‹ Shakespeare et l'antiquitéChapitre 18 sur 127 · Edclesland Duméril, Histoire de la comédie · texte numérisé non relu

Edclesland Duméril, Histoire de la comédie

se sert, dans VAniigone de Sophocle, un simple envoyé qui vient annoncer au chœ\ir la mort d'IIémon ! Comparez ce langîi^ A celui des gens du commun sur la serine relalivomeni rtalisle de Shakespeare :

Do Cadmus, d'Amphioii, vou» qui pouplet in ville,

L'existence de l'homme est chose si fragilo

Que je n*oscraÎR point d'un c^trc si diverif

Ou vanter les succè», ou blAmer les revers.

Le hasard tour à tour le ronronne et Topprimo ;

Aujourd'hui sur le trône et demain dans î'ahtmo.

Qui pourrait se flatter de prévoir do toh coups?

Créon semblait heureux et brillant eiitro tous :

D*un ennemi cruel par ses soins dc^livre^e,

La ville de Cadmus en sa main r(^vér(Se

Avait placé le sceptre, et, (glorieux appui,

D'aiihablcs rejetons croissalont autour de lui.

Et maintenant, plus rien!... Car lorsqu'elle est ravie.

L'espérance, qui fait le charme de la vie,

Qu'est-ce que l'existence? une ombre, un pur rtéanl ..

Qu'est-ce que Thomme? un spectre, un cadavre vivant...

Il peut voir dans ses mains abonder l'opulence,

Tout un peuple à genoux adorer sa puissance :

Si le contentement est banni do sou cœur.

Le reste est peu de chose; et ce triste bonheur.

Je n'achèterais pas son éclat méprisable

D'un flocon de fumée ou d*un seul grain de sable *.

OÙ est, denlatide lô lecteur surpris, la vérité dramatique dâils cette effusion de poésie, admirable peut-être, rtiais hors de pfopoâ et sans rapport avec le caractère du personnage? L'étortnetnetit viéiit ici de ice que Shakespeare et les poètes modernes en général liouâ ont trop habitués à considérer l'art tragique comme une peintut'e de la réalité; il n'était rien moins que <îela pour les poètes de la hatite tragédie : purement religieux à l'origine et plein du souvenir de sa première destination, il restait une grahde école de piété envers les dieux, d'héroïsme et d'idédl. Faire vrai était fe moindre souci des arlistfis grecs ; leur première, leur uhirjue préoccupation était de faire beau. Ils portaient si loin cette disposition qu'ils avaient horreur des portraits : les vainqueurs des jeux olympiques, qui avaient droit à une statue, n'obtenaient qu'à grand'peine une statue iconiquCy c'està-dire qui leur ressemblât, et ce n'est qu'après trois victoires

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