CEE LL, EP — ER
— = js ALI UE PRE. ue me mg leg mn mal RE ———
ee EEE EE EE es = = mr EE gt gl" C4 EE EL
re eq le EE qe mmmggggeth qe gel pee
TE
LE TE ee te
ES
HT . STE — + pm re mi sm = ar LE
us nd
Lt GS à
Ptit) ME a — AL nd J
Es Sn ES ——
tue-moi et envoie ma tête où tu voudras, car vivre
sans péché et aller où sont les pécheurs ne peut me convenir. ( {Il ne me répondit rien : et je suis convaincu qu'il ne connaissait pas la vérité de la question, Car attrister sans raison les cœurs des croyants et des croyantes est pire que de détruire la maison de Dieu. »
€ Or, j'en jure par Dieu, c’est moi aujourd’hui la vraie maison de Dieu. Tout le bien s’attache à ceci que quelqu un me fasse du bien, car c'est alors comme $ 1l faisait du bien à Dieu, à ses anges, à ses amis. Mais peut-être Dieu et ses amis sont trop élevés pour qu'arrive jusqu à la poussière de leur seuil le bien ou le mal de quelqu'un, mais ce qui arrive à Dieu m'arrive à moi. J'en jure par Dieu, celui qui ma emprisonné s’est emprisonné luimême, et il ne m arrive que ce que Dieu a ordonné.
Alors hélas ! hélas sur celui dont la main laisse échapper le mal, bien heureux celui qui prodigue le
bien. }»
Enfin, et pour résumer cette trop longue missive : L'autre question est affaire de ce bas monde. Feu Meu témed , une nuit, fit retirer tous les assistants etmême Hadji Molla Ahmed, puis il me dit : « Je sals fort bien que tout ce que j'ai acquis, je l’ai acquis parla violence, et cela appartient au Sahabez-Zéman. Je te le donne donc en entier, car tu esle Maitre de la Vérité et je te demande la permission d'en devenir possesseur. ( []l retira même une bague qu'il avait au doigt, et me la donna. Je pris la bague et la lui rendis et l’envoyai en possession de tout son bien. Dieu est témoin de ce que je dis là, et son témoignage suffit. » « Je neveux pas un dinar de ces biens, ajoute le Bab, mais c'est à vous à ordonner comme bon vous semblera. » Mais comme pour toute contestation Dieu a demandélui-même le témoignage de deux témoins, au milieu de tous les
» savants, faites venir À Seyyëèd Yahya et Akhound » Moila Abdoul Khaleq. Ils vous montrerontet vous » expliqueront mes versets et de cet entretien ne sub- » sistera qu une seule chose, c'estla perfection de mon » témoignage. )
« De ces deux personnages, l'un m a connu avant la » manifestation, l’autre après ; tous deux me con- » naissent fort bien, et cest pourquoi je les ai » choisis. »
Et la lettre se termine par des preuves cabalistiques et des hadis.
Ainsi donc le Bab se déplaisait vivement dans sa prison et il y resta relativement longtemps puisqu'en . Somme le document que nous venons de citer est de 1264 et l'exécution du martyr n'eut lieu que le 27 Chahaban de l'an 1266 (8 juillet 1850).
Mais l'exécution fut précédée d'un changement de prison : on lui fit, en effet, quitter. Makou pour Tchéhériq. Mirza Taghi Khan, Emir Nizam qui était alors premier ministre, voyant que la révolution babie se dessinait de plus en plus et prenait une formidable apparence s'avisa que le meilleur moyen d'apaiser ioutes ces révoltes serait de supprimer celui qu il considérait comme le chef de tous ces mouvements, c'esta-dire le Bab lui-même.
Il en référa au Chah qui crut devoir lui faire remarquer que tous ces ennuis étaient dus à Hadii Mirza Aghaci, l’ancien Sadr A’azam de son père, qui ordonna l’emprisonnement du Réformateur à Makou Sans l'avoir fait venir à Téhéran où on l'aurait soumis à une enquête. « Aussi le vulgaire a-t-il cru » qu'il y avait en lui une science ou un miracle » quelconque. Si on l'avait laissé venir à léhéran et » y discuter publiquement, on se serait vite aperçu » quil n'y avait rien en lui. »
Ces réflexions judicieuses attirèrent une réponse digne d'admiration : « Les paroles des Rois, sont les
» Rois des Paroles », fit observer le premier vizir
d'un ton convaincu { ce qui nempêche pas, ajouta- » t-il, que nousn’avons plus aujourd'hui d autre moyen » que de le tuer. »
Jene sais si la conversation dura longtemps sur ce ton, toujours est-il que Soleïman Khan Aîfchar fut envoyé à Tauris pour y procéder à l'exécution.
Quand Soleiman Khan fut arrivé à destination, Hamzé Mirza Ichmèt ed Dowlèh — qui était alors gouverneur de l’Azerbaïdjan — ordonna de faire venir Je Bab de Tchéhériq. On fit amener en même tem ps ses disciples qui le suivaient partout, c'est-à-dire À Séyyëd Housseïn et Molla Mohammed Yezdi.
On invita alors les oulémas à une grande conférence, mais ceux-ci s'y refusèrent, déclarant que les idées de l'accusé étaient hérésiarques et que, par cela même 1l méritait la mort.
Ichmèt ed Dowlèh, voyant le dégoût — je traduiïs en .ce moment un auteur musulman — des oulémas, fit venir de nuit le Bab qui se serait rencontré, dans une réunion préparée à cet effet, avec Mirza Hassan Khan Vézir Nizam et Hadji Mirza Ali. Ceux-ci l’auraient interrogé sur l'explication d’un hadis diffeileetle Réformateur serait — ce qui est invraisemblable — resté coi. Alors Ichmet ed Dowlëéh, prenant la parole, lui demanda de faire descendre des versets au sujet des flambeaux de cristal : le Babobéit, mais on écrivit ce qu’il répondit. Quelques instants apres, invité à répéter une seconde fois les mêmes versets, il ne put le faire. Dès lors, il était jugé, et il fui condamné àamort. |
Cependant on voulut que l'exécution fut publique, car on pensait que si elle avait lieu secrètement, rien ne pourrait empécher le peuple de croire à une ascension miraculeuse au ciel. On décida donc que le Bab serait promené à travers les rues de la ville ei “exécuté sur la grande place — qui, chose étrange,
porte à Tauris le nom de Place du Sahab-ëèz- Zèman.
On prit donc le Séyyëd avec Molla Mohammed
Ali Yezdi et Seyyèd Housseïn : on les conduisit chez Hadji Mirza Bagher Imam Djoum’èh de la ville, chez Molla Mohammed Mamaqaniet chez À Seyyèd Ali Zénouzi. Ceux-ci délivrèrent un fetva ordonnant l'exécution.
Dés lors commença la promenade douloureuse à travers les bazars, au cours de laquelle À Seyyèd Houssein — chargé par son Maitre de l'exécution de ses dernières volontés se rétracta, renia le Bab, et sur l'ordre des bourreaux lui cracha à la face.
Il accomplit la mission qui lui avait été confiée et fut, un peu plus tard, exécuté à Téhéran.
Arrivé sur la place fatale, on fit en vain tous les €forts pour détacher Molla Mohammed Ali de ses convictions ; on fit venir sa femme et ses petits enfants : il refusa obstinément de les écouter, se bornant à demander comme dernière grâce d’être tué avant son maitre.
C’est alors que se passa un fait étrange, unique dans les annales de l'humanité. Les deux compagnons solidement attachés virent se placer devanteux le régiment chrétien des Bahadourans. À un signal donné par leur Chef les soldats tirèrent. On vit alors, on vit Molla Mohammed Ali couvert de blessures, mourir en se lournant vers son maître, et ses paroles, vinrent épouvanter les assistants : « Maître, disait-il, maître, es tu Content de moi ? »
Les balles étaient venues couper les cordes qui retenaient Je Bab, celui-ci retomba sur ses pieds, Sans une égratignure. «Ah !si à ce momentil avait dé- Couvert sa poitrine » dit l'historien des Moutanabyins, et sil se fut mis à crier : O soldats, o hommes, vous êtes vous-mêmes témoins de ce miracle que sur 1000 balles pas une seule n’a pu m'atteindre, et quelques
unes sont venues couper mes liens, tous se fussent en hurlant, précipité à ses pieds. » Mais, continue notre auteur, Dieu voulut faire connaitre la vérité: c'est pourquoi il le fit fuir.
Je ne suis, et ne puis être, en ce qui concerne ces derniers mots de l'avis d’Ethézad ès Saltanéh: les chrétiens sont en effet convaincus que si Jésus-Christ avait voulu descendre vivant de la croix, il l'eût fait sans difüiculté : il est mort volontairement, parcequ'il devait mourir et pour accomplir les prophéties. Il en ést de même pour le Bab, disent les babi, qui voulut donner anssi une sanction évidente à ses paroles. Lui aussi mourut volontairement, parceque sa mort devait sauver l'humanité. |
Qui dira jamais les paroles que le Bab put prononcer au millieu du tumulte sans nom qui accueillit son départ: qui saura quels souvenirs agitaient sa belle âme, qui nous dira jamais le secret de cette mort.
Quoiqu'il en soit, les soldats le reprirent, l’attachérent de nouveau au poteau infâme, et cette fois Seyyèd Ali Mohammed rendit son âme à Dieu.
Ce fut le lundi 27 chahaban qu'’eut lieu cet événementi,