‹ Shakespeare et son œuvreChapitre 38 sur 93 · HAMI-KT · texte numérisé non relu

HAMI-KT

monde apprendra que Léartes avait un prre rpi'il adorait.

i.K noi.

Plus un mot sur ceci. Avant peu de jours, vous apprendrez ce à quoi vous ne songez pas. i tous son-nt.)

Cependant la perfidie du roi a été trompée par le ciel. Le |)rince, arrêté en mer par des corsaires, a découvert qu'on l'envoie pour mourir en Angleterre. 11 y fait conduire à sa place 1rs deux courtisans chargés du message meurtrier. Ils y périront au lieu de lui. 11 revient en Danemark, se cache aux portes de la capitale et fait avertir secrètement Horatio, qui avertit lui-même la reine, mère d'Hamlet, et la prépare à trahir son second époux, comme elle avait trahi le premier, avec une versatilité digne de cette nature ondovante.

Le roi cause avec Léartes et feint de se confier à lui pouf se débarrasser d'Hamlet.

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Ici le dénoùment est évidemment étranglé.

Léartes fait semblant de partager la liaine du roi contre Hamlet. Le roi lui dit de se mesurer avec Hamlet dans un combat au fleuret.

LE ROI

Je parierai pour Hamlet, et vous l'avantagerez, afin d'aui^menter son désir de tenter la victoire. Je parierai que sur douze bottes vous n'en prendrez pas trois de plus que lui. Ceci étant convenu, quand vous serez échauffés, au milieu de l'assaut, vous prendrez parmi les fleurets une épée affilée, trempée dans un mélange empoisonné si terrible, que, si une seule goutte de sang coule de n'importe quelle partie de son corps, il est sûr de mourir. Vous pouvez faire cela sans vous exposer au soupçon, et sans que l'ami le plus cher d'Hamlet tienne jamais Léartes pour suspect.

LÉARTES

Monseigneur, votre idée me plaît : mais si le seigneur refuse cet assaut?

LE ROI

Je vous garantis que non. Nous ferons de vous un rapport si extraordinaire, que nous l'engagerons, fûtce malgré lui. Et de peur que tout cela ne manque, je tiendrai prête une potion qui, lorsqu'il demandera

HAMLEÏ. HW

à boire dans la chaleur du combat, lera sa lin ».l notre bonheur.

M;ARTi- s.

Voilà qui est excellent. Obi que le moment n'o>i-il \enu! Voici venir la reine.

Entre LA REINE.

LE n<»i.

Eh bien ! fiertrude, pourquoi cet air accablé?

LA in:i\E.

Oh! monseigneur, la jeune Ophc'lia, ayant fait une guirlande de diverses sortes de fleurs, était assise sur un saule près d'un ruisseau; la tige envieuse s'est cassée, et elle est tombée dans le ruisseau ; pendant quelque temps ses vêtements, étalés autoiu" d'elle, ont soutenu la jeune dame; elle est restée ainsi souriant, comme une sirène, entre le ciel et la terre, chantant maintes vieilles chansons, comme insensible à sa détresse. Mais cela n'a pas pu durer longtemps : ses vêtements, alourdis par ce qu'ils avaient bu, ont traîné la doucî malheureuse à la mort.

Ll- ARTKS.

\insi elle est noyée. Tu n'as déjà que trop d'eau, <)phélia; je ne veux donc pas te noyer dans les

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larmes. C'est la vengeance qui doit soulager mon cœur, car le malheur enfante le malheur, et la douleur est pendue à la douleur, du sortent.)

Ici la belle scène des fossoyeurs, qui a toujours passionné le public anglais et qui répond au caractère philosophique du peuple par la profondeur et le rude cynisme du dialogue entre les paysans qui creusent la terre et jouent avec les crânes de leurs amis. Ils commencent par disserter entre eux sur la convenance ou l'inconvenance d'ensevelir Ophélia en terre sainte comme suicidée.

a Mais avant de décider ce point délicat, va -t'en me chercher une pinte et dis -moi qui est-ce qui bâtit le plus solidement d'un maçon, d'un constructeur de navires ou d'un charpentier? »

Hamlet intervient en compagnie d'Horatio, et il cause avec les paysans fossoyeurs. Le dialogue est bizarre; il atteste la folie d'un côté, la rusticité de l'autre.

'■ A qui fut ce crâne ? » demande Hamlet ?

PREMIER PAYSAX.

Celui-ci? Peste soit de lui! c'était celui d'un enragé farceur! Un jour il m'a versé un flacon entier

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