‹ Shakespeare (volume 2)Chapitre 7 sur 112 · PRÉFACE* XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE* XV

Je n'ai point reculé devant cette partie toute personnelle de ma tâche. Si, depuis six ans que j'ai commencé à étudier le théâtre anglais, j'ai pris pour compagnons de route les critiques de Shakspeare, c'est avec celui-ci pourtant que j'ai le plus vécu, et c'est lui qui m'a le plus appris sur lui-même. Lire ses pièces dans le cabinet, en expliquer de nombreux fragments dans un cours public, le voir jouer par les acteurs les plus intelligents de l'Angleterre et de l'AUemagne, à Londres, à Edimbourg, à Dresde et à Berlin, ainsi que je l'ai fait, puis savourer lentement le plaisir intellectuel et les émotions qu'elles procurent, et réunir ensuite comme en un faisceau tous ces souvenirs dispersés, c'est encore là peutêtre la meilleure manière de le comprendre; c'est à coup sûr la plus agréable. Quand je n'aurais obtenu, en composant ce volume, d'autre résultat que de passer quelques années de ma vie dans l'intimité d'un si aijnable et si grand esprit, je ne regretterais pas le temps qu'il m'a coûté.

Décembre 1860.

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