EPILOGUE
Quel est, au commencement des années quarante e b,]a„ de mfluence de Shakespeare ? On atu omme t, ,,,,„ ,^ ,^. ^^ f chaque ^Lu
a projeté u,consaemment sa mentalité sur le poète Ce prem.er rôle passif n'aurait exercé qu'une act bn
l'SÏrr' '.^°"%'^^ travestissements do t on attublait le genie n'avait çà et là percé
succès de la scène empruntent surtout à Shake speare des procédés extérieurs et des eiFets ATnsi
T,-<-o • ^nei, aux consolations dt-
^-TLiuen, et même aux
' Notamment en France Cf V r ij France. ' ^- ^aldensperger. Shakespeare en
discours d'un "chœur" au parterre.^ Pareillement Polevoï, dans Elena Glinskaia, s'inspire de Macbeth pour une scène de sorcellerie ; et, dans Ugolino, de Romeo and Juliet pour un duo d'amour dans un jardin, entre Nino et Veronika, mais le résultat est, selon l'expression de Bêlinski, une " parodie " plutôt qu'une imitation.^ Le " grand " Koukolnik, qui professe que Shakespeare est à la fois un génie et « de la drogue ", ' donne des tableaux historiques, fait mouvoir des masses populaires sur la scène et introduit dans son drame, La main du Tout-Puissant a sauvé la patrie, ' un épisode suggéré par la folie d'Ophélie. Mais cette littérature, qui n'a pu secouer l'emphase pseudo-classique, ne vit que " d'effets, qu'elle emprunte indifféremment aux auteurs de Wallenstein, de Gmz von Berlichingen et de Hamlet. Seuls quelques esprits véritablement supérieurs ont fait bénéficier la langue et la littérature russes de la leçon puisée dans Shakespeare. C'est en
1 Kikimora, parlant comme " chœur ", imagine que l'auteur lui a dit :
... Frère, il me faut un intermédiaire auprès du parterre,
Un gai, un intelligent interlocuteur,
Qui quelquefois, comme le chœur de Shakespeare
Lui explique mes sornettes... " (IH, 5).
Cf sur cette pièce d'un shakespearisme " à la Tieck ", I. V. Kirêevski (Œuvres, II, p. .6). Cf. aussi Bêlinski (Œuvres, II,
2 Œuvres de Bêlinski, III, p. 356-
^ I. I. Panaev. Literatournya Fospominania, p. 141-
* Ecrit en 1832, représenté en 1834.