‹ Seyyèd Ali Mohammed, dit le BâbChapitre 47 sur 56 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

LE Bar A MaAKxou — Son EXÉCUTION

C’est le Bab (227) lui-même qui nous indique comment sa vie se passait dans la prison où il était enfermé. Ses plaintes, si fréquentes dans le Béyân, doivent, je pense, être dues à des resserrements de discipline provenant d'ordres venus de temps en temps de Téhéran. Tous les historiens, en effet, tant les babi que les musulmans, nous disent que, malgré les ordres sévères d'empêcher toutes communications du prisonnier avec le monde extérieur. le Bab recevait une foule de disciples et d'étrangers dans sa prison.

Quoi qu'il en soit — car les documents manquent absolument sur cette période — le lecteur jugera par lui-même, s'il veut bien jeter un coup d'œil sur les passages du Béyân que j'ai réunis ici.

(« Oh ! quel est ton aveuglement, 6 ma créature ! Ce » que tu fais, tu le fais pensant me(228) contenter ! Et.

(227) — L'auteur du Moutanabivn écrit: « Les babi de toutes les parties de la terre se rendaient en Azerbaïdjan, en pôlerinage auprès de leur chef. »

(288) — Si étrange que cela puisse paraître, Ce passage ne s'adresse en aucune façon aux babi: c'est au contraire Îles musulmans qu'interpelle ici notre auteur ou plutôt Dieu. En effet, nous verrons plus loin, dans le second volume de cette étude — on peut aussi consulter à ce sujet le Livre des Sept Preuves — que chaque «nation d'un prophète » n'agit, dans ses actes religieux, qu'en vue de satisfaire Dieu et de lui plaire. Or, on ne peut satisfaire Dieu qu'en satisfaisant son

malgré ces versets qui me prouvent moi-même, ces versets qui découlent de ma puissance et dont le trésor est l'être même de ce personnage (le Bab), maleré ces versets qui ne sortent de sa bouche qu'avec ma permission, voilà que, sans aucune espèce de droit, vous l'avez mis au sommet d'une montagne dont les habitants ne sont mëme pas dignes qu'on les cite. Près de lui, ce qui est pres de

Moi, il n’y a personne, si ce n est une des Lettres de

la Vie de mon livre. Entre ses deux mains, qui sont Mes deux mains, il n'y a même pas un serviteur, pour allumer, la nuit, la lampe. Et voilà que les hommes qui sont sur terre n ont été créés que pour son existence : c'est par sa bienveillance qu'ils sont

dans la joie, et ils ne lui donnent même pas une

lumière ! » [T unité — porte I.

« Le fruit (de la religion islamique) c'est de croire à la manifestation (du Bab) et on l'emprisonne à Makou ! » IT° unité — porte 7.

« Tout ce qui appartient à l’homme du Paradis est en Paradis. Cette chambre solitaire (dans laquelle

je suis) et qui n'a même pas de porte est aujourd hui

le plus grand des jardins du Paradis, car l'arbre

de la Vérité y est planté. Tous les atomes qui la

composent crient : En vérité, il n y à pas d'autre dieu que Dieu! En vérité, je suis Dieu, et il n’y à pas d’aute dieu que moi le Seigneur de l'Univers! »

[I unité — porte 16.

(« Le fruit de cette porte est que les hommes voyant

» quil est permis de faire tout cela pour le Béyän

Prophète. Or les musulmans ne veulent pas reconnaître dans

le Bab, le Mehdi promis par Mohammed. Mais ce refus d'obéissance n'a aucune valeur, et Dieu, ayant désormais

effacé l’enseignement de Mohammed, l'a remplacé par celui

du Bab. Le Bab est donc le Prophète actuel, pour qui le monde à été créé. Donc, un musulman qui agit pour saistaire Dieu agiten réalité pour satisfaire qui ? le Bab.

» (dépenser. tant d'argent) qui n’est que la trace de » Celui que Dieu doit manifester, doivent se rendre » compte de ce qu'il faut faire pour Celui que Dieu » doit manifester quand il apparaîtra, afin qu'il ne » (lui) arrive pas ce qui (m’} arrive aujourd’hui. » C'est-à-dire qu'il y à de par le monde beaucoup de » Qorans valant mille tomans, alors que Celui qui » fait descendre des versets (le Bab) est mis sur une » montagne, dans une chambre construite en briques » séchées au soleil. Et cependant cette chambre est » l'Arche (9% ciel, séjour de la Divinité) même. Que » cela serve dexemple aux Béyânis afin qu'ils ne » fassent pas envers Lui, ce que les Qoranis ont fait » vis-à-vis de moi. » Unité III porte 19.

Dans la IX Unité porte IT 1l fait remarquer qu'on avait le plus grand respect pour lui quand il était simplement Seyyèd, et que c’est à partir du moment où il s est manifesté comme envoyé de Dieu qu'on a commencé à l’accabler d'injures et de mépris. |

Dans la VI® unité, porte 8e, il reproche encore aux musulmans d'avoir attendu avec impatience le Mehdi, pour l’emprisonner aussitôt qu'il à paru.

C'est toujours dans le même ordre d'idées qu'une fois enfermé à Makou, il adresse une longue lettre au Chah {Mohammed Chah) que nous allons analyser ici.

Le document commence, comme presque tous les documents littéraires du Bab par une louange exaltée de l'Unité Divine. Le Bab continue en louant, comme il convient, Mohammed et les douze imams, qui, comme on le verra dans le second volume de cet ouvrage, sont les pierres angulaires de l'édifice du Béyân. « Et moi j'affirme, s'écrie-t-il, que tout ce qui » est dans ce monde de possibilités autre qu eux n est » auprès d'eux que le néant absolu, et si on peut le » mentionner, ce tout, ce nest que comme l'ombre ») d'une ombre. Je demande pardon à Dieu de ces » limites que je viens de leur assigner, car en vérité

le dernier degré des louanges qu'on en peut faire est de reconnaître en face d'eux, quon ne peut les louer....…. C'est pourquoi Dieu m'a créé d'une boue telle que personne n a été créé d'une boue pareille. Et Dieu ma donné ce que les savants dans leur science ne peuvent comprendre, Ce que personne ne peut connaitre à moins d être complètement anéanti en face d’un signe d'entre mes signes...

« Sache, qu'en vérité, je suis une colonne de la première parole : cette parole que quiconque l’a connue a connu Dieu tout entier et est entré dans le bien universel. Celui qui n'a pas voulu la connaître est resté ignorant de Dieu etest entré dans le mal universel. J'en jure par ton Dieu, le Maître des deux mondes, Celui qui vit ici-bas aussi longtemps que le permet la nature, et reste toute sa vie l'esclave de Dieu dans toutes les œuvres de bien qu'embrasse la science de Dieu, s'il a dans son cœur de l’inimitié contre moi, füt-ce si peu que Dieu seul le pussse comprendre, alors toutes ses bonnes œuvres et toute

sa piété sont sans utilité et Dieu ne le regarde que

d’un regard dechâtiment, et celui-là est de ceux qui meurent. Dieu a fixé tout le bien que lui-même reconnaît comme bien dans l’œuvre de m'obéir, et tout le mal qu'il connaît dans l'acte de me désobéir. En vérité, aujourd'hui je vois, dans le rang que je tiens, tout ce que je viens de dire et les gens de mon amour et de mon obéissance dans les plus hautes demeures des cieux, tandis que mes ennemis sont plongés dans les profondeurs du feu ! »

« Sur mon existence, je le jure, si je n'avais pas été obligé d'accepter d être le houdjet de Dieu, je ne teusse pas averti... )

Comme on le voit, le Bab continue ici très nette-

ment etrenouvelle ses affirmations du Kétab béïnel Harémein. Il n'y ajoute rien, mais n'en retranche rien

non plus.

« Moi donc, dit-il, je suis ce Point d'où tout ce qui ) existe à trouvé l'existence. Je suis cette face de Dieu » qui ne meurt pas, je suis cette Lumière qui ne » s'éteint pas. Celui qui me connaît est accompagné » de tout le bien, celui qui me repousse a derrière lui » tout le mal. »

« En vérité, Moïse, quand il demanda à Dieu ce » qu'il demanda {il voulut voir Dieu) Dieu rayonna » sur la montagne, de la lumière d'un des sectateurs » d'Al, et, comme l'explique le hadis « cette » lumière jen jure par Dieu, était ma lumière. » Ne » vois-tu pas que la valeur numérale des lettres qui ») composent mon nom est égale à la valeur numérale. » de celles qui composent le mot Rebb (Seigneur). » Or Dieu n'a-t-1l pas dit dans le Qoran : Et quand » ton Rebb rayonna sur la montagne. »

Le Bab continue en étudiant les prophéties faites dans le Qoran puis dans quelques hadis au sujet dela manifestation du Mehdi. Il rapporte le fameux hadis de Moufazzal qui est l’un des arguments les plus forts pour la vérité de sa mission.

Dans le Qoran il est dit Chap. XX XII verset 4 : Dieu conduit les affaires (du monde) du ciel à la terre puis (tout) remonte à lui dans un jour dont la durée: est de mille années de notre comput.

D'autre part le dernier imam a disparu en l'an 260 de l’Hégire, c'est à ce moment que la manifestation prophétique est terminée et que « La porte de la science est fermée. )

Or Moufazzal interrogea l'imam ous Sadeq sur les signes de l’arrivée du Mehdi, et l’imam lui répondit : ({ Il se manifestera en l’année soixante et son nom » sera élevé. » Ce qui veut dire en l’année 1260 qui est précisément l'année de la manifestation du Bab.

(€ J'en jure par Dieu, dit à ce sujet Seyyèd Alr ) Mohammed, je n'ai pas pris de leçons et mon édu » cation a été celle d’un marchand. En l'année 60

Ai

j'ai eu le cœur rempli de versets solides, de sciences certaines et du témoignage de Dieu. Et j'ai proclamé ma mission en cette année même......

« Et cette année même je vous ai envoyé un messager (Molla Housseïn Bouchrouyéhi} » porteur d'un Livre afin que le Gouvernement put faire ce qu'il avait à faire vis-à-vis de l'houdiet. Maïs Ia volonté de Dieu étant que s’élevassent des guerres civiles qui assourdissent les oreilles, aveuglassent les yeux, et rendissent les cœurs endureis, c'est pour cette raison qu'on na pas laissé mon messager parvenir jusqu à vous. Ceux qui se considérent comme patriotes s y opposèrent et jusqu'à aujourd'hui — quatre ans presque ont passé — sans que personne vous ait rien dit de la vérité de la question. »)

«Kit maintenant, comme mon temps est. proche, comme mon œuvre est œuvre divine et non pas humaine, cest pourquoi je vous en ai écrit brièvement. })

« J'en jure par Dieu! si tu savais ce qui pendant ces quatre ans m est advenu de tes fonctionnaires et de tes délégués ! Si tu le savais, la peur de Dieu tempêcherait d'achever le souffle qui s'exhale en ce moment de tes lèvres, à moins que tu ne formes le dessein - d'entrer dans l’obéissance de l'ordre du

Houdjet, et de réparer immédiatement ce qui a eu

lieu. »

(« J'étais à Chiraz, et de ce gouverneur mauvais et maudit, je subis des tyrannies telles que si tu en connaissais la moindre part, de par ta justice tu exercerais Sur lui la peine du talion, car sa vio-

lence a attiré la punition du ciel jusqu'au jour du

jugement sur l’étendue de l'Empire. Cet homme trés orgueilleux et toujours ivre ne donnait aucun ordre empreint d'intelligence. Je fus forcé de sortir de Chiraz et je me dirigeai vers Téhéran pour

aller te voir, mais feu Meu témed ed Dowlèh com-

prit la vérité de ma mission et fit ce qu'exigeait la

déférence vis-à-vis des élus du Seigneur. » « Des ignorants de la ville commencèrent une émeute, et c'est pourquoi je me cachaiï dans le palais Sadr jusqu'au moment où Meu’témed mourut. Que Dieu le récompense ! Il n’y a pas de doute que la cause de son salut du feu de l'enfer soit ce quil a fait pour moi. )

Ensuite Gourguine me fit durant sept nuits voyager avec cinq individus, sans rien de ce qui est

nécessaire au voyage et avec mille mensonges et

mille violences. Hélas ! Iélas ! sur ce qui m'est arrivé ! Enfin le Sultan ordonna de me diriger sur Makou, sans même me donner une monture que je pusse monter ! Hélas ! Hélas ! il m'est arrivé ce

qui m'est arrivé ! Enfin je parvins à ce village dont tous les habitants sont ignorants et grossiers.

Ah ! j'en jure par Dieu, si tu savais en quel lieu je

demeure, le premier qui aurait pitié de moi, ce serait toi-même ! C’est un fortin,. au sommet d’une montagne, et c'est à ta bienveillance que je dois une pareille demeure ! Ceux qui y habitent sont deux hommes et quatre chiens ! Pense à quoi je passe mon temps ! »

« Je remercie Dieu, comme il doit être remercié, et je jure par Dieu que celui qui m a emprisonné là est content de ce qu'il à fait. Et cependant, s'il savait avec qui il à agi ainsi, jamais plus il ne serait heureux. »

(€ Et maintenant, je t'avise d'un secret : cet homme a emprisonnné (en ma personne) tous les prophètes, tous les saints et celui que la science de Dieu a embrassé. Et il n’est resté de péché d'aucun genre

SOUS lequel je nai gémi )..

(€ Quand j'eus appris l’orûre que tu avais donné (de me conduire à Makou) j'ai écrit au Sadr A’azam :

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