‹ Shakespeare traduit de l'anglois. Tome 1Chapitre 119 sur 124 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

OTHELLO demeure sur le lit où font

Desdemona morte & Emilia mourante.

OTHELLO Jéfltrml.

J AT donc perdu aussi ma bravoure! Le premier apprentif dans l'école des armes m'enlève mon épée. Mais pourquoi l'honneur furvivroit-il à la vertu ? Laissons tout périr à la fois.

Quel présage dans ton triste chant, ô ma chère Maîtresse ! Ecoute, peux-tu mr'entendre encore ? Je veux mourir en répétant tes mots, le fault , le pluIe t le .P,u',! — More, elle étoit chaste, elle t'aimoir, cruel More. Que mon ame arrive au bonheur, comme il est sûr que je dis la vérité; & en disant ce que je jxnfc, hélas! je meurs. ( Elle expire. )

OTHELLO

J'ai dans cette chambre une autre épée ; la lame en fut trempée dans libre.— ( la trouve, ) Ha, je la tiens. — Gratiano, je prctcns sortir.

CîRAl 1 A N 0 en-dehors.

Si tu le tentes, il t'en coûtera cher : Tu n'as point d'armes, il faut que tu te foumettes malgré toi.

Othello.

Regarde-moi-donc, & me pirle; ou dérariiié coili. me je fuis, je vais fondre sur toi.

( Gratiano ~parott J la porte. )

Que veux-ru ?

O T Il E L L O.

Vois ! J'ai une épée : Jamais arme plus sûre ne reposa sur la ctliilè (I'uti foldir. J.ii 'vtl le tcms (nt avec ce foible bras & cette bonne épée je me (crois fait jour à rra vers des ob/lades viligt fois plus puis. sns que celui que tu m'opposes : Mais, ô vaine bravade ! Qui peut Íiarmonter sa destinée ? Il n'en ell: plue; de tilactile. K, t'effraie point de me voir une arnie À la iiiiiii Je fuie; au tenne: V oicÎ la borne de ma carrière : L'écueil ou finit ma der-nière course : Tu recules de peur ? Va, tu perds tes allarmes. Qu'un bras feulement menace le fein d'Othello, & il va fuir. Où iroit Othello ? Main-tenant. ( il se tourne vers Desdemona. ) ( Gra-tiano fort. ) Dans quel état t'offres-tu à moi ? -- Malheurcufe enfant, née fous une étoile fatale ! Pâle comme tes linceuls ! Quand nous nous rencon-trerons au jour des Jugemens, cet aspect précipitera mon aine des Cieux, & soudain les démons se Culi-ront d'elle. ( l' la touche & frémit.) Froide, froide, 6 douce vilHlne ! calme comme ton innocence. - 0 scélérat maudit ! ( Il se lève furieux. ) Prenez

vos fouets , Furies, frappez, dépossédez-moi de cet

objet céleste : Lancez-moi dans les tourbillons gla--

cés, plongez-moi dans des torrens de soufre , au

fond de l'abîme de vos brasiers dévorans. — 0 Def--

demona! Defdemona! Morte, mortel Oh, oh!

( il chancelle & revient tomber sur le lit , la tête

abattue sur ses mains. )

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