AM I.K T
\ll ! un rat! <II frapp« dat.» 1.1 Upisv-ric et tue Coramhi».' \ îi
ducal qu'il est mort! Impuilent! indiscret imbt'cilc! adieu î je t'.ni pri< |>our nn plus grand que toi.
LA KliNE.
Hamlet! quas-tu lail?
H \ Ml KT.
(Midqiif chose de moins rou|>abl<', bonne mère, que «le tuer un roi et d'éj)ouser son frère.
('onunent! de tuer un roi?
il \ Ml L I.
Oui, im roi. ',à, asseyez-vous, et avant que vous partiez, si vous n'êtes pas faite d'étoffe impénétrable, je vous ferai regarder dans votre cœur et voir coninv il est noir et horrible.
ilamlct! que veux-tu dire par ces mots meurtriers ?
180 SIIAKSPEARE.
H A M L li l .
Eh bien I je veux dire ceci. Tenez, examinez cette peinture : c'est le portrait de votre défunt mari. A oyez cette face, qui efface celle même de Mars, cet œil qui faisait trembler l'ennemi, ce front où sont iu scrites toutes les vertus propres à orner un roi et :' dorer une couronne. En lui le dévouemeîit marchai^ la main dans la main avec la foi conjugale! Et il est mort! assassiné, odieusement assassiné. C'était votre mari ! Regardez ici maintenant : c'est votre mari ! En visage comme Vulcain, le regai-d du meurtre et du viol, un regard baissé et funèbre ; des yeux de démon, faits pour effrayer les enfants et étonner le monde ! et vous avez quitté celui-Là pour prendre celui-ci. Quel diable vous a ainsi attrapée à colinmaillard? Ah! vous avez des yeux, et vous pouvez regarder celui qui a tué mon père, votre cher mari, et vivre dans les plaisirs incestueux de son lit!
LA REINE
0 Hamlet ! ne parle plus !
HAMLET
Quitter celui qui portait l'âme d'un monarque pour un roi de tréteaux et de chiffons !
LA REINE
Cesse, mon doux Hamlet!
IIAMLr.T 187
Il \ Ml. Kl
Et tout cela pour mener une vie continuelle de ju'clié. pour suer sous le joug cIp riufamie, pour riv(»ir une postérité de honte et sceller la damnation.
LA keim:.
Hamlet, assozî
Il AMI. I. T.
Ail ! le désir chez vous bat la campagne, votre sang a des retours de jeunesse. Qui blâmera dans un cœur de vierge l'ardeur du sang, lorsque la Iiimh • remplit ainsi le sein d'une matrone?
LA RKINL.
Ilamlet. tu mo brises le cœur en doux.
iia5ii.i:t.
Oh ! rejetez-en la mauvaise moitié, et gardez la
bonne. (Hntre la spectre dans sa robe do nuit.) SaUVCZ-Uloi !
sauvez-moi, vous, gracieuses puissances de là-haul. et couvrez-moi de vos ailes célestes ! Ne venez-vou^ pas gronder votre fils tardif d'avoir différé si longtemps la vengeance? Oh! ne m'éclairez |)as de res regards douloureux, de ])cur que mon r«eiir de pierre ne cède .à la com|)assion et que toutes les parties de mon être qui doivent aider à la vengeance ne perdent leur force et ne succombent à la pitié.
188 SHAKSPËARE.