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PREFACE. XI

M. Kreyssig, qui lui succède, se sépare encore plus nettement des critiques fanatiques et des critiques obscurs; car il n'admet pas que tout soit admirable dans Shakspeare, et encdre moins que ses drames o£Erent une étemelle matière de discussions philosophiques. Par là il se rapproche, sans se Tavouer, des idées que la critique française exprimé depuis le commencement de ce siècle, et qu'ont adoptées chez nous les esprits les plus éclairés. On est bien près de penser comme nous quand on reconnaît que Shakspeare est le poète le plus merveilleux des temps modernes , tout en faisant la part de ses imperfections et en déclarant qu'on renonce à parler de lui sur le ton du dithyrambe ou dans le style de la métaphysique.

Pendant que M. Kreyssig rompt ainsi, à notre exemple, avec les préjugés de l'Allemagne, il nous arrive du fond de l'Angleterre un secours inespéré , et l'auteur anonyme de la nouvelle exégèse de Shakspeare, pubUée en^ 1839 à Edimbourg, signale la faiblesse, l'inconsistance et la grossièreté de l'esprit germanique , tandis qu'il met en lumière toutes les qualités solides et brillantes de^l'esprit français. Il ne tient aucun compte de la critique de M. Gervinus, qu'il ne daigne même pas nommer ; mais il fait grand cas de celle de M. Guizot, qu'il cite avec respect, tout en lui demandant la permission de le combattre quelquefois. En même temps parait, dans une nouvelle Revue an-

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