‹ ShakespeareChapitre 45 sur 137 · King Henri VIII. act. m, se · texte numérisé non relu

King Henri VIII. act. m, se

^u'^)0$. I>e^éiKH>iie ei Ophélie iHit la beauté de Fidéal, C^tt^erùie e$l belle coomuie un po»rtrait d'après nature.

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A c^é (fc^ Éewauutes (ioat le eoraetère est motus altéré ^ar la p0Îi^b4^ute qw eehti des^àoeimes. qiri coaservent ^itiieuA qu'eijt-v v rn^ème (hmâ^ le rari^ Le çbs& élevé , les tjWtits ll3i)ituek dte la ir«ifctw!e bLOtomine^ et qui, par couse- (fii:tk^^,. 3oaÉ les persuima(ies «^'il est le plus (iiMcile (jf^^socier aui mouvemeufc (îes drames historii^es, le ^ët*? place , comme pour ubonler toutes les dlifieuites (Ja mettre, les^ maoiiis puliliques de taous- les êtres, les enïmii&* Geu^ci, qui jouetit uu grand rùie dans lu vie. n en joueu]; presqa'uueun dansFhistuire, et iltautun art inuni paur les ^ iiiti*oduire ù propos. Shakspeare a résolu oe problème habilement. U a mis en scène trois entant&> et sans leur donner plus d'importance que a en mente leur %e, surtout sans^ leur prêter des idées supeneures à celles qu ils^ doivent naturellement avoir, il lésa rendus^ iutei*essants <ài touuhant&> tout en restant îidèle à la vi*iiisembianoe. Le pathétique domine leurs^ situations diyei'ses. Us^se itàs^semblent pai^ la tristesse de leui*s destinées^: et cependant, malgré ce trait commun, le petite a su vaiiei* Texpi^essiou de leurs^ physionomies.

Deux «rentre eux sont trèi-es^ et paraissent ♦3nsembU: dans^ Kiciiai*d lU : ce sont lee^cot'antSrd^Bdouai-tl 11, .|ue le tabieau de Delai^ociie et la tra^^édie de Ca2^imu* Dtk^t^ \i^j^ uut popuiai'ises e« bVajuce. 14e puete et rartiiie tfiittVMi2>- W^. uUfc itfija'eseiâtéô- teis- que? ^iuk&pieai-e [e^

avait déjà peints. C'est Shakspeare qui a eu le premier ridée d'opposer la gaieté spirituelle du duc d'York à la mélancolie et à la gravité précoce du prince de Galles. Il a donné à tous deux les grâces de l'enfance ; mais chez l'un elles sont vives et joyeuses, tandis que, chez l'autre, elles paraissent voilées de tristesse. En sa qualité d'aîné et d'héritier de la couronne, Edouard a plus de soucis que son frère ; destiné à régner, il cherche à s'en rendre digne par le travail et par le développement de sa raison. Richard jouit, sans inquiétude, du plaisir de vivre. Le jeune roi songe aux devoirs que la vie lui impose, aux exemples que lui lègue l'histoire et aux inimitiés qui divisent la famille royale.

Shakspeare, dont le sujet est Richard III, fait moins parler les enfants d'Edouard que Casimir Delavigne qui les a choisis pour les héros de sa pièce. Mais le petit nombre de scènes où il nous les montre suffisent pour les caractériser, et contiennent en germe toute la tragédie moderne. Il a mis, lui aussi, dans la bouche du duc d'York, des plaisanteries piquantes qui blessent lord Glocester.

Mauvaise herbe est précoce et croît avant le temps : Le proverbe dit vrai...

dit le protecteur, dans la pièce française , et Richard répond :

Voilà pourquoi, je gage, A quelqu'un que je sais l'esprit vint avant l'âge.

L'idée est tirée de Shakspeare; seulement elle est accommodée au goût de notre société. Ce changement était inévitable. Le duc d'York de Casimir Delavigne est un enfant de Paris, plus fin qu'un jeune Anglais du seizième

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« Tant de sagesse à son âge, se dit tout bas le protecteur ! Les enfants précoces ne vivent pas longtemps. »

Quand ils ont tant d'esprit, les enfants vivent peu,

lui fait dire Casimir Delavigne, dans une autre circonstance.

L^Ëdouard français ne confesse pas ainsi de lui-même ses sentiments. Ce n*est pas un mouvement spontané qui le fait parler. Il tombe dans le piège que lui tend Glocester qui Tinterroge, et ses confidences sont provoquées par des questions perfides.

Sera-t-il, cet enfant, mon esclave ou mon maître? Pour le laissgr régner, c'est ce qu'il faut connalire,

s'est dit le protecteur, et il étudie le caractère de son neveu. Le résultat de ses observations est la condamnation du prince. Le Richard III de Shakspeare n'a pas besoin d'avoir un tel motif pour commettre le meurtre. Il tue Edouard, non parce qu'Edouard est intelligent, mais parce qu'il est roi. .

Shakspeare, qui ne recule pas en général devant les scènes sanglantes, a eu cette fois l'heureuse idée d'épargner aux spectateurs la vue de l'assassinat des enfants d'Edouard. Il cache le crime aux yeux et il se contente de le faire raconter par le chef des assassins, Tyrrel, dont Casimir Delavigne a poétisé la physionomie. C'est une des rares occasions où le poëte anglais a préféré le récit à l'action. Il n'en a pas moins atteint le pathétique, sans aucun des moyens violents qu'il emploie souvent. Rien de plus touchant que les détails qu'il place dans la bouche de Tyrrel : « Dighton et Forrest, que j'avais payés pour commettre cette horrible boucherie , quoique ce

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soient des scélérats endurcis, des dogues sanguinaires, attendris et toochés d'une douce compassion, pleuraient, comme des en&nts, en faisant la triste histoire de leur mort. — Cest ainsi, disait Dighton, qu*étaient couchés ces aimables enfants. — Voilà, voilà, ajoutait Forrest, comme ils se tenaient mutuellement embrassés dans leurs bras innocents et blancs conune l'albâtre. Leurs lèvres étaient quatre roses rouges sur une seule tige, se baisant Tune l'autre, dans toute la fleur de la beauté. Un livre de prières était placé sur leur chevet. * > Nous avons là l'idée première du tableau de Delaroche.

Shakspeare a mis en scène, dans ses drames historiques, un autre enfant dont la destinée n'est pas moins lamentable que celle des fils d'Edouard lY, et dont il a peint les douleurs avec une sensibilité profonde : c'est le jeune Arthur de Bretagne, héritier légitime de la couronne d'Angleterre, dépossédé par son oncle Jean et obligé de chercher un refuge en France, à la cour de Philippe-Auguste. Dans une bataille où les Français sont vaincus, Arthur est pris et confié par l'usurpateur à un geôlier qui a reçu l'ordre de lui crever les yeux. Cette donnée tragique a inspiré au poëte une scène célèbre, où l'enfant, par ses supplications, attendrit son gardien. Tout n'y est pas naturel ; elle renferme même des traits de mauvais goût; mais le ton général en est admirable et les belles parties en ont fait oublier, comme cela devait être, les parties défectueuses. Ce qui y est surtout bien peint, c'est la grâce ingénue d'Arthur et la sensibilité involontaire du geôlier.

Il est rare que le cœur de l'homme, même de celui

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