‹ Shakespeare (volume 2)Chapitre 70 sur 112 · Roméo et Juliette f act* m, se · texte numérisé non relu

Roméo et Juliette f act* m, se

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lève-^toi, jeune homme I Elle vit, ta Juliette, pour l'amour de laquelle tu mourais tout à l'heure ; en cela tu es heureux. Tybalt voulait te tuer et tu as tué Tybalt ; en cela tu es encore heureux. La loi, qui te menaçait de la mort, devient ton amie et se change en exil ; en cela tu es encore heureux. Un déluge de bonheurs pleuvent sur toi ; la fortune te sourit dans son plus bel appareil ; mais toi, comme une jeune fille mal élevée et maussade, tu rejettes ta fortune et ton amour. Prends garde , prends garde ; car ceux qui sont ainsi meurent misérables ' . »

La passion est vaincue et c'est la raison qui l'emporte. Celle-ci n'a pas seulement à lutter contre la jeunesse ; elle lutte contre les sentiments extrêmes, quel que soit Tâge de ceux qui les éprouvent , et elle ne fait pas plus grâce à la douleur désordonnée des parents de Juliette qu'aux désespoirs amoureux de Roméo. Quand le vieux Capulet croit que sa fille est morte, lui qui l'a traitée rudement et qui est cause de cette mort apparente , il pousse des cris perçants et joint ses lamentations à celles de sa femme et de la nourrice. « Silence ! dit le moine, û'avez-vous pas de honte ? Le ciel et vous , aviez une part dans cette belle jeune fille ; maintenant le ciel la possède tout entière et c'e.st ce qu'il y a de mieux pour elle. La part d'elle-même qui vous appartenait , vous ne pouviez pas la préserver de la mort ; mais le ciel garde la sienne dans une vie étemelle. Ce que vous recherchiez surtout pour elle, c'était un accroissement de fortune; car votre ciel à vous , c'était son élévation. Et vous pleurez maintenant, maintenant que vous la voyez élevée au-dessus des nuages, aussi haut que le ciel lui-même Oh 1 dans votre affection, comme vous aimiez mal votre

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