‹ Shakespeare (volume 2)Chapitre 67 sur 112 · Roméo et Juliette, act. m, se · texte numérisé non relu

Roméo et Juliette, act. m, se

TRAGiDIES. M3

mêmes; ils obéissent à uti seDtiment plus fort qu'eux qui absorbe foutes leurs pensées. Ds ue ealeulent ni ne réfléchissent. Us le feraient, s*ils étaient maîtres de leur volonté. Mais il n^y a plus chez eux ni prudence ni sanf^ froid. Pourvu qu'ils se revoient, tout est bien. Les parents de Juliette veulent la forcer à épouser le comte Paris; elle va trouver le frère Laurent et lui demande un moyen, quel qu'il soit, d'échapper à cette contrainte. H n'y en a qu'un, lui répond le père; il est terrible. Il faut boire un breuvage narcotique, passer pour mort et se laisser ensevelir vivant dans le tombeau des Capulets, à cAté de Tybalt récemment tué. Une nature phis calme reculerait d'épouvante devant cette pensée.«N'aurez-vous pas peur, dit le moine à Juliette, en lui présentant la fiole fatale?— « Donnez, donnez, reprend !a jeune iffle ; ne me parlez pas de crainte. Amour, donne-moi la force, ajoute-t^lle aussitôt tout bas, et cette force sera mon salut '. » Avant de boire, elle sait à quel danger die s'expose, son imagination lui représente l'horreur d'un caveau, le réveil lugubre d'un être Privant à côté des morts, et toutes les angoisses de l'attente en un pareil lien. Néanmoins elle n'hésite pas et elle vide la fiole.

Cest toujours le premier mouvement qui décide du sort des natures passipnnées. Shalspeare le sait bien et fl le montre, quand il peint la mort de Roméo et de Juliette. Dès que Roméo a entendu dire que Juliette est morte, lui aussi, il veut mourîr.<K Oui, Juliette, s'écrie-t-il, je dormirai cette nuit auprès de toi. 0 pensée de destruction que tu es prompte àf oflFrir aux regards du malheureux sans espoir I » Il n'a pas besoin de plus amples in-

Page 1