‹ Shakespeare et l'antiquitéChapitre 80 sur 127 · KfeysMg · texte numérisé non relu

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eji sécurité? Nop, puisque Banquo vivait ; Banque, participant de la prophétie fatale et qui pourrait avoir, qui semblait avoir des soupçons; Bwquo, le père d'une dynastie à laquelle la cpuron^e avait été prédite par le destin :

Être où nous sommes, Sans la séeurité, n'est rien absolument. ^64 crainte» dans Banquo plongent profoi)44ment. Sa royale nalurC; Qlle me terrifie!...

Car il ose beaucoup, et, prudent, il confie Sa fougue ^ lia rai^Qit qu'il fait marcher devant : Au monde je ne crains que lui seul de vivant. — Devant lui mon génie est tremblant et vulgaire Comme devant César MarC'-Antoine. — Naguère Les Sœurs me pommaient roi, quand son brusque dédain Les somma hautement de lui parler... Soudain : « Banquo, salut !» a dit leur bouche de prophète ; « Tes enfants seront rois ! » Je n*ai donc sur ma tête Qu'une aride couronne, un vain sceptre à la main, fk\ qu'un brM éiranger m'arracbeniit demain?,., Ah! s*il en est aipsi, ma race est dépouillée! Mon âme, pour les tiens, Banquo, s'est donc souillée! Pour eux j'ai poignardé ce vertueux Duncan, Et j*ai mis dans la paix de mon cœur un volcan ! Mon trésor éternel, comme une chose immonde. Je l'ai jeté moi-même à l'Ennemi du monde ! Pour qui? Pour tes eafants! Tes ^ofapts rois! 0 ^rt, Plutôt, viens d^ns l'arène et combattons à mort !

Macbeth suborne deux assassins pour tuer Banquo et Fiéance, son fils. « Et pour qu'il n'y ait ni lacune ni imperfection dans votre ouvrage, souvenez-vous bien que Fiéance, son fils, qui l'accompagne, et dont la disparition m'est aussi essentielle que celle du père, devra embrasser, comme lui, la destinée de cette heure sombre. i> Les meurtriers partent pour faire leur « ouvrage >, et Macbeth reste seul, abîmé dans ses réflexions.

Il y a ici, dans la rapide décadence morale de Macbeth, une étape qu'il est important de discerner pour la connaissance psychologique du personnage, A partir du moment où il a re^ cueilli le fruit de son premier crime, §a résolution est prise avee un héroïsme de démon d'appartenir au mal, sans réserve, s^n^ pudeur, et le poids qui continue à l'accabler m};^rablemeat ij'esi plus le remords. IJ a réussi à tuer en lui la conscience. Désormais les pensées qui le torturent ne sont plus que les calculs d'une imagination inquiète, craignant toujours de n'avoir

pas assuré le succès de son entreprise, c'est-à-dire de n'avoir pas versé assez de sang*. C'est une chose délicate que de traduire en français et surtout en vers une poésie aussi pleine de nuances que celle de Shakespeare. M.Jules Lacroix — qui a réussi dans cette tâche presque aussi bien qu'il est possible et auquel je voudrais pouvoir emprunter toutes mes citations — croyant utile d'ajouter au texte deux vers pour remplir l'intervalle qui s'écoule entre la sortie des assassins et l'entrée de Lî^dy Macbeth sur la scène, a fait tenir à Macbeth ce court aparté:

Hélas, hélas, déjà que de sang répandu !

Et qu*ai-je donc gagné pour avoir tant perdu?

Psychologiquement, ces deux vers retardent, ils ne sont plus dans la note morale du personnage, et ce qui le prouve, c'est l'entretien qu'il a tout de suite avec sa femme.

LÂDY MACBETH. >

Toujouis seul et rêveur! quelle étrange manie! Eh quoi! Macbeth, avoir pour toute compagnie Celte noire tristesse!... Elle aurait dû pourtant Mourir avec celui qui vous occupe tant. Ce qu'on a fait est fait ! C'est chose sans remède.

J'ai tranché le serpent, mais sans le tuer raide !

Vois comme il se rejoint! C'est lui-même... Imprudents,

Voilà qu'il nous menace encore avec ses dents!...

Un nid de scorpions S'est logé dans mon sein. Fléance et Banque vivent!

La nuit, propice aux méchants, est le dieu de Macbeth; il lui fait cette prière : « Viens, ô Nuit ! couvre de ton noir bandeau l'œil trop sensible du jour compatissant, et, de ta main invisible et sanglante, arrache et mets en pièces le fil de cette grande existence qui me fait pâlir ! »

Banque est tué ; mais son fils, dont la mort importait à Mac-

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