CONFLITS MORAUX DANS LA HAUTE TRAGÉDIE
De rbymen, du bonheur, Tespoir était venu .*
A ma jeunesse amère :
Je péris fiancée, et sans avoir connu
La douceur d'être mère.
Vierge encor, j'entre, au seuil d'un avenir plus beau,
Dans la nuit glaciale ; La mort est mon époux, et ce sombre tombeau
Ma chambre nuptiale.
Pour avoir été juste, une barbare loi
Ordonne que je meure, Grands dieux ! et tous les fronts se détournent de moi.
Et personne ne pleure * !
Antigone est enterrée vive; c'est le châtiment de son crime. Mais le crime de Créon ne demeurera pas non plus impuni. Jupiter ne le sauvera pas de la vengeance des divinités infernales. Déjà le devin Tirésias est venu l'avertir que tous les au* tels étaient souillés des lambeaux arrachés par les oiseaux et les chiens au cadavre de l'infortuné fils d'Œdipe. Il lui prédit la punition qui l'attend, « pour avoir ignominieusement enfermé dans un tombeau une âme vivante,, et aussi pour retenir sur la terre, privé de sépulture et des honneurs funèbres, un cadavre qui appartient aux dieux infernaux. » Sous les yeux mêmes du roi, son fils Hémon, fidèle amant d' Antigone, se perce de son épée, et quelques instants après on lui annonce qu'Eurydice sa femme a suivi Héraon aux enfers.
Malheur, malheur à moi!... De mes affreux ennuis
Je n'accuse, hélas! que moi-même...
Seul, je les ai tués, barbare que je suis !
Seul j'ai mérité l'anathème...
Où me tourner, ô ciel! où reposer mes yeux?
Partout le deuil... et sur ma tête L'implacable courroux du sort injurieux
Forme une effroyable tempête !
Quelle est donc cette puissance supérieure à Jupiter, à Pluton, à toutes les divinités de l'Olympe et de l'Hadès? C'est le Destin, dans lequel une philosophie éclairée doit voir, non un dieu inintelligent et aveugle, mais la Raison, la Justice, la haute nécessité morale, qui, en brisant les justices partielles et les antagonismes d'un jour, rétablit l'éternelle unité divine ^
L'opposition de la famille et de la cité est le plus grand