Génrious, Shakspearef t. IIU
332 SHAKSPBABB.
A ce portrait sévère d*flamlet, c'est-à-dire de l'Allemagne, H. Gervinus oppose la figure vive et énergique de Henri V qui lui paratt le personnage préféré de Shakspeare et le véritable représentant des qualités de la race anglosaxonne. < Ne soyez pas tristes et rêveurs comme Ham* let, semble-t-il dire à ses compatriotes , soyez gais comnie le prince Henri, sachez rire avec lui des plaisanteries de FalstaiF, et, quand il faut agir, soyez aussi actifs que le vainqueur d'Azincourt.»
Rien n'est plus louable que le patriotisme du critique. Mais la politique l'entraîne un peu loin quand il prétend que Shakspeare n'a point de sympathie pour Hamlet, et qu'en traçant ce caractère, le poète fait valoir la supériorité de celui de Henri Y. Il serait plus juste de dire que Skakspeare ne compare point ses personnages l'un à l'autre, et que, s'il les a fait parler plus d'une fois en son propre nom, qomme nous l'avons remarqué, il ne leur frit pas exprimer des sentiments qui se combattent, mais des états différents de son âme. Henri F, dans ce qu'il a de commun avec l'écrivain, représente la période de sa vie la plus voisine de la première jeunesse, temps heureux où la gaieté et le sérieux se mêlent à doses égales, tandis qa'Hamlet exprime l'inévitable mélancolie de l^ge mûr, aggravée encore par quelque malheur secret, dette seconde manifestation de la pensée de Shakspeare est plus claire même que la première, car il a remanié Hamlet trois fois, et ce qu'il y a ajouté semble l'expressioa de ses sentiments les plus intimes. Il blâme, d'ailleursi si peu la mélancolie à cette époque de sa vie, il y est au contraire si enclin, qu'il reprend la même thèse dans 7¥« mon d'Athènes y et qu'il la pousse jusqu'à la misan-fhropie.