‹ ShakespeareChapitre 4 sur 137 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

ce langage tantôt sonore comme la trompette guerrière, tantôt lamentable comme une marche funèbre , ces exclamations entrecoupées, ces cris et ces transports, tout cela s'explique-t-il par le simple travail de la raison ou par le désir de démontrer une vérité générale ?

Sans doute Shakspeare est philosophe , si l'on veut dire par là qu^il connaît le cœur de l'homme et qu'il en analyse les plus secrets mouvements; mais ce n'est point un théoricien constamment attentif à dégager des principes (Ju'il a posés une conclusion philosophique. Quoi de plus libre , au contraire, que ses conceptions ? Quel art plus indépendant que le sien des théories préconçues? Quel théâtre où il y ait moins de parti pris, plus de variété et plus d'effets imprévus? On dirait que la diversité de ses œuvres exclut toute idée de système. Comment rattacher au même principe les Joyeuses Femmes de Windsor ^ Jules César et /a Tempète^f

La critique gerinanique commence maintenant à sortir des ténèbres où elle s'est volontairement enfoncée et où les compatriotesT'mémès du poëte ne pouvaient plus la suivre. M. Gervinus, esprit puissant et profond, sans se soustraire complètement aux tendances systématiques de ses compatriotes , se moque cejpendant de l'erreur des philosophes qui ouvrent un cours d'esthétique y propos de Shakspeare, et de celle des romantiques qui lui attribuent leurs propres théories sur l'art.

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