‹ Shakespeare et son tempsChapitre 30 sur 36 · SOMMAIRE · texte numérisé non relu

SOMMAIRE

De l'Élal de» Ame». — De la Religion dans le» Sociétés modernes. — Du Catholicisme, du Protestantisme et de la Philosophie en France. — Sur l'Immortalité de ? Ame : Première Méditation. Du Sentiment intime de l’Immortalité. — Deuxième Méditation. Du Respect des Morts. — Quel est le xrai sens du mot Foi’f— De l’Éducation progressive pendant le cours de la vie.— Conseils d'un Père sur l'Education, etc. — Des ldéea de Rabelais, de Montaigne, du Tasse, en fait d’Éducation.

Les Méditations et Etudes morales montrent, sous un aspect plein d’intérêt et peut-être moins connu jusqu’à présent, le talent supérieur et la haute intelligence de M. Guizot. On n’attend ordinairement de l'historien politique et de l'homme d’État que des jugements sur l'ensemble des choses, sur la marche des société < humaines, et ces vues générales qui embrassent toute l'étendue de la réalit Sur ce point, on sait à quelle hauteur s’élève M- Guizot quand les arrêts de l’histoire tombent de sa bouche.

Dans les Méditations et Etudes morales, M. Guizot s’adresse à la nature humaine, considérée surtout dans l’individu. I£n prenant pour thème quelques grandes questions comme le rôle de la religion dans les sociétés modernes, l’immortalité de l'âme, la foi, l’état des âmes, l’illustre penseur pénètre dans tous les replis du cœur de l'homme; il l’initie pour ainsi dire à lui-même, et lui montre avec douceur et fermeté ses misères aussi bien que ses grandeurs. La manière dont M. Guizot traite les questions morales porte avec elle une persuasion à la fois incisive et tendre. De déduction en déduction, il conduit l’esprit à la contemplation des plus hautes vérités : il lui en communique le sentiment et le goût- La méthode est rigoureuse, mais on ne l’aperçoit pas, et sans efTort une conviction intime s'empare du lecteur.

c Toutes les pages des Méditations et Études morales ont l’empreinte profonde de la foi chrétienne. « Ce ne serait pas la peine de vivre, dit M. Guizot « dans sa belle préfacé, si nous ne retirions d une longue vie d’autre fruit « qu'un peu d'experience et de prudence sur les affaires de ce monde au mo- « ment de le quitter. Le spectacle des choses humaines et les épreuves inté- < rieures de l’ame ont des clartés plus hautes, et qui se répandent sur les € mystères de la nature et de la destinée de l’homme et de cet univers au t sein duquel l’homme est placé. J’ai reçu de la vie pratique, sur ces questions « redoutables, plus d'enseignements que la méditation et la science ne m’en * ont jamais donné. » On voit avec quelle éloquente profondeur M. Guizot pose le problème de la destinée humaine, et il n’hésite pas à conclure que, ni la nature et ses forces, ni l’homme et ses actes ne suffisent à rendre raison du spectacle que contemple ou entrevoit l’esprit humain. Depuis longtemps la nécessité des vérités religieuses, s’élevant au-dessus des caprices et de l’impuissance de la raison abandonnée à elle-même, n’avait été affirmée et démontrée avec autant d’autorité.

< Les Méditations et Etudes morales, où l’on sent une si forte unité de

doctrines et de sentiments, offrent une grande variété de sujets et de points de vue. On y fait une abondante moisson d’aperçus ingénieux et de pensees profondes. Les Conseils cfun pire sur l’Education forment un véritable traité sur un sujet qui est si fort à l'ordre du jour. Les familles, comme le législateur, pourront y trouver des indications et des directions excellentes. M . Guizot a eu l’heureuse idée d’exposer et de discuter les vues de quelques hommes illustres, comme Montaigne et le Tasse, sur le problème de l’éducation, problème qui a pour les grands esprits un irrésistible attrait, car il renferme l’avenir de l’humanité....»

LHERMINJER.

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