SUR SGANARELLE. XV
Plus tard, le succès de la pièce de Molière inspira à Poisson la pensée de mettre à la scène un nouveau ^aharelle. Cette comédie, qui parut à Phôtel de Bourgogne au mois d'août 1672, était intitulée le Cocu battu et content,
Molière avait trouvé l'idée première de la sienne dans un canevas italien : // Ritratto ovvero Arîi* chino comuto per opinione { Le Portrait ou Arlequin cornu en imagination). Suivant toute vraisemblance, il se contenta d'imiter l'intrigue. Les traits de son génie éclatent dans les moindres détails de l'œuvre transformée : bouffonnerie des situations, étude approfondie des caractères, énergie comique du style, emploi des gauloiseries du vieil âge merveilleusement renouvelées. Voilà Molière entier.
Dernière remarque. Nous allons voir réapparaître le SganareÛe du Médecin volant. Mascarille, — Mascarillus imperator! est détrôné. Un autre prend sa place dans la galerie des types moiièresques, ce Sganarelle qui sera bientôt légendaire, personnage sublime en son genre, un idéal de laideur et de gaieté.
Le sous-titre de la pièce de Sganarelle a aussi son histoire, — longue et plaisante histoire. Au moment où Molière l'écrivit , le gros mot que
La même. (Hollande), Wolfgang, Le Quterendo, 1662. In>i2 de 5 ff. 7 compris le titre et 26 pp.
La même, avec une préface de M. Paul Lacroix. Turin, J. Gay et fils, 1870, In-12 de x-48 pp.