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Midsummer night's dream, act. m, se

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rapidement que la pensée, que le nuage emporte Vers les pays enchantés de TOrient et que. le souffle du vent ramène vers le Nord , le plus origiital et le plus anglais , c'est Puck, le messager d*Obéron, sous les traits duquel le peuple britannique reconnaît sans peine Robin good fellow , lutin rustique dont les vieilles femmes s'entretenaient souvent le soir, au coin du feu, devant Tâtre pétillant, quand elles filaient pendant les longues soirées d'hiver.

" Robin, chanté par les ballades, était devenu le héros de plus d'une légende populaire. En 1588 même, on composa sa biographie, que Shakspeare eut certainement entre les mains. Il n'était ni malfaisant ni méchant, mais il aimait à se moquer des mortels et il les poursuivait de mille taquineries. C'était lui qui, sous la forme d'un ^ feu follet, égarait le voyageur dans les bois, qui dispersait le troupeau pour faire courir le berger , qui se mêlait aux entretiens sans se laisser voir, et en interrompait le fil par des propos ironiques que les interlocuteurs s'imputaient l'un à l'autre. Shakspeare ne lui laisse de cette malice que ce qu'il faut pour amuser les spectateurs, et le représente avec intention sous des traits plus aimables encore que la légende. Il le charge bien, il est vrai , d'amener des quiproquo entre les amants ; mais c'est par méprise et non à dessein que Puck les abuse, et sa seule méchanceté consiste à rire de leur erreur au lieu de les plaindre. Il verse sur les yeux de Lysandre une liqueur amoureuse qu'il devait verser sur ceux de Démétrius, et il provoque ainsi une série de malentendus qui l'égayent aux dépens de la sottise humaine.

Grâce à lui, Lysandre qui aimait Hermia l'abandonne pour courir après Hélène; Hélène qui aime Démétrius,

dont elle n'est point aimée et qui se croit incapable d'inspirer une passion, prend pour une plaisanterie la déclaration sincère que lui fait Lysandre; Démétrius converti se jette à son tour à ses pieds et lui fait Teffet d'un mauvais plaisant ligué avec un rival pour la mystifier; Hermia qui avait deux amants n'en a plus, et Hélène qui n'en avait point en a deux. « Que ces mortels sont fous I » dit le lutin qui assiste invisible aux métamorphoses et aux querelles des quatre personnages. On dirait ici que c'est Shakspeare lui-môme qui parle par la bouche du . messager aérien, et qui lai^e percer, à propos de l'amour, l'ironie fine et douce de sa jeunesse. Que de fois ne l'a-t-il pas traité de folie et n'en a-t-il pas dévoilé les erreurs dans ses comédies! Il en reconnaît néanmoins l'incontestable puissance, et, dans le Songe (Tune nuit d'été comihe dans ses œuvres comiques , après avoir ri des fautes que la passion fait commettre , il la traite sérieusement dès qu'elle est sérieuse , et il la récompense quand elle est sincère. Il ne peut même s'empêcher, tant il comprend la force de l'amour, dans ce sujet si léger qu'a choisi sa fantaisie , d'en parler au moins une fois avec émotion^et il touche involontairement au pathétique dans le rôle d'Hélène. Le discours que celle-ci prononce, quand elle se croit insultée par Démétrius et trahie par Hermia, retentit comme un écho de la tragédie au milieu des scènes les plus gaies. Mais ce n*est qu'un éclair de tristesse qui traverse le ciel sans nuages du drame fantastique. En définitive, Cupidon et les Sylphes, qui exercent ici une influence décisive sur la .destinée des mortels, n'embrouillent à dessein les fils de l'intrigue que pour rendre plus sensible Theureux dénoûment vers lequel ils la conduisent. Ils terminent tout par trois ma^

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riagcs, conclusion digne de la fête pour laquelle Shakspeare compose le Songe d'une nuit d'été. Le dieu d'hymen préside à la fiction comme à Tévénement réel qui rassemble les spectateurs. C'est un trait de couleur locale.

Rien de plus conforme encore aux usages anglais que l'insertion d'une petite pièce dans la grande et le mélange du bouffon avec le merveilleux. L'intermède grotesque que jouent les artisans devant Thésée et Hippolyte révèle le goût général du public pour la grosse plaisanterie , en même temps qu'il rappelle une des coutumes favorites de l'aristocratie britannique. Non-seulement les gens de cour et la reine elle-même aimaient les facéties des clowns , comme le prouvent la faveur dont jouissait Tarleton, le fou d'Elisabeth, et la grande popularité du personnage de Falstaff ; mais il n'y avait guère alors de fête aristocratique où l'on ne fît représenter quelque scène burlesque par des artisans ou par des cultivateurs, dont la gaieté rustique égayait la noble assemblée. Elisabeth, lorsqu'elle allait visiter les provinces de son royaume, avait dû assister plus d'une fois à des représentations de ce genre. Shakspeare lui en offre ici un piquant souvenir. Afin de rendre cette bouffonnerie plus amusante , il choisit pour la plus ignorante et la plus prosaïque des troupes d'acteurs, pour quelques ouvriers sans éducation , un sujet très-poétique qui aurait besoin d'être joué avec un art profond , et il saisit en même temps l'occasion de se moquer du style déclamatoire de quelques dramaturges, du jeu des mauvais comédiens et de la pauvreté de certains théâtres. La pièce qu'il fait jouer par un tisserand, par un menuisier, par un charpentier, par un chaudronnier et par un tailleur, n'est rien moins

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que rhistoire si touchante de Pyrame et de Thisbé. La rudesse des acteurs contraste avec l'extrême délicatesse des sentiments qu'ils doivent exprimer. Leur ton seul fait rire, comme une série de notes fausses et criardes. L'insuflSsance des décors dont ils disposent augmente l'hilarité. L'un d'eux est obligé de s'enduire de crépi et de chaux pour représenter une muraille, et ce sont ses doigts écartés qui figurent les fentes à travers lesquelles doivent se parler Pyrame et Thisbé. Un autre, accompagné d'un chien et d'un fagot d'épines, tient la place du €lair de lune. Les paroles qu'ils prononcent complètent l'effet grotesque de la mise en scène. C'est la parodie des phrases banales et emphatiques qui traînent dans les œuvres de Kyd et de quelques autres méchants poètes. Quand 6n entend Pyrame s'écrier : « 0 nuit au visage sombre! ô nuit noire! ô nuit qui es partout où le jour n'est pas! ô nuit! ô nuit! hélas! hélas! hélas!* » on ne peut s'empêcher de penser aux monologues remplis d'exclamations de la fameuse tragédie espagnole.

Les courtisans rient à gorge déployée de toutes les bévues des acteurs improvisés. Thésée seul, qui représente ici Elisabeth, les traite avec indulgence. C'est une flatterie délicate à l'adresse de la reine et une manière adroite de la remercier de la bienveillance avec laquelle «lie reçoit tous ceux qui font effort pour lui plaire, quelle que soit l'insuffisance de leur esprit et des moyens dont ils disposent. Son entourage ne voit que les ridicules. Elle seule tient compte des intentions plus que du résultat, et démêle, sous l'embarras de ses sujets que sa présence paralyse , la sincérité de leur dévoue-

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