‹ Shakespeare et l'antiquitéChapitre 115 sur 127 · MATAMORE · texte numérisé non relu

MATAMORE

Le fat n'est pas vaillant, Mais il a quelque humeur qui le rend insolent.

Dans la Suite du Menteur, Gléandre, à une plaisanterie que dit son valet, s'écrie : « Cet homme a de Thumeur ! » et Dorise ajoute :

C'est un vieux domestique Qui, comme vous voyez, n'est pas mélancolique.

Avoir de V humeur \oudvai\[ dire tout le contraire aujourd'hui; mais on voit par cet exemple de Corneille que le mot humeur, employé absolument, pouvait signifier belle humeur, de même ïue le mot santé, quand nous l'employons sans adjectif, signifie )onne santé. Les écrivains qui aiment les archaïsmes n'ont pas ïomplètement renoncé à un usage discret du mot humeur ainsi intendu. On lit dans lesSalonsde Diderot, à propos d'un tableau le Beaudouin: « Toute la scène du confessionnal voulait être nieux dessinée; cela demandait plus d'humeur, plus de force. » Jainte-Beuve écrit encore, mais dans un sens un peu différent: : La gaieté, chez M. de Chateaubriand, n'a rien de naturel et de loux ; c'est une sorte d'humeur ou de fantaisie qui se joue sur m fond triste. i>

Voltaire, dans une lettre à l'abbé d'Oiivet, réclame pour la •Vance la propriété du mot et de la chose : « Les Anglais, dit-il, >nt un terme pour sigflifier cette plaisanterie, ce vrai comique, ielte gaieté, celte urbanité, ces saillies qui échappent àunhomme >ans qu'il s'en doute, et ils rendent cette idée par leraot humeur, |u'ils prononcent yumor. Et ils croient qu'ils ont seuls cette hu- "itour, que les autres nations n'ont point de terme pour expriner ce caractère d'esprit; cependant c'est un ancien mot de notre angue employé en ce sens dans plusieurs comédies de Corleille. »

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