Ne voulant pourtant point le troubler dans ses dévotions, je m assis dans un Coin et attendis la fin de ses prières. Plus je le regardais, plus j étais conquis par son air noble, sa contenance modeste: et un je ne sais quoi qui semblait se dégager de toute sa personne.
» I] sortit enfin, et je le suivis : un domestique qui, je le sus plus tard s'appelait Mobarek, lui remit ses souliers et ils s'en allèrent sans que j'eusse pu, — retenu par je ne sais quelle honte, — les interroger. ) Mais javais remarqué l'heure à laquelle nous étions et je résolus de revenir le lendemain à la même heure pouren avoir le cœur net.
» Je le retrouvais, ainsi que je l’espérais, plongé dans ses méditations pieuses, et l'impression qu'il me produisit fut encore plus forte que celle que j avais ressentie la veille ». |
» Quand il eut fini, je m'approchai de lui en lüi disant: « J'ai'a vous parler ». Mais il ne me répondit que par un signe que j'interprétai comme un refus.
» Hônteux d'un tel accueil, je sortis des limites sa-
crées en même temps que lui; mais à peine fûmes-
» nous dehors quil m interpella et me pria de l'ex- » cuser s’il n'avait pas répondu à ma demande, con- » sidérant la mosquée comme un endroit trop sacré » pour que lon püt même y penser à des choses » étrangères à la Divinité.
» Il dit cela d’une façon si affable et si courtoise » que je fus reconquis tout entier, et oubliant le léger » ressentiment qui était, un instant, rentré dans mon » cœur, je le priai, en sa qualité de compatriote et de )) pèlerin de vouloir bien me faire l'honneur de venir » me voir chez moi un vendredi. — Ce jour-là, lui » dis-je, notre saint professeur, Seyyèd Kazem kRechti, » honore ma demeure de sa présence et je serais fort » heureux que vous l'entendiez.
») — Quel bonheur et quelle joie pour celui qui vient » prendre place dans une réunion que d'y entendre » mentionner la plus haute lumière de Dieu! »(136) me » répondit-il. »
Ceci se passait un mardi, Le vendredi suivant, Seyyed Kazem vint chez moi, selon son habitude, accompagné de tous ses élèves. Les prières étaient déjà commencées., nous avions entendu les oraisons dites du haut du mimber par Moilla Mohammed Bagher, et Molla Housseïin Bouchrouyéhi lui avait succédé : ik développait du haut de Ia chaire des considérations sur le martyre de l’imam Housseïn quand Seyyed Ali Mohammed entra. )»
« Je fus très surpris de voir Seyyed Kazem Rechti se lever dès qu'il aperçut celui qui venait d'entrer. Tous les assistants l’imitèrent naturellement. C'était là une marque de politesse assez banale en Perse, mais qu on remarqua fort en ce moment comme étant contraire à toutes les habitudes du maître qui, pendant les prêches, ne prêtait la moindre attention aux arrivants,
(186). Voir note C, à la fin du volume.
fussent-ils les personnages les plus les plus élevés et les plus puissants. »
« Mollah Housseïn Bouchrouyéhi lui-même fut troublé et s'Interrompit dans son sermon. » |
« Celui qui suscitait une émotion aussi étrange parut ne pas s en apercevoir, et s’assit modestement à la porte de la chambre(137}. »
€ Seyyed Kazem l'invita à s'asseoir à une place plus élevée, maïs le jeune homme refusa et resta assis à Celle qu'il avait choisie. »
(Le trouble une fois apaisé, Seyyed Kazem Rechti ordonna à Mollah Housseïn de réciter quelques vers de Cheikh Ahmed Ahcçahi(138]. Celui-ci obéit, et ces vers üirent pleurer Seyyed Ali Mohammed. Son émotion gagna la salle entière qui se mit à verser des larmes.»
« Les exercices pieux terminés, on apporta le thé et les sirops pour les assistants, mais Seyyed Ali Mohammed refusa de prendre quoi que ce fût. »
« Enfin Sevyed Kazem partit pour rentrer chez lui, suivi de toute l'assemblée. Nous restämes seuls, le jeune Chirazi et moi. Je le priais alors de s'asseoir à une place plus digne de son rang : il se leva, et sans hésitation, alla se mettre à la place qu'avait occupée
Seyyed Kazem. Je lui causai longuement alors: étant
désireux de faire de lui une recrue cheikhie, je lui parlais de la doctrine de nos deux maitres : je m'’efforçais
(197). Agha Djani. que son zèle emporte parfois un peu loin, veut que Seyyèd Kazem ait senti en Seyyèd Ali Mohammed le maître attendu. D'après lui, d'ailleurs, le séjour de notre héros à Kerbélah n'aurait été que de trois mois, mais il resta Un an à parcourir tous les lieux de pèlerinage.
(155). Le Bab comprenait quelque peu les leçons de Seyyèd Kazem Rechti, et s'était enrôlé parmi les disciples de Cheikh Ahmed {Nacikh at-Tévarikh). |
Et chaque jour il assistait aux cours de Seyyèd Kazem Rechti : il passa ainsi deux années.
(MOUTANABIYIN).
de le convaincre et de l’attirer dans notre secte, mais il ne répondit rien. Enfin, il se leva, prit congé et partit. )
« Trois jours se passèrent au bout desquels je rencontrai encore une fois le jeune Seyyed au tombeau de Imam Housseïn. Cette fois, ce fut lui qui m adressa la parole: « Mon oncle vient d’arriver, me dit-il, ne viendrez-vous pas le voir ? »
« J'y allai vers le soir, j y rencontrai beaucoup de monde, tous nos compatriotes étant venus, suivant l'usage, rendre visite au nouvel arrivé. )
« À Seyyed Ali me fit asseoir à côté de lui pendant que son neveu, assis près du samovar, distribuait le thé aux hôtes de son oncle. »
« J'appris alors que À Seyyed Ali était venu à Kerbélah tant pour y faire un pélerinage que pour emmener avec lui son neveu à Chiraz.)
« Je lui fis Le plus complet éloge du jeune homme et Jui dis, ce que je pensais d'ailleurs, que je n'avais ja- “mais vu personne réunir d’aussi brillantes et d’aussl solides qualités de l'esprit et du cœur. «C'est vrai, me répondit le vieillard, mon neveu est remarquable à bien des points de vue, mais ce qui est une honte pour nous, c'est qu'il se refuse à suivre les leçons et les cours ; il ne veut pas apprendre, et comme il ne fail rien ici, je ne veux plus l'y laisser. »
« Toujours désireux de faire de Seyyed Ali Moham-
med un cheikhi, je discutai longuement avec l'oncle. et je finis par lui promettre que j emploierai toute mon ‘influence à le faire travailler et suivre les cours d’une façon régulière. »
« Devant mes instances et mes promesses, À Seyyed AN voulut bien consentir à tenter l'expérience, et son | pèlerinag e terminé s'en retourna à Chiraz, laissant son neveu à Kerbélah. »
En dépit des promesses que j avais faites, je ne pus ine décider à faire des observations au jeune homme
dE ae LE rien À
qui ne reparut qu'une fois au cours de Seyyed Kazem. Malgré moi je me sentais intimidé par lui, et quoique je me reprochasse vivement mon manque de parole, je ne pouvais, arrêté par une inexplicable timidité, remplir le rôle que j'avais assumé. »
€ Un jour j'appris quil était parti pour Chiraz et petit à petit je cessai d y penser (139). »
Nous savons que le jeune Seyyed était devenu cheïkhi., Les Musulmans en effet, s'indignérent de le
voir rompre, dans ses visites aux tombeaux, avec le rite traditionnel, pour suivre la règle imposée par les deux
cheïkhs (140) : et lui-même, par la suite, éleva cheïkh
Ahmed et Seyyed Kazem à la dignité de Précurseurs
de la nouvelle manifestation, il se déclare d’ailleurs, à plusieurs reprises et dans toutes ses œuvres, l'élève
Je plus humble du Rechti{141).
. (159). Quand Seyyèd Kazem mourut,ses disciples allèrent avec le Bab à Koutfa, où ils prièrent durant quarante jours à la Mosquée. Le jeune Seyvèd y devint subitement comme fou, alors petit à petit il commença à séduire les hommes et à se
Jes attacher comme disciples. Quand il parlait à des gens de
qui il ne craignait rien, il disait: « Je suis le lieutenant de Dieu. Entrez dans la maison par la porte...» Et comme la tradition dit que le Sahab ez-Zéman doit apparaître à la Meqgde, il forma le projet de s'y rendre. Nacikh at-tévarikh. — Le
Moutanabiyin est dans le même sens.
(140). Cheikh Ahmed Ahçahi et Seyyed Kazem Rechti.
(141). Je le connaissais, dit l'auteur du Qessas el Ouléma. parce qu'un jour j'étais assis au haut du tombeau {du côté de la tête) de Housseïn avec un personnage très saint. Je vis Ce Seyyed venir, s'arrêter sur le seuil de la porte et de là dire
ses prières. Celles-ci finies, il se retira sans être entré plus
avant. Je. demandai à la personne qui était avec moi: « Qui est ce jeune homme ? » — « C’est, me répondit-elle, Mirza Ali Mohammed, un élève de Seyyèd K azem Rechti. » Je demandai
alors :4c. Pourquoi est-ce de cette façon qu'il accomplit la vi-
site ax tombeaux ? »— C'est qu'il la considère comme plus respectéuse. » — « Il se trompe, répliquai-je, et 1l pèche, car ces visites .sont réglées par les imams eux-mêmes .qui ont
[1 rentra donc à Chiraz où il vécut dans sa famille. Qui nous dira les angoisses à travers lesquelles il dut passer, l'agonie morale qui précéda le cri de sa conscience en révolte contre les iniquités et les blasphèmes dont il avait été et était chaque jour le témoin ?
Quoi qu il en soit et pendant qu il se préparait à son apostolat, Seyyed Kazem Rechti annonçait à ses disciples sa propre mort et l'apparition de la Vérité.
« Seyyed Kazem, raconte Moqgaddès Khoraçani et avec luiles historiens musulmans et babi,avait, chaque année, l'habitude d'aller faire un pélerinage à Sourré menréha. Cette année-là, il fit comme d'habitude ses préparatifs, mais un jour il annonça à ses disciples assemblés que c'était là son dernier voyage, son pêlerinage d'adieux. Et comme tous, frappés de stupeur, se mettaient à pleurer, Kérim Khan plus violemment que les autres, le vieux Seyyed se tournant vers lui. lui cria : (« Chien! tu ne veux donc pas que je men aille et qu'après moi se manifeste la Vérité absolue ? »
Ce ne serait pas la première fois que le vieux maitre aurait fait une allusion directe à la prochaine manifestation du Sahab ez-/eman. {l s'en occupait au contraire beaucoup, suivant Mirza Djani, et commentait les signes qui devaient accompagner son apparition. « Ce devait être un jeune homme, Hachémite et non instruit dans les sciences que l'on acquiert dans les écoles. » Parfois même il aurait dit: « Je le vois comme un soleil qui se lève. »
décidé que nous devions venir près des tombes et les embrasser.
Quelqu' un ma raconté, Continue le même auteur, qu il était un jour assis au tombeau de Kazemeïn avec un personnage qui avait accompli les mortifications, quand Mirza Ali entra. « Que Dieu tue ce Seyyed, » s'écria mon pieux compagnon. Et comme je l'interrogeai sur la raison de cette malédiction,il me dit: « Prochainement cet homme donnera cours à des croyances qui ruineront le respect dü à CU ritage de l'Islam et qui feront couler des flots de sang.
Hadji Abd oul-Mouttaléb fIsfahani, Souleimarm Khan Afchar Saïn Qaléhi l'ont raconté, et c est peutêtre là que ce dernier a puisé la conviction qui l'a soutenu jusqu'au dernier moment de son horrible mort.
Il aurait eu, en effet, l'habitude de dire : « Feu: » Seyyed m'a promis, à moi, que je verrai la maniies- » tation du Sahab-ez-/éman. Tu y seras, me disait-il, » et tu donneras ta fol. »
Akhound Molla Houssein Bouchrouyéhi, qui était intime avec Kazem, lui demanda avec insistance comment aurait lieu la manifestation. Le Maitre lui répondit par ces vers du Mesnévi: « Je ne puis en dire davantage, mais le Soleil de la Vérité, de quelque: Orient qu'il se lève, illuminera tous les horizons, et les miroirs des cœurs de ceux qui aiment le bien, il lesdisposera de façon à ce qu'ils reçoivent les émanations de la lumière et de {a connaissance. )
Mirza Djani, qui, ne l'oublions pas, est un des. martyrs qui ont succombé après l'attentat contre Sa Majesté ne pouvait être au courant des affirmations que l’histoire officielle a soulevées par la suite, Mirza Djani raconte qu’il vit dans la mosquée de Koufïfa, la: plupart des élèves de l’ancien Seyyed : & Il y avait là. » dit-il, le Bouchrouyéhi, Molla Ali Bestami, Hadji » Molla Mohammed Ali Barfourouchi, Akhound Mol- » la Abdoul Dijelil Tourk, Mirza Abdoul Hadi, » Mirza Mohammed Hadi, À Seyyed Housseïn Yezdi, » Molla Hassan Bedjestani, Molla Bachir, Mollah » Bagher Tourk, Molla Ahmed Abdal, avec quelques » autres. [ls s'y occupaient de mortifications étranges. » et qui avaient lieu de surprendre. »
En effet, après la mort de Seyyèd Kazem Rechti survenue en 1259 (1843-44), ses disciples après avoir: passé 40 jours à Couffa se mirent à chercher, à travers. le monde musulman son successeur. |
Donc ils cherchaïent un être supérieur, ou au moinségal à leur maître défunt. Avant de se séparer, beau-
coup d'entre eux se jurèrent dese prévenir mutuellement de l'heureux succès de leurs recherches s'ils arrivaient à trouver celui que le Qoran et Seyyèd Kazem leur avaient indiqué. Parmi ces chercheurs, trois étaient unis d'une indissoluble amitié: c'était Molla Houssein Bouchrouyèhi, Moqaddès Khoraçani et Molla Ali Goher. |
La tradition babie veut que deux années se soient coulées entre le jour où Séyyèd Ali Mohammed quitta Kerbélah et le jour où il annonça au monde la mission dont il était investi; cela nous reporterait donc à l’année 1258, mais avant la mort de Kazem. Or si nous admettons qu'il arriva aux lieux saints à la fin de sa 19° année ou peut-être au milieu de sa vingtième, nous sommes obligés de reconnaître qu'il séjourna 2 ans et demi ou 3 ans à Kerbélah(142), puisqu'il n avait pas tout à fait 25 ans le 5 Djemadi el Akher de l’an 1260.
Cela concorde parfaitement avec la tradition babie et détruit la légende musulmane qui voudrait que Seyyèd Ali Mohammed ait été présent à Kerbelah lors de la mort du Rechti qu'il se soit entendu là avec un certain nombre des disciples du maître défunt et qu après certaines simagrées destinées à frapper l'imagination du vulgaire ils se soient tous rendu à la Meqge{143) pour y remplir les prophéties annonçant
(142). Il passa ainsi deux années (à Kerbelah) Moutanabiyin. Il resta ainsi deux ans (Nacikh et Tevarikh).
(143). Certaines traditions musulmanes veulent cependant que Seyyèd Ali Mohammed se soit trouvé à Kerbèla lors de la “mort de Seyyèd Kazem Rechti. Il aurait dès lors prétendu à Sa Succession et se serait rendu à Kouffa avec les principaux élèves du défunt. Là, après 40 jours de jeûne et de prière, il aurait été reconnu en cette qualité. C’est alors qu'il aurait prétendu être l'intermédiaire entre les hommes et l’imam Medhi. Je dois dire que le livre Nouqgtèt-el Kaf, que je persiste à attribuer à Mirza Djani, semblerait confirmer cette
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