‹ Shakespeare et son œuvreChapitre 39 sur 93 · ML ET · texte numérisé non relu

ML ET

de vin du Rhin sur la tèle. Alil vous ne le reconnaissez pas! C'était le crâne d'un certain Vorick.

Il A M LE T.

Celui-ci? Laisse-lo-nioi voir, je t'en prie! Ilrlasl pauvre Yorick ! Je l'ai connu, Iloratiol C'était un gardon d'une gaieté infinie; il m'a porté vingt fois sur son dos. Ici pendaient ces lèvres que j'ai baisées cent fois! et maintenant elles me font horreur à regarder. Où sont vos plaisanteri<,'S maintenant, Yorick? Vos éclairs de gaieté? Allez maintenant trouver madame dans sa chambre, et dites-lui qu'elle a beau se mettre un pouce de fard, il faudra qu'elle en vienne à ceci, Yorick. Horatio, je t'en prie, dis-moi une chose, crois-tu qu'Alexandre ait eu cette mine-là?

IIOR ATFn.

Oui, sans doute, monseigneur.

IIAMLF.T.

Et celte odeur-là ?

IH»RATIo.

Oui, monseigneur, justement la même.

Eh^)ien! qui empêcherait l'imagination de raisonner comme ceci sur Alexandre : Alexandre est mort,

SUAKSPKARE.

Alexandre a été enterré, Alexandre est devenu terre ; avec la terre nous taisons de l'argile, et Alexandre n'étant plus qu'argile, qui empêche que, par l'effet du temps, il n'arrive à fermer le trou d'un baril de bière ?

LMiiipérial César, une fois mort et changé en boue, Pourrait boucher un trou et arrêter le vent du dehors.

Entrent LK ROI, LA REINE, LEARTES,

DES SEIGXEURS, UN PRÊTRE suivant un cercueil. n AME ET.

Quelles sont ces funérailles dont toute la cour se lamente? Il faut que la morte soit d'une noble famille. Tenons-nous à l'écart un moment.

LÉARTES

Quelle cérémonie reste-t-il encore? dites, quelle cérémonie encore?

LE PRETRE

Monseigneur, nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir, au delà même de ce que l'Eglise peut tolérer. Des prières ont été chantées pour son âme virginale, et si ce n'avait pas été par égard pour le roi et pour vous, elle eiit été enterrée en plein oiiamp, au lieu de l'être en terre sainte.

IIAMLLT. i03

r.i; ARTE:

Eh l)ien! je te le dis, prêtre dur. ma sœur sera un ange gardien, quand tu seras dans l'idjinK: à liurlcr.

Il VMFKT.

La belle Ophélia jnorteî

LA r. KINL.

Des llonrs à la lleur! adieu! Je croyais orner ton lit nuptial, belle enfant, et non suivre ton cercueil.

i.î: \nTF.s.

Arrêtez la terre un moment : adieu, STur. (ii saute dans la fosse.) Maintenant, jetez votre terre jusqu'à la hauteur de l'Olympe, et faites ici une colline qui dépasse le vieux Pélion. Quel est ce revenant? (namict

saute dans la ro.>se après Lùartcs.)

Il \ MI.F.T.

Regarde, c'est moi, Ilamlet le Danois.

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