‹ Shakespeare et son tempsChapitre 29 sur 36 · CORNEILLE ET SON TEMPS · texte numérisé non relu

CORNEILLE ET SON TEMPS

Étude littéraire, par M. Guizot, comprenant : 1° De l’état de la poésie en France avant Corneille; — Essai sur la vie et les œuvres de Corneille; — Portraits littéraires de trois contemporains de Corneille : Chapelain, Rotrou et

Scarron , etc. 1 volume in-8. 1854 5 »

— Le même ouvrage, 1 vol. in-12 3 50

* C’est en 1813 que M. Guizot publia sa belle étude littéraire sur Corneille et son temps qu'il réimprimé aujourd’hui.... Certes, avant de le réimprimer, M. Guizot a revu l’ouvrage et y a beaucoup changé; mais il s’est arrêté au moment d’y changer davantage ; il a voulu que le livre conservât le cachet de l’epoque ou il a ete compose, et fût comme le reflet de l’etat des esprits dans les lettres il y a quarante ans. Ce livre n’est donc pas seulement Corneille et son temps, c’est aussi le temps des trois puissances qui gardaient le culte du beau dans la littérature et les arts au tudieu du fracas des batailles, et qui se partageaient l’attention du monde intellectuel : le Journal des Débats, M. de Chateaubriand et Mme d e Staël.

« En effet, ce sont les Geoffroy, les Feletz, les Dussault, etc., non pris chacun isolement, mais groupes autour d’une même pensee, et formant l’être collectif qu’on appelle journal, qui ont entrepris la restauration littéraire de la France. » OEuvre de réaction, dit M. Guizot, souvent excessive et injuste, « comme il arrive à toutes les réactions, mais oeuvre de bon sens et de bon e goût, qui ramenait les esprits au sentiment du vrai beau, du beau à la fois « grand et simple, éternel et national. C’est le caractère du xvtie siècle que les < lettres y ont été cultivées pour elles-mêmes, non comme un instrument de c propagation pour certains systèmes et de succès pour certains desseins.... » « ....On le voit, le livre de AI. Guizot venaitbieu en son temps pour remettre en honneur la belle littérature du siècle de Louis XIV et aujourd’hui il n'arrive pas moins à propos.

* Maintenant que nous nous sommes reportés à ce qu’était la littérature au moment ou l’étude sur Corneille fut écrite, nous pouvons pénétrer au cœur même du livre. La première partie traite de l'état de la poésie avant Corneille. C'est l’introduction obligée au grand siècle.... M. Guizot débrouillé avec beaucoup d’art ce chaos poétique d où sort graduellement la belle langue de Corneille. H part de l’intemperance^ie Ronsard pour arriver à la sobriété del’auteur du Cid, et il distingue parfaitement, comme influence sur les progrès de notre littérature, entre Ronsard et Marot....

» Avec la seconde partie de l’ouvrage : Pierre Corneille, 1C0Ct 1G84, s’ouvre tout un monde éclatant de lumière dans lequel M. Guizot vous introduit avec l’enthousiasme d’un jeune homme de vingt-six ans, et l’autorité d’un maître en l’art de comprendre et d’expliquer les belles choses, tout ce qu'il y a à dire sur Corneille et son temps est dit en sobre et élégant langage dans ces pages magnifiques- Le livre de M. Guizot, c’est Corueille tout entier, c’est sa vie privée. sa vie de poète, l’influence des mœurs de son temps sur ses ouvrages, et celle de ses ouvrages sur la littérature du grund siècle.... Désormais cest dans ce livre, empreint d’un grand libéralisme littéraire, où M. Guizot trouve des admirations pour toutes les hardiesses qui profitent à l’art, et de la raison contre les mauvaises tendances qui l'egarent ou le perdent; c’est là qu'il fuut aller chercher le génie de Corneille, uni si étroitement au génie du xvne siècle.

v Le volume se termine par un Essai sur trois contemporains de Corneille. Cet essai sur Chapelain, Rotrou et Scarron a été préparé et en grande partie rédige par M'»o Guizo.t. « Je l’ai revu avec soin, dit AI. Guizot, et je le laisse à sa place dans cette Etude, dont il ne peut être sépare. » Ce savant et judicieux travail complète en effet l’histoire de Corneille et celle de son temps... »

(La Pairie. Extrait.) Jules de PRÉMARAY.

Étude littéraire par M. Guizot, comprenant : 1° la vie de Shakspeare ; — 2° Notices historiques et critiques sur ses principales pièces ; — 3° sur Othello, trad. en vers français par M. Alfred de Vignt, et sur l’État de l’art dramatique en T rance en 1830, par M. le duc de Broglie.

Nouvelle édition. 1 volume in-8. 1854 5 *

■ Le même ouvrage, 1 vol. in-12 3 50

* .... Ce qui caractérise surtout 1 a critique de M. Guizot, c'est une étendue de jugement et de vue qui ne laisse rien échapper. L’écrivain ne se contente pas d’avoir porté ses regards sur un point culminant, il les dirige sur toutes les faces de son sujet, et dans l’ensemble trouve la vérité.

« Cette observation impartiale, puissante, toujours égale à l’immense diversité des choses, est surtout remarquable dans l'Essai sur la vie et les œuvres île Shakspeare, morceau capital qui eut, en 1821, un si éclatant succès. On était alors dans les premiers moments d'une renovation littéraire qui, au début, paraissait fort serieuse, et qui plus tard n’a pas rendu tout ce qu'elle promettait. On commençait à mettre en présence et en lutte les deux systèmes classique et romantique. La renommée et le génie de Shakspeare préoccupaient les jeunes esprits.... Que de questions dont alors l’obscurité égalait l'intérêt! M. Guizot se chargea d'y répondre.

« Savant historien, profondément versé dans la connaissance des diver-

ses littératures, vaste intelligence, M. Guizot s’attache à mettre à la fois en lumière les données nécessaires, humaines, de la philosophie de l’art, et les influences exercées sur l'art par la variété des civilisations. ...

« La nature populaire de la poésie dramatique est nettement établie dès le début de l 'Essai sur Shakspeare ... Nous arrivons ensuite aux variétés de l'histoire. Avant de remonter aux origines de la société anglaise, M. Gujzot, par un heureux artifice de composition, a brillamment esquisse l’époque d Élisabeth et raconté la vie de Shakspeare. Puis, pour mieux faire comprendre le xvi« siècle, il revient aux premiers temps de la civilisation britannique. Avec cette méthode, avec sa connaissance profonde de l’histoire d’Angleterre, le savant critique était en mesure de nous satisfaire complètement-...

«... En lisant M. Guizot, une conséquence irrésistible se présente à l'esprit : c’est que le poète destiné à donner à tous ces éléments une forme immortelle, devait avoir une origine et un génie populaires. Shaksp are ne fut donc ni un raffiné ni un érudit; mais, sorti du peuple, il en eut tous les instincts avec une puissance extraordinaire. Aussi, comme l’a si bien observé M. Guizot, il ne se dégagea que lentement du goût de son siècle : la première période de ses oeuvres appartient plutût aux pièces historiques, la seconde à la tragédie proprement dite, à celle dont les sujets étaient pris hors de l’histoire positive de l’Angleterre.

« C’est dans ces dernières qu’éclata l'originalité de son génie. Cest là qu’il descendit dans toutes les profondeurs de l ame humaine, qu’il montra si vivement la puissance de l’homme aux prises avec la puissance du sort, et qu’il fait du caractère de ses personnages la véritable cause des catastrophes sous lesquelles ils succombent.

« Aucun critique, avant M. Guizot, n'avait si nettement distingué ces deux manières et ces deux périodes du génie de Shakspeare- Personne aussi n’a mieux expliqué le grand défaut qui dépare plus d'une fois les belles œuvres du poète, cette subtilité savante qui aperçoit tout, rapproche tout, ne fait grâce de rien, et saisit entre les objets mille rapports éloignés ou bizarres par lesquels l’esprit, au milieu de ses plus vives émotions, éprouve non moins d’impatience que de fatigue. »

. (Assemblée nationale. Extrait.) . LHERillNlER,

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