SIWARD
Entrons dans le château, seigneur, (us sortent. Fanfare
d'alarme.)
MACBETH. 277
Kentr. MACBETH.
MACBETH
Pourquoi jouerais-je le fou romain et me tueraisje de ma propre <^pée? Tant que je verrai des \ivants, ses entailles feront mieux sur eux.
Rentre MAC DU FF.
MAC.DLFF.
Tourne-toi, limier d'enfer, tourne-toi.
MACBETH
De tous les hommes, je n'ai évité que toi seul ; mais va-t'en! mon âme est déjà trop chargée du sang des tiens.
MACniFF.
Je n'ai pas de paroles, ma voix est dans mon épée, misérable aux crimes sans nom ! (\u su baucnt.)
MACr.ETH.
Tu perds ta peine. Tu pourrais aussi aisément balafrer de ton épée l'air impalpable que me faire saigner. Que ta lanif tombe sur des cimiers vulnérables : j'ai une vie enchantée qui ne peut pas céder à u\\ «Hre né d'une femme.
278 SHAKSPEAr.E.
.MÂCDUFl-.
N'espère plus dans ce charme. Que l'ange que tu as toujours servi t'apprenne que Macduff a été arraché du sein de sa mère avant terme.
MACBETH
Maudite soit la langue qui me dit cela I car elle vient de battre en moi le meilleur de l'homme. Qu'on ne croie plus désormais ces démons jongleurs qui équivoquent avec nous par des mots à double sens, qui tiennent leur promesse pour notre oreille, et la violent pour notre espérance!... Je ne me battrai ])as avec toi.
MACDUFF
Alors, rends-toi, lâche! Et vis pour être le spectacle et l'étonnement du siècle. Nous mettrons ton portrait, comme celui de nos monstres rares, sur un poteau, et nous écrirons dessous : « Ici on peut voir le tyran. »
MACBETH
Je ne me rendrai pas. Pour baiser la terre devant les pas du jeune Malcolm! ou pour entendre la canaille aboyer contre moi ses malédictions! Bien que la forêt de Birnam soit venue à Dunsinane, et que tu sois mon adversaire, toi qui n'es pas né d'une femme, je tenterai la dernière épreuve; j'étends devant mon
MACBKin. '.'"'♦
corps mon belliquctix bouclier : frappe, Macdull"; et damné soit celui qui le premier criera : « Arrête!
assez! » dis sonont en SI- battant.— Retraite. Fanfare.)
Rentrent MVLCOLM, le veux SIWARD, ROSSE,
et des soldats.
MALCOI.M.
Je voudrais que les amîs qui nous manquent fussent ici sains et saufs !
SI WARI).
Il faut bien en perdre. Et pourtant, avoir ceux qui restent, une si grande journée ne nous a pas coûté cher.
MAI.COLM.
MacduIT nous manque, ainsi que votre noble fds.
ROSSE, à Siw.ir<l.
Votre fils, mylord, a payé la dette du soldat: il n'a vécu que jusqu'à ce qu'il fût un homme; à |)f'ine sa prouesse lui a-t-elle confirmé ce titre au poste où il a combattu sans lâcher pied, qu'il est mort connue un homme.
STW A RD.
Il est donc mort?
SIIAKSlTAnE.
ROSSE
Oui, et emporté du champ de bataille. Votre douleur ne doit pas se mesurer à son mérite, car alors elle n'aurait pas de fin.
SnVARD,
A-t-il reçu ses blessures par devant?
Oui, de face.
ROSSE
SnVARD.
Eh bien! qu'il soit le soldat de Dieu! Eussé-je autant de fils que j'ai de cheveux, je ne leur souhaiterais pas une plus belle mort. Il suffit : voilà son glas sonné.
ilALCOLM.
Il mérite plus de regrets; il les aura de moi.