‹ Seyyèd Ali Mohammed, dit le BâbChapitre 36 sur 56 · NU · texte numérisé non relu

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Bachi, l'interrogea sur la signification de tel ou tel mot arabe, sur la conjugaison de tel verbe. Il semble que l'on craignit d'entamer avec lui une discussion théologique qui eût pu tourner à la confusion du clergé officiel. |

Le Bab fut fort surpris de ces questions et leur répondit: « Il y a bien longtemps que jai dépassé le monde des mots et que } ai rendu la liberté à la parole. Il s'agit ici de matières plus graves et plus hautes.» La conférence ainsi n aboutit à rien et une autre fut tenue quelques jours après dans la maison de Mollah Mohammed Mamaqani : là on répondit à ses arguments par des coups.

Voici, d'après la version bâbie,le procès verbal de cette séance: « Iladji Mollah Mahmoud, Nizam el Oulema, mollah bachi du Prince Héritier, Molla Mohammed Mamagqani, Hadji Mourteza qouli Mérendi Alem el Houda, prirent place sous la présidence du Veliahd, au milieu d’un grand nombre de fonctionnaires. Le Bab entra seul, sortant du baïin et parfumé, |

Iltenait une canne à la main: en entrant il salua,

mais personne ne lui répondit. Il s’arrèta un instant, attendant que quelqu'un lui désignât sa place, mails comme personne ne semblait faire attention à lui, 1l S'assit au bas bout de l'assemblée et se plongea dans «les prières.

Soudain Mamaqani l’interpella en ces termes : « © Seyyèd, des écrits circulent parmi les hommes que l'on vous attribue. Nous ne pouvons croire que vous en soyez l'auteur. L'êtes-vous, oui ou non? »

Le Bab répondié : ( Ces écrits contiennent les paroles de Dieu, qui sont sorties de ma plume. |

— dJ'aientendu dire que vous étiez le Bab.

— Oui.

— Que veut dire ce mot ?

— Qu'avez-vous donc compris de cette parole

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illustre : Je suis la ville de la science et Ali en est la Porte(196) ? »

Puis le Bab se lança dans une explication au sujet de laquelle il parla de l'œil, de l'oreille, de la bouche et du nez.

Alors Hadji Molla Mahmoud l'interrompit en ces termes: ( Pourquoi dis-tu l'œil, l'oreille, alors que nous avons deux yeux et deux oreilles.

— O mon âme le sens est un « écoute. »

Le Bab avait deux buts en prononçant ce mot «écoute ». D'abord il rappelait Hadji Molla Mahmoud aux termes du contrat, arrêté d’ailleurs hors de sa présence, et d'après lequel, seul Mamaqgani assumerait la charge de l'interrogatoire ; et le second sens de ce mot était ceci: « Ouvre l'oreille de ton cœur et comprends Dieu. »

Bréf Mamaqani lui dit d’un ton railleur : « Qui donc t'a souhaité le bonsoir en te donnant ce nom de Bab? »

— Je suis Celui que vous attendez depuis mille années. .

— Nous attendons le « qaëm » de la famille de Mohammed dont le nom est Mohammed fils de Hassan,

— C'est moi.

— À quoi pouvons-nous te reconnaître ?

— À mes versets.

Emir Arslan Khan, oncle maternel du Veliahd lu! dit alors : («Fais donc descendre des versets au sujet de ta canne. » Le Bab obéit(197).

On se récria, en lui disant: « Nous ne comprenons pas tes versets }.

(196). Le Bab répond par une interrogation et cette interrogation nest autre que le hadis sur lequel se base tout le chiisme. :

(19r). D'après le Moutanabivin voici le verset prononcé par i£ Bab : « Gloire à Dieu qui a créé l: bâton, qui est un signe d'entre ses signes. »

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