‹ Shakespeare traduit de l'anglois. Tome 1Chapitre 120 sur 124 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

LUDOVICO, CASSIO qu'on apporte

blessé, MONTANO, JAGO prison-

fonnicr, entrent suivis tic plusieurs Officiers.

LUDOVICO

Ou est ce forcené, & trop malheureux homme ?

OTHELLO (il se relève avec le lalme du

plus profond defijpoir. )

C'cft celui qui fut Othello. Me voici.

LUDOVICO de Jago.

Où est cette vipère ? Faites avancer le scélérat.

OTHELLO ecnumplam Jagp.

Je cherche à ses pieds ( i ) le signe de l'enfer ; mais c'est une fable. - Si tu es un Démon, je ne puis t'égorger. ( Il saisit l'épée d'un Oarde, ,'duntt

sur Jago le Hcfje. )

LUDOVICO

Arrachez-lui cette épée.

(1) C'est une opinion populaire que le diabJc a les pieds fourchus.

Mon fang coule, mais Je ne fuis pas mort.

OTHHELLO.

Je n'en suis pas sâusé nioi-infcme t Je désire que

tu vives; car je sens que c'ett un bonheur de mou-i lU, LUDOVICO.

f 0 vous, Othello, jadis si bon & maintenant tom--

bé dans le piège d'un cftlave maudit, que vous dira-

t-on à vous?

OTHELLO

! Tout, tout. Dites, Ci vous voulez, que je fuis un

assassin, mais par honneur ; car je fis tout pour l'hon--

neur, ÔC rien par haine.

LUDOVICO

Ce misérable vient d'avouer une partie de ses

com p lots. Est-il vrai que vous ayez conspiré avec

lui la mort de Caffio ?

o THE L L 0,

Oui.

Cher Général, jaunis je ne vous en donnai fil*

jet.

J le croit bien ; je vous demande pardon. - Voulez-vous le faire parler t le démon ? ( montrant Jago. ) Pourquoi m'a-t-il ainsi enveloppé anie & corps dans ses pièges ?

JAGO

Ne me demandez rien: Vous savez ce que vous lava; de ce moment je ne patin plus.

Quoi ! pas même pour fléchit le Ciel ?

Les tortures te déferreront les lèvres.

OTHELLO

Oui, vous serez bien.

Je présume , Othello , que vous n'ignorez pas ce que t. OUI ailes entendre. Voici une lettre trouvée dans la poche de Roderigo , & une autre encore. L'une annonce que Roderigo se chargeoit de l'assas-sinat de Cassio.

OTHELLO la vue fixée sur Jago.

Traître ! Complot barbare Action de Payen !

LUDO VICO.

La seconde est une lettre de reproches. Il paroit que Roderigo avoit dessein de l'envoyer à ce mons-tre , mais que celui-ci survint dans l'intervalle & le satisfit.

OTHELLO à Jago.

O toi fléau contagieux! - Cassio , comment vous est parvenu ce mouchoir qui appartenoit à ma fem-me ?

Je le trouvai dans ma chambre ; ôc lui, vient d'avouer tout-à-l'heure qu'il l'y avoit laissé exprès pour un projet, qui a réussi au gré de ses désirs.

OTHELLO

O insensé , insensé, insensé! ( Les larmes coulent

sur ses joues.)

La lettre de Roderigo contient encore des repro-ches à Jago de l'avoir excité à m'insulter sur la place

de garde, querelle qui causa ma disgrace; & lui--

luêlne , qu'on avoit long - tems cru mort , il a

parle t lalo. a-t-il dit, m'a aposté , ~& Jago m'a

ès poignardé. « LUDOVICO OU LE MORE D~~f~S Ei~

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