‹ ShakespeareChapitre 35 sur 137 · The Merchant oj Veuice, act. i, se · texte numérisé non relu

The Merchant oj Veuice, act. i, se

iiO SHÂKSPEARE.

huissier, retiens-le quinze jours d'avance. S'il. ne me paye pas, il faut que j*aie son cœur '. »

La haine de Shylock contre les chrétiens s'est encore augmentée depuis le marché qu'il a conclu. Il a une autre injure à venger. Sa fille Jessica s'est enfuie avec un jeune gentilhomme de Venise , emportant dans sa fuite une cassette remplie de bijoux et d'objets précieux. Un chrétien a enlevé au juif son enfant et son or. Nouveau sujet de colère pour le juif, nouveau motif pour lui de traiter sans pitié le chrétien que la fortune a fait tomber entre ses mains.

n est remarquable que les écrivains anglais qui ont peint des Israélites aient placé à côté d'eux , comme pour adoucir la sombre expression de leur physionomie, une gracieuse figure de jeune fille. Le Barrabas de Marlowe, si cruel et si artificieux, est le père d'Âbigaïl qui se fait chrétienne par amour. La joyeuse Jessica noue une intrigue d'amour, pendant que son père nourrit ses projets de vengeance. Si les traits des juifs sont durs et repoussants, ceux de la juive, au contraire, nous attirent par une expression aimable de douceur et d'élégance. Il semble que les deux poètes exceptent les femmes de la proscription qui pèse sur leur race , et qu'ils leur attribuent la beauté physique , comme le , rayonnement d'une belle âme. Walter Scott, qiu a repris cette donnée, l'a singulièrement embellie et poétisée dans Jvanhoe, Il a fait de Rébecca, la fille d'Isaac d'York, l'idéal de la pureté virginale, du dévouement au devoir et de l'héroïsme féminin.

Ce que j'admire surtout dans le caractère de Shylock, .

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