‹ Shakespeare et l'antiquitéChapitre 109 sur 127 · II · texte numérisé non relu

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iM aOUtU. SBAUSTEAftl IT LÀ CRITIQUE ALLEMARDE.

dire ni de le penser. Je £ûs bon marché, au point de vue de Fart et de la poésie, des sages do théâtre de Molière, quelle qu'ait pu èlre dTailleurs, kisêoriquemenlj leur utilité, leur nécessité même pour moolrer que le poète ne partageait pas certaines exagéntkms. J'irai plus loin, et je ferai aux détracteurs de notre gnad oooiîque une concession très importante : je ne crois pas que la raisDB de Molière, ni la raison française en général , telle surtout qv'eUe est apparue au xtd* siècle, soit la plus haute qui se pniw coscemn elle esi trop respectueuse pour le sens commun, pov (^ pour les conTentions. pour les préjugés, pour les idéei et pour les grandeurs oflBcielles ; il lui manque cette € confite, comme disait Montaigne, au mépris des cboMS foftnkes ». Je reTÎendrai â fond sur ce sujet quand je traiterai de rhuBour. U y a néanmoins diTcrses observations à faire qui attêniieal conâdérablemem, â elles ne les réfutent pas toute faiL les critiques que je Tiens de résumer.

If ahonl. b boue comédie, comme Schiller Fa remarqué, ot* <wpt surtout la raison : elle met en jeu les facultés Ic^ques et iateUeduelles, à bi différence de la tragédie, qui s'adresse d^ tantage au sentiment, c Le monde, a dit Horace Walpole, est mie comédie et une tragédie ; une comédie pour Thomme qui pense, une tragédie pour Thomme qui sent. > Molière considérait le comique et le tragique comme identiques au fond, comme deux aspects différents de la même chose. Mettons-nous bien dans l'esprit que ni lui ni Shakespeare ne s'est jamais soucié des distinctious que fait Testhétique entre les diverses catégories du drame. Alceste, qui se croit trahi, fait à Célimène une scène de tragédie, et quelle scène ! jamais la passion n'a parlé un langage plus ému et plus enflammé ; c'est du lyrisme. Marianne, menacée d'être livrée & Tartuffe, se jette aux genoux de son père et lui adresse une prière si touchante, si suave, si pleine de tendresse etde larmes, qu'elle ornei*ait un chef-d'œuvre de Racine. Pas plus qu'entre la tragédie et la comédie, Molière ne distingue entre la haute comédie et la fai*ce : il mêle tous les genres ; son Misanthrope a des mots qui sont du style burlesque, et ses pièces bouffonnes sont pleines do traits d'une profonde observation. Molière sentait qu'à une certaine profondeur le comique doit toujours être sérieux, car à une certaine profondeur le comique to\icbe au tragique. Rienn'eat

plus superficiel et plus faux que l'opposition du tragique et du comique sur laquelle est fondée toute la théorie de Guillaume Schlegel. Jean-Paul a dit avec beaucoup de raison : « Nous manquons de comique parce que nous manquons de sérieux et que nous avons mis à sa place l'esprit. »

On reproche à Molière de manquer de libre inspiration poétique et d'avoir fait, dans une intention pratique trop ostensible, la satire des ridicules et des vices : je ne puis m'empêcher de croire qu'il y a dans cette critique du parti pris et du système plutôt que l'expression naïve et sincère d'un jugement de goût. II n'est pas V!^i que le ton général des comédies de Molière soit didactique, et que l'impression dominante qu'elles nous laissent soit celle d'une leçon reçue. L'art du grand poète se maintient avec beaucoup de tact et d'habileté dans cette région intermédiaire si bien définie par Schiller, quand il dit : « Le but du poète ne comporte ni le ton d'un homme qui châtie, ni le ton d'un homme qui amuse. L'un est trop sérieux pour un libre jeu de l'esprit, et la poésie ne doit jamais perdre ce caractère ; l'autre est trop frivole pour le sérieux qne nous voulons au fond de toute espèce de jeu poétique, t ajoutons que si Molière est sérieux, plus sérieux que Shakespeare duis ses comédies, il est gai aussi, très souvent, et d'une gaieté ffdle^ étourdissante, qui égale celle du poète anglais, c II n'y en a certes pas de plus vive, a dit Yinet. Molière ne rit pas du bout des lèvres, il ne raille pas à demi mot; il est hardi, rude parfois, insolent même dans son comique ; il boit à longs traits et largement à cette coupe d'ivresse qui rappelle Rabelais. »

Je comprends que la satire âpre et amère, quelque éloquente qpu'elle puisse être d'ailleurs, soit bannie par les gens de goût du elKfiur joyeux de la pure et libre poésie ; mais tel n'est point en général le style de Molière. Chez lui la satire, loin de tomber jamais dans la violence et la raideur d'un Juvénal, se joue constamment sur des cimes encore plus riantes et plus éthérées que eelle d'Horace. Quoi de plus léger, de plus vif, de plus frais, ^oi enfin de plue poétique, au sens que le goût attachera toujours à ce mot sans le définir, que ce portrait qu'un petit marquis à la jfoîs ridicule et charmant fait de lui-même dans le Misanthrope :

Parbleu ! je ne vois pas, lorsque je m'examine, OCt' prendre aucun sujet (Favoir Vkme chagrina.

J*ai du bien, je suis jeune, et sors d'une maison

Qui se peut dire noble avec quelque raison;

Et je crois, par le rang que me donne ma race, .

Qu'il est fort peu d'emplois dont je ne sois en passe.

Pour le cœur, dont surtout nous devons faire cas,

On sait, sans vanité, que je n'en manque pas.

Et Ton m'a vu pousser dans le monde une affaire

D'une assez vigoureuse et gaillarde manière.

Pour de l'esprit, j'en ai, sans doute, et du bon goût,

A juger sans étude et raisonner de tout;

A faire, aux nouveautés dont je suis idolâtre,

Figure de savant sur les bancs du tbéâtre,

Y décider en chef et faire du fracas

A tous les beaux endroits qui méritent des ahs.

Je suis assez adroit, j'ai bon air, bonne mine.

Les dents belles surtout et la taille fort fine.

Quant à se mettre bien, je crois sans me flatter .

Qu'on serait mal venu de me le disputer;

Je me vois dans l'estime autant qu'on y puisse être.

Fort aimé du beau sexe et bien auprès du maître :

Je crois qu'avec cela, mon cher marquis', je croi

Qu'on peut par tout pays être content de soi.

J'appelle celte aisance et cette grâce poétiques au plus haut degré. Certes, si les œuvres de la comédie, depuis que le genre de Ménandre a succédé à celui d'Aristophane, étaient toujours écrites dans ce goût, il n'y aurait pas lieu de faire la question qu'Horace pose en ces termes : « On s'est demandé si la comédie était ou n'était pas un poème, parce que l'inspiration et la force ne s'y rencontrent ni dans les mots, ni dans les choses, et qu'à la mesure près c'est une pure conversation toute semblable aux entretiens ordinaires. »

C'est avoir une idée singulièrement étroite de la poésie quede la faire consister par excellence dans les fictions fantastiques de l'imagination pure. Je tiens Aristophane pour un grand poète; mais ce n'est pas du tout parce qu'il a déguisé des personnages en oiseaux, en guêpes, en nuées, ni parce qu'au commencement de sa comédie de la Paix Trygée monte jusqu'au trône de Jupiter, à cheval sur un escarbot ; nous avons vu dans les opéras bouffes d'Offenbach des fantaisies semblables avec plaisir, mais sans beaucoup d'admiration pour leur auteur; le genre admis (et il ne faut pas un génie extraordinaire pour l'inventer), la prodigalité d'extravagances de toute nature dans celte donnée appartient à une espèce d'imagination facile et vulgaire. Je re-

DU COMIQUE ET DJS LA POÉSIE DANS MOLIÈRE. 4â\

garde le Songe d'une Nuit d'été comme une des productions les plus charmantes de la poésie ; mais ce n'est point parce que la fée Titania tombe amoureuse par les maléfices d'Obéron, d'un homme métamorphosé en âne, ni parce que l'action se passe dans un pays enchanté, où les philtres et les sortilèges jouent un rôle : les mêmes imaginations se rencontrent dans le Roi de Cocagne de Legrand, et le Roi de Cocagne est une platitude. Les féeries ne sont point, au regard du goût, l'œuvre la plus haute delà poésie; une grande comédie de caractères et de mœurs, telle que le Misanthrope ou le Tartuffe, est, au regard du goût, une production poétique bien supérieure à toutes les féeries.

Il y a sur ce sujet d'excellentes remarques dans le livre de M. Humbert. Le critique allemand proteste contre cette rhétorique fausse, ou tout au moins incomplète, qui prétend identifier la poésie avec la faculté de produire des fictions. Pourquoi Homère est-il le père de toute poésie? Est-ce parce qu'il nous montre Jupiter ébranlant le ciel et la terre d'un mouvement de ses sourcils ; l'armée des Grecs couverte par l'ombre du casque de Pallas ; les coursiers de Mars franchissant d'un seul bond autant d'espace que le regard d'un homme assis sur un rocher élevé, devant la mer, peut embrasserd'étendue? Non, c'est parce que, le premier, Homère apeint l'humanité avec des couleurs vraies; c'est parce que le petit Astyanax se renverse en criant sur le sein de sa nourrice, saisi d'effroi à l'aspect du casque de son père; c'est parce que le ?ieux Priam pleure aux genoux d'Achille et lui demande le cadavre d'Hector avec des accents et des mots qui feront éternellement battre les cœurs. L'homme est le grand objet de la curiosité de l'homme. Gela est si vrai, que les dieux, les diables, les anges, les monstres et les fées ne nous intéressent qu'à la condition d'être des hommes et dans la proportion où ils sont des hommes. Les dieux d'Homère sontintéressants,parcequ'ilssontdes hommes agrandis; mais les hommes d'Homère sont plus intéressants encore, parce qu'ils sont des hommes tout simplement. Dieu le père, les anges et toute l'armée des séraphins de Milton nous font mourir d'ennui; mais son Satan nous intéresse, parce qu'il a les passions de l'humanité. L'éloge que donne Gervinusaux fées du Songe d'une nuit d'étéj c'est qu'elles ressemblent à des femmes.

Étrange illusion de la poésie fantastique I elle croit s'élancer

4tt MOLIÈRE, SHAKESPEARE ET U CRITIQUE ALLEMANDE.

dans un monde libre où elle s'affranchira de la réalité, et elle est obligée, si elle veut avoir quelque valeur et offrir quelque intérêt, d'imiter la réalité. EHe revient, par une voie détournée, à son éternel objet, la nature humaine. Laissons-la faire, si cescaprices et ces détours l'amusent ; mais que celte leçon l'instmise, et qu'elle ne prenne pas de grands airs avec Molière parce que son art est toujours resté dans le vrai et qu'il a suivi la ligne droite.

Il y a un monde qui tient le milieu entre le monde réel ei le monde fantastique : c'est celui de la pastorale. Avec le Songe d'une ' nuit d'été, qui est une féerie, la plus jolie comédie de Shakespeare est une pastorale, Comme il vous plaira. Ce qui fait le charme singulier de cet ouvrage, c'est un mélange d'imagination poétique et de bon sens pratique à la Molière. D'après ce que nous permettent de conjecturer les deux premiers actes de Mélicerte, ce gracieux poème, malheureusement inachevé, nous aurait laissé une impression semblable. J'aime à rapprocher Molière de Shakespeare pour la poésie, et Shakespeare de Molière pour le bon: sens. Ces deux génies, qu'on veut brouiller, se seraient compris l'un l'autre merveilleusement. S'il n'y a rien de plus poétique que la comédie de Comme il vous plaira, il n'y a rien, en même temps, de plus sensé. Le poète jette le ridicule le plus fm sur les exagérations sentimentales et romanesques. Il se laisse aller à toute la poésie de la nature, il la décrit, il la chante avec son lyrisme habituel, et cependant il n'en est pas dupe. Peintre complet de l'humanité, il a des personnages pour célébrer naïvement le retour de l'âge d'or, et il en a aussi pour railler la vie champêtre et trouver que la civilisation sociale a du bon. Cette douce ironie du grand poète, ce sourire du bon sens mêlé au sourire de la belle nature, compose l'exquise distinction de cette comédie, plus faite d'ailleurs, comme toutes celles de Shakespeare, pour être goûtée comme un fruit savoureux ou respirée comme un parfum que pour être analysée. On analyse Tartuffe. on analyse Coriolan, mais non pas As you like it ni Mélicerte.

Au point de vue de la poésie du langage, il ne faut pas prétendre égaler Molière à Shakespeare. Molière a tiré le parti le plus heureux de cette pauvre lyre française réduite à trois cordes

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par Malherbe; mais l'instrument que Shakespeare avait à son service était plus riche sans comparaison. Le malheur de notre poésie, depuis Malherbe jusqu'au jour où les romantiques renouvelèrent sur la langue la tentative généreuse de Ronsard, c'est de n'avoir été trop souvent que de la belle prose rimée. Durant eelte période il y a cependant eu quelques hommes si bien doués par la nature que, sans faire aucune violence à la bonne langue maternelle et en suivant tout simplement leur génie, ils ont été poètes autant qu'on peut l'être en français; et ces hommes-là Boni par excellence les poètes de la nation. Tels furent Molière et la Fontaine. Tel avait été précédemment, avec autant de verve, mais avec moins d'élégance, Mathurin Régnier.

A la différence des écrivains seulement éloquents, qui ne aavent

Que proser de la rime et rimer de la prose,

Molière pense poétiquement; je veux dire que chez lui, comme chez la Fontaine et chez Régnier, l'image fait corps avec l'idée e% n*en est point séparable. Un critique distingué de la Suisse, M. Rambert, a bien vu ce mérite du style de Molière :

«Molière, écrit M. Rambert, a l'image poétique, animée du souffle de la vie. Que de traits nous aurions à rappeler : ce Damis dont parle Célimène, et dont le portrait s'achève pai' deux vers admirables :

Et, les deux bras croisés, du haut de son esprit U regarde en pitié tout ce que chacun dit;

ces femmes savantes, qui savent citer les auteurs

Et clouer de l'esprit à leurs moindres propos ;

ûes gens enfin dont Tartuffe est le modèle.

Ces gens, dis-je, qu'on voit d'une ardeur non commune Par le chemin du ciel courir à leur fortune.

1 Parmi les poètes comiques de la France, il n'en est pas qui '*—'-, eu comme Molière cette puissance de création poétique le style. »

424 MOLIÈRE, SHlKESPEàRË KT LA CRITIQUE ALLEMANDE.

Les premières pièces en vers de Molière, VÉlourdi, k Dépii amoureuXy avec leur slyle franc du collier, étincelant d'imagi- «nation, plein de la fougue de deux jeunesses — la jeunesse de l'auteur et celle de la littérature française — sont Tobjet de la prédilection d'un grand poète contemporain, qui a eii parfois des aperçus de grand critique. Nous avons entendu Victor Hugo réciter avec l'accent de la plus vive admiration deux passages del'ftourdL Au troisième acte, Lélie reproche à Mâscarille d'avoir dit du mal de celle qu'il aime :

. . . Sur ce que j*adore oser porter le blàmc, C'est me faire une plaie au plus tendre de rame.

flln'yarien deplusbeaudansla poésie française du xvii* siècle, s'écriait Victor Hugo, comme expression d'un amour profond, i Au quatrième acte, c'est Mâscarille qui reproche à Lélie une de ses nombreuses étourderies :

Pour moi', j'en ai souffert la gêne sur mon corps; Malgré le froid, je sue encor de mes efforts. Attaché dessus vous comme un joueur de boule Après le mouvement de la sienne qui roule, Je pensais retenir toutes vos actions En faisant de mon corps mille contorsions.

Voilà le Style poétique. Au goût de Victor Hugo, ce style ne brille nulle part avec plus d'éclat que dans les premières pièces de Molière. *

D'un autre côté, Sainte-Beuve remarque que Molière jusqu'à sa mort a été continuellement en progrès dans ce qu'il appelle Ifl poésie du comique, « On a, dit-il, loué Molière de tant de façons comme peintre des mœurs et de la vie humaine, que je veux indiquer surtout un côté qu'on a trop peu mis en lumière, ou plutôt qu'on a méconnu. Molière, jusqu'à sa mort, fut en progrès continuel dans la poésie du comique. Qu'il ait été en progrès dans l'observation morale et ce qu'on appelle le haut comique, celui du Misanthrope^ du Tartuffe^ des Femmes savantes^ le fait esl trop évident, et je n'y insiste pas; mais autour, au travers de ce développement, où la raison de plus en plus ferme, l'observation

1. Voyez les Artistes juges et parties ; causeries parisiennes. — Deuxième causerie.

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de plus en plus mûre, ont leur part, il faut admirer ce surcroît toujours montant el bouillonnant de verve comique très folle, très riche, très inépuisable, que je distin^^ue fort, quoique la limite soit malaisée à définir, de la farce un peu bouffonne et de la lie un peu scarronesque où Molière trempa au début. Que diraije? C'est la distance qu'il y a entre la prose du Roman comique et tel chœur d'Aristophane ou certaines échappées sans fin de Rabelais... C'est ce que n'ont pas senti beaucoup d'esprits de goût, Voltaire, Yauvenargues et autres, dans l'appréciation de ce qu'on a appelé les dernières farces de Molière. M. de Schlegel aurait dû le mieux sentir; lui qui célèbre mystiquement les poétiques fusées finales de Calderon, il aurait dû ne pas rester aveugle à ces fusées, pour le moins égales, d'éblouissante gaieté, qui font aurore à l'autre pôle du monde dramatique. 11 a bien accordé à Molière d'avoir le génie du burlesque, mais en un sens prosaîquCy comme il eût fait à Scarron, et en préférant de beaucoup le génie fantastique el poétique du comédien Legrand... Quoi qu'on en ait dit, M. de PourceaugnaCy U Bourgeois gentilhomme^ le Malade imaginaire^ attestent au plus haut point ce comique jaillissant et imprévu, qui, à sa manière, livalisc en fantaisie avec ie5ongfôd*îma?mi7 d'é^cet /a r6wipé<e.Pourceaugnac,M.Jourdain, Ai^n, c'est le côté de Sganarelle continué, mais plus poétique, plus dégagé de la farce du Barbouillé, plus enlevé souvent par delà le réel... De la farce franche et un peu grosse du début, on s'élève, en passant par le naïf, le sérieux, le profondément observé, jusqu'à la fantaisie du rire dans toute sa pompe et au gai sabbat le plus délirant ' . d

A la remarque de Victor Hugo sur les premières comédies de Molière, à celle de Sainte-Beuve sur ses dernières, j'en ajouterai une autre sur le chef-d'œuvre dont la composition signale le milieu de sa carrière dramatique et l'apogée de son talent : le Misanthrope.

J'ose dire qu'Alceste est la création la plus poétiiue de Molière au sens même q ue les Allemands donnent à ce mot. Que reprochentils à la poésie française en général, à celle de Molière en particu-

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