‹ Shakespeare (volume 2)Chapitre 77 sur 112 · TIMON D* ATHÈNES · texte numérisé non relu

TIMON D* ATHÈNES

Cette pièce est une des plus étranges de Shakspeare ; on y reconnaît à certaines touches la main d'un maître , mais elle porte en général des traces de précipitation ou de lassitude. Les inégalités qu'on y remarque ont beaucoup embarrassé les critiques fanatiques qui ne tolèrent pas la moindre réserve, en jugeant les œuvres de leur poète favori. Ils aiment mieux, pour le justifier, accepter les conjectures les plus invraisemblables, que reconnaître qu'il a pu se tromper. Coleridge suppose que le texte original de Timon, qui devait être, suivant lui, une production achevée, a été détruit par les comédiens". Knight croit que c'est simplement une vieille pièce que Shakspeare a remaniée en quelques jours pour le théâtre, comme Péricles^.

Ce qui est certain, c'est qu'il y a là une tragédie sans action tragique et sans unité. On ne peut pas donner le nom d'action à l'événement qui change les sentiments de Timon, en lui révélant la per\'ersité des hommes. L'unité n'existe pas non plus, car l'histoire d'Alcibiade, qui n'a aucun lien direct avec le sujet de la pièce, y tient cependant une place importante. Il a manqué à Shakspeare, dans cette occasion, un canevas tout fait, comme celui dont il s'est servi pour la plupart de ses œuvres. En même temps, il lui était fort difficile de suppléer, par la

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