‹ Shakespeare en Russie, 1748-1840 (étude de littérature comparée)Chapitre 21 sur 41 · III · texte numérisé non relu

III

' Cité par Pypine. Bêlinski, ego jizn i perepiska, I, 253-254, note i.

Il dressait un inventaire implacable des fautes, ^ dont voici quelques-unes : la plupart des détails concourant à donner dans sa plénitude l'impression de l'extraordinaire et du surnaturel sont sacrifiés ; Claudius est devenu un être sans dignité, bavard et poltron ; la première présentation de Fortinbras est omise, et dans son apparition finale il ressemble à une " poupée ", alors que le poète a voulu souligner son rôle historique. Le remaniement arbitraire des scènes donne des résultats comiques ; les affaires domestiques de Polonius se traitent dans la salle du trône. Hamlet sort pour suivre l'ombre et revient avec elle au même endroit. Pourquoi cette promenade ? Les entrées et les sorties des personnages sont livrées au hasard ; enfin le nombre des contresens est tel qu'on ne saurait les citer tous.

En 1840, le fils de Kroneberg, Andreï Ivanovitch, traducteur de Shakespeare, revenait à la charge. ^ Feignant de détendre Polevoï, il le complimentait ironiquement d'avoir " pénétré l'esprit de claire philosophie qui distingue notre siècle cultivé ", et d'avoir, en traitant dédaigneusement le surnaturel, élevé le drame au niveau de l'époque ; il se moquait copieusement d'une traduction faite " d'après Le Tourneur revu par Guizot ".

' Publié après sa mort dans les Literatournya pribaa^lenia k roussk. In-val. 1839, ^^> ^^ 1°» PP- 189-196.

^ Literatournaia Gazeta, 1840, 19 juin. Hamlet ispra'vlenny g^'^ Pole'vym.

Avec moins de vivacité, P. A. Pletnev ^ faisait les mêmes critiques : il regrettait que les " couleurs, l'individualité " de Shakespeare fussent sacrifiées au désir d' " arrondir des périodes ", de simplifier et d'écourter : c'était là, selon lui, la preuve d'une absence de tout sentiment poétique ; comparant le discours de Laertes à Ophélie dans Polevoï et dans Vrontchenko, il concluait à la supériorité de celui-ci, qui fait comprendre le poète, " comme une gravure fidèle fait comprendre une œuvre de Raphaël ". Au reste, il insistait sur l'extraordinaire difficulté de la tâche :

" Si vous avez réussi à rendre fidèlement ses idées fines, florissantes, éternellement nouvelles, si vous avez fait revivre et agir dans toute leur singularité et leur puissance ses personnages variés, appartenant au monde de l'histoire et de la fantaisie, si enfin vous avez réussi à éclairer chaque personnage à la lumière magique de la vérité dramatique et à le conduire à travers toute la carrière de la vie poétique, de telle sorte qu'il reste toujours constant, alors même, comme traducteur de Shakespeare, vous n'avez pas tout surmonté. Vous devez faire sentir à chaque expression que l'auteur était Anglais et poète du XVP siècle, deux conditions qui renferment une innombrable quantité d'exigences délicates. "

Pour parvenir à cet idéal, il fallait avoir un talent tout au moins " proche " du puissant esprit créateur. Pouchkine, en abrégeant Shakespeare,

' Literat. prib. k roussk. In<val. 1837, n" 44, 30 octobre. Shakespeare, et dans les Œuvres de Pletnev, I, 289-302.

en modifiant ses phrases, en ne retenant que ses " couleurs " avait été plus fidèle que maint traducteur littéral.

11 ne serait que trop facile d'accabler encore Polevoï sous les critiques de détail ; ses successeurs s'y sont employés avec bonheur. ^ Cependant, quelle que soit l'infidélité de son Hamlet^ il faut reconnaître que le premier, il a réellement popularisé Shakespeare. Il y a réussi non seulement grâce aux qualités de style dont parle Bêlinski, mais par l'accentuation du " romantisme " et des " effets " qui agissent sur la foule.

Par une rare fortune, sa traduction est encore jouée de nos jours, sur les théâtres russes. On peut s'affliger de voir, en plein XX*' siècle, se perpétuer cette image déformée du poète, qui fausse le goût et les idées du public ; cette vitalité semble la condamnation du système " progressif" préconisé par Pletnev et Bêlinski. Mais qui sait si cette traduction n'a pas été pour beaucoup une révélation, et le degré sur lequel on s'élève pour se rapprocher du vrai }

Même Bêlinski, admirateur de Shakespeare depuis le temps où, adolescent, il recueillait les paroles de son maître Popov, ou jouait chez les Ivanov le rôle de lago dans V Othello de Veliaminov, ^ avait, en écoutant le Hamlet de Polevoï interprété par Motchalov, plus profondément

^ Entre autres Zagouliaev et P. Gnêditch. 2 Pypine, Bêlinski, I, pp. 19 et 27.

pénétré le génie de Shakespeare, et éprouvé l'irrésistible besoin de l'expliquer à ses compatriotes. Voici les grands traits de cette étude qui, par sa précision et son accent, marque une date capitale dans riiistoire de Shakespeare en Russie.

En dépit des apparences, dit Bêlinski, le public russe est sensible au beau ; il a promptement condamné le classicisme " pourri, " les " hurlements prolongés " et le " poignard de bois " de la Melpomène française ; il a rejeté les " convulsions " du soi-disant jeune, mais en réalité " caduc " romantisme français, et s'est au contraire pénétré des " inspirations vivantes " de l'Allemagne et de l'Angleterre.

Shakespeare, éminemment objectif, a le don, comme dramaturge, de comprendre les objets tels qu'ils sont, de vivre de leur vie. Pour lui, il n'y a ni bien ni mal, mais seulement la vie qu'il contemple tranquillement, sans partialité. Si chez lui un scélérat apparaît comme le bourreau de soimême, ce n'est ni par raison d'édification, ni par haine du mal, mais parce que cela est dans la réalité, selon la loi éternelle de la raison d'après laquelle celui qui a rejeté volontairement l'amour et la lumière vit dans une atmosphère étouffante et douloureuse de ténèbres et de haine. Et si chez lui un personnage vertueux trouve dans la souffrance même un point d'appui, quelque chose de plus haut que le bonheur et le malheur, de nouveau ce n'est ni par édification ni par partialité

pour le bien, " mais selon la loi éternelle de la raison à la suite de laquelle l'amour et la lumière sont l'atmosphère naturelle de l'homme, dans laquelle il peut respirer légèrement et librement, même sous la lourde oppression du destin. "

On voit que Bêlinski recherche dans Shakespeare la vérification de l'axiome hégélien, qui, dans les années trente était son credo : " Tout ce qui est, est raisonnable ".

D'ailleurs, il ne confond pas objectivité avec impassibilité.

" L'impassibilité détruit la poésie, et Shakespeare est un grand poète. Seulement il ne sacrifie pas la réalité à ses idées favorites, mais sa façon triste, parfois douloureuse de regarder la vie, prouve qu'il a acheté cher la vérité de ses peintures ".

Hamlet c'est, comme l'a dit Goethe : " la faiblesse de la volonté jointe à la conscience du devoir ".

Déçu une première fois par le prompt remariage de sa mère, sa foi dans la dignité humaine est ébranlée ; il parle avec une ironie triste, puis avec des sarcasmes. La révélation de l'ombre de son père chéri, fait voir à cette âme, née pour le bien, le mal dans toute son horreur ; elle en conçoit une rage douloureuse, comprend son devoir, mais gémit d'avoir à redresser le destin. Telle est, selon "le génie universel de Gœthe ", la pensée fondamentale du drame.

La conversation sarcastique avec Ophélie trahit

l'état maladif de Hamlet, qui reporte sur elle le mépris qu'il ressent pour les femmes depuis le second mariage de sa mère. La preuve de la culpabilité de Claudius, fournie par le stratagème de la comédie, est plus amère et pénible à Hamlet que le doute. Hamlet se trompe lui-même en attribuant non à son indécision, mais à un besoin de plus complet châtiment, la remise de sa vengeance, pendant la prière du roi. La nouvelle apparition de l'ombre, au lieu de l'exciter, l'émeut et l'affaiblit. Puis, constatant que sa mère a pleuré par faiblesse, et non par profond repentir, il est envahi par le mépris et la rage. Il a conscience de son inaction et la déplore.

La gracieuse mort d'Ophélie nous réconcilie avec la vie, au lieu de nous révolter contre elle, comme le font ces défenseurs imaginaires de Shakespeare, " les génies myopes et microscopiques de la soi-disant jeune littérature française ".

Au cimetière, Hamlet est triste, comme un homme qui se prépare sans intérêt à une lutte importante, et qui prévoit un dénouement fatal et inévitable pour lui. " Cependant, le théoricien Hamlet, comme l'a ditGuizot, a déjoué les hommes pratiques. "

Le prince, malgré son pressentiment, accepte le combat avec Laertes. Il comprend la volonté de la Providence et lui obéit. Il n'est plus faible, mais décidé, apaisé et mélancolique. La destinée fait son œuvre.

Bêlinski démontre ensuite, suivant les idées hégéliennes, que les œuvres de Shakespeare sont la reproduction de l'univers, mais d'une manière consciente et libre. Chaque personnage est une image vivante de la réalité quotidienne.

Hamlet, belle âme, en est venu à connaître la dissonance, la lutte intérieure par suite du désaccord entre la réalité et son idéal de vie. De là sa faiblesse et son indécision. Mais l'harmonie lui revient avec la conviction qu' " il faut être toujours prêt ". La tristesse finale est empreinte de sérénité, parce que l'âme du spectateur ne voit plus dans la vie rien de fortuit ni de capricieux, mais la seule nécessité, et se réconcilie avec la réalité. L'idée de Hamlet, c'est la faiblesse de la volonté, mais seulement à la suite d'une rupture de l'harmonie, et non par l'effet de la nature du héros qui est un fort. Cependant, le véritable héros invisible de tous les drames de Shakespeare est la vie, ou pour mieux dire " l'esprit éternel qui se manifeste dans la vie des hommes et se découvre à lui-même en elle. En lui est son absolu. "

La leçon de la pièce est conforme à la théorie de Hegel. " Le spectateur sort du théâtre avec le sentiment de l'harmonie et de la paix dans l'âme, avec une vue éclairée de la vie, et réconcilié avec elle, parce que dans la lutte du fini et des intérêts personnels, il a vu une vie générale, mondiale, absolue, dans laquelle il n'y a ni bien ni mal relatif, mais où tout est bien absolu. "

Cette analyse laisse suffisamment voir les sources

du critique : Goethe, Hegel, et... Guizot ; ^ mais Bêlinski avait "repensé " avec tant de concentration d'esprit et de conviction les idées étrangères, et il les avait interprétées avec tant d'enthousiasme, qu'elles étaient devenues réellement siennes. En 1897 le savant anglicisant Storojenko lui rendait ce témoignage, qu'après soixante ans, c'était encore de tous les commentaires de Hamlet, celui qui paraissait le plus proche de la réalité. ^

Auprès de ces pages colorées, la critique de Pletnev^ semble pâle ; pourtant elle aussi apporte une contribution importante. Elle distingue le fantastique shakespearien de celui qui a pour seul but de faire naître l'étonnement et de captiver l'imagination : le premier est l'expansion naturelle d'un esprit, à l'étroit dans le monde terrestre, et qui veut découvrir tous les secrets de l'âme humaine. Elle montre que le poète réalise le miracle de concilier tous les goûts. " L'un aime la gaieté, l'autre l'émotion, un troisième la profondeur, un quatrième l'esprit ; multipliez ces besoins à l'infini, tous trouveront assez de pâture dans ses œuvres, tous pourront affirmer que Shakespeare appartient à leur école, à leur siècle, etc. " Cependant elle s'étend sur le caractère éminemment " anglais " du dramaturge.

^ C'est-à-dire la préface de la traduction de Guizot, signée B. (Barante).

^ Shakespeare i Bêlinski, €M.ir Boji, 1897, n" 3.

' Shakespeare — Literat. priba-u. k roussk. Inval. 1837.

Le professeur I.I. Davydov, ^ dans son cours de littérature, exprime les mêmes idées sur " le Prométhée qui a ouvert les portes du royaume magique des esprits" et a pénétré l'esprit de tous les peuples et de toutes les conditions ; il vante son comique, son mélange de prose et de vers, sa langue unique et "intraduisible", et il examine tour à tour Romeo, Othello, " tableau de Rembrandt ", Hamlet " tragédie de la pensée ", Macbeth, digne d'Eschyle, Lear, abîme de compassion. De son propre aveu, Davydov emprunte à Aug. Schlegel, à Gœthe et à Lessing le fond de son argumentation.

Dans le Sovremennik, ^ à propos de la troisième édition des Characters of Shakespeare^ splays, de Hazlitt, on reproduit la préface du livre et on rappelle la plupart des opinions anglaises et allemandes sur le poète, celle de Pope, la plus exacte, celle de Schlegel, influencée par la métaphysique, celle de Johnson, mesquine et timorée. Shakespeare est un Protée, le guide le plus sûr pour tous, chez qui on peut puiser sans crainte, car c'est puiser à *' l'humanité " ; il ne suit pas la nature, il va côte à côte avec elle. C'est le temps où A. I. Tourguenev, en soirée chez le comte Chouvalov, entend lire Romeo and Juliet, traduit par Emile Deschamps et Alfred de Vigny, et écrit dédaigneusement que la

1 Tchtenie o slo'vesnosti.

' 1838, t. XIII, pp. 123-124..

traduction serait bonne " si Shakespeare eût été un Français ". ^

Le philologue Iakov Grot lit en 1838 Shakespeare en anglais, et contrôle par l'original les traductions : Macbeth et Hamlet de Vrontchenko, Lear de Voss et Iakimov, Romeo and Juliet de Schlegel et Tieck, Measure for Measure des mêmes, et y Angelo de Pouchkine. ^ Le dramaturge lui révèle la " vie intérieure " de l'homme.

L'ardent nationaliste Serge Glinka écrit que le *' merveilleux Shakespeare " a deviné le secret de la véritable unité des oeuvres humaines, 1' "unité de pensée ", " Une légende rapporte qu'un anachorète écouta mille ans le chant d'un oiseau de paradis, et que cela lui parut un jour, une heure, une minute. Tel est l'enchantement des tragédies de Shakespeare ". ^ Le poète, dans la peinture de l'amour, a mis " l'âme et la voix de la nature ".* Il a découvert tous les secrets du cœur humain. ^ C'est avec raison que le duc de Marlborough déclarait apprendre l'histoire anglaise dans ces drames. ^

Toutes ces vues concordent pour dégager Shakespeare des imaginations romantiques. Il est devenu

1 Lettre au prince Viazemski, 22 décembre 1838 {Ostafe-uski Arkhi'v, IV, p. 57.)

* Lettre du 29 sept. 1845 ^ Pletnev {Perepiska, II, 572). ^ Z api ski, p. 8 I .

* Ib., p. 91.

* Ib., p. 158.

une source d'éternelle vérité humaine, un miroir du monde, un véritable microcosme. Désormais la parole est moi ns aux critiques qu'aux traducteurs, qui s'efforceront d'apporter les " pièces justificatives ". Or ceux-ci ne chôment pas. En 1837, Vrontchenko achève le Macbeth^ dont il avait dès 1833 adressé le premier acte au Moskovski Telegraf^ avec une lettre modeste pleine de scrupules et de doutes : ^ partagé entre le désir d'être fidèle et celui d'écrire des vers harmonieux, il ne savait à quoi se décider, en " désaccord avec lui-même ". Toutefois, malgré quelques tentatives d'émancipation, il revenait à sa méthode préférée d'exactitude, ne faisant d'exception que pour les passages " indécents " ^ ou obscurs. Dans ce dernier cas il traduisait non le texte, mais " les explications des commentateurs " ou les inspirations du " bon sens ". ^ Le résultat est remarquable par la conscience déployée, et le respect des intentions de l'auteur, * mais il n'est pas plus exempt que Hamlet des lourdeurs syntaxiques et des tours et termes livresques.

^ CMosko'vski Telegraf, 1833, LI.

' Par exemple à l'acte II (scène du portier), Vrontchenko écrit en note : " Les détails sur le quatrième effet produit par le vin ne sont pas traduits. Les curieux les trouveront dans l'original ""

' Remarques du traducteur.

* C'est ainsi que Vrontchenko remarque : " Une certaine pompe de style en divers endroits de la pièce, surtout à la i" scène du 2* acte, n'est pas l'œuvre de ma fantaisie, mais existe dans l'original ".

Satine^ donnait en vers élégants le premier dialogue entre Prospero et Ariel à l'acte I de The Tempest^ Meister ^ trois scènes de Richard ITl, un troisième, aux initiales 1. E-v, ^ une analyse de The Tempe sty et un épisode entre Caliban et Stephano. Un anonyme publiait une version des Merry IViv es of Windsor " pour la scène",* d'après les " deux traductions savantes de Guizot et de Schlegel ". Ce ne fut qu'un jeu pour Bêlinski de se moquer de cette compilation mal écrite et pleine de contresens, dus à l'incompréhension même du français et de l'allemand. N, F. Pavlov achevait sa traduction en prose de The Merchan of Venice, commencée depuis plusieurs années et le rédacteur des Otetchestvennya Zapiski ^ présentait orgueilleusement l'œuvre de son collaborateur comme " un modèle " du genre, attendu i° qu'elle

' Biblioteka dlia tchtenia, 1837, XXII.

^ Liter. pribav. k 7-oussk. Inval. 1838, n° 28.

^ Syn Otetchest-'ua, 1836, t. 6.

* Le traducteur disait gravement dans sa préface : " Le public veut voir sur la scène Shakespeare en entier, dans sa simplicité. Conformément aux règles et à la civilisation de son temps, Shakespeare se permettait souvent ce qu'on ne peut actuellement voir ou entendre sur la scène. Ses hommes et ses femmes restés seuls étaient réellement seuls, ne pensaient pas qu'une foule est devant eux, et disaient simplement et clairement ce qu'ils avaient sur le cœur. Et que ne se passe-t-il pas là parfois } De tels endroits doivent être adoucis... La langue de Shakespeare a vieilli ; s'il avait écrit même en russe, serait-il possible de l'écouter et de le comprendre au bout de tant d'années ? " Puis il s'en prenait aux " ennuyeux " changements de décors.

était faite d'après l'anglais, 2° qu'elle était en prose (condition d'exactitude), 3° qu'elle gardait les tours forcés et jusqu'à l'ordre des mots de l'original, alors qu'il eût été facile d'embellir et d'arrondir les phrases. En réalité c'était une traduction servile, ornée de quelques contresens ^, et où la langue russe était torturée sans profit pour Shakespeare.

Par contre, le premier acte de Romeo andjuliet^ rendu en vers par M. Katkov, ^ était une paraphrase hâtive, simplifiée à l'excès et dénuée de scrupules. M. Stroev, qui traduit des articles de Philarète Chasles, donne des fragments de l'acte V de Richard III, ^ et de l'acte III de Hamlet^ "* où le vers incolore s'alourdit d'archaïsmes et de gaucheries. A. Stouditski, dans l'acte III à' Othello^ * démontre involontairement que l'art métrique peut être entièrement étranger au sentiment de la poésie.

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