UN () F F 1 C 1 F. R
Sans doute nos compatriotes: ils saluent la (ita.. delle.
Allez aux nouvelles. —Cher Enseigne, (à Emille) & vous, Madame, soyez les bien venus. ( Ili Fmilia.) Bon Jago. ne vous offensez point de ma hardiesse ; je dois 1 mon éducation cette liberté fami-lière.
JAGO
Si elle étoit pour vous aussi prodigue de ces bai-fers , qu'elle l'est pour moi de paroles, vous seriez bientôt rassasïe.
Hélas, elle ne parle jamais.
Beaucoup trop, sur mon ame. Toujours je l'éprouve, quand je me sens du penchant au sommeil. Devant vous , Madame, je l'avoue, sa langue se tait : mais son cœur murmure, elle me querelle dans (es pensées. fo OTHELLO,
Votre reproche est peu fondé.
J A G O, durement.
Ail e7 , allez, hors du feuil de vos portes, vous paroillèz des nufques cinrmms : mais vous êtes toutes des tigres pour vos suivans; dans vos mai-sons des voix toujours retentissantes ; des Anges quand vous ouvragez, des furies quand on vous offen-se: le jour, vous diflipez le tenu dans vos ménage!, & la nuit vous en êtes cconomes.
DESDEMONA
Fi! bouche médisante.
E MIll A.
Je ne vous confierai pas le foin de mon éloge.
Gardez-vous de m'en charger.
DESDEMONA
De quelles couleurs orneriez-vous le mien?
Dame aimable , dispensez-moi de l'entreprendre. Je fuis satyrique, ou muer.
DESDEMONA
N'importe, essayez. On a couru vers le port ?
Oui, Madame.
OU LE MORE DE VENISE. Gr
Je ne me sens pas t:.li-.:. Ihll,) en in'eriorçuu de le paroître, je cherche A ttompei mes eimiuv - Allons , que direz vous de moi 5
(i) J'y fonge : mais ma pensée rtlille <5: femhle renir mon ccvve.ui ; il faut Ww .Hr.h.h.:r avec erfoii.
f [ C^ttC Inlfi. (le J »> COMUT le le\i" , pnuti.l p.ttU):'' «lopin-u' «S, J»U >i'i ii'. (\pujiiaiu 'd'It ce Pi-ito'u UCft pas lit On v tcnutquc it vcjitc <!u iimu'i» »]IR Siukelpcnic impli'iv- pom ililhaiic nchiciunt-r» <Ji - impiiem les & de' 1 impuiein e ip.icllc épiorc sur L t• »11 tT'Ah.1' >. Au IIrli dc niemr dans (*,i luuuhe .le< cul.tm.nu'u- u^iuivrivi irmiu.m-tes hit les cuiiite^ , lui le* iKin-;. :? .1. I. m éj\m* ; ItK- ,:. f.n)c<h\c!<t«tt à il v ennui? en o'idl :nnn v>- .1 .t,*-> Su: lopiu mi <yi il a ,k. femmes p'uï vi,ti- l" p! t ■.! n. > M.U'ÎIO.
(In ~C loitiHH' .:<kitc tnn î'ndnù; b'.ut.ilc , propi- .t Joniwt le tkii'ge lui lu i i i-.î.L-c. îi preiu! Ici le L'n ,h'lt inln.ti'C l,viv.=", ■ .v i-nj v , ni4- ! apable de tlillim ilatiiMi &.l, Kui'vne q r» \tri> ,il' (L. hitc-h't en t.<<t:, & pal-l., imiin* Il',:lt 1'.1\ u.u • lie en \otic nbfencc. Ap'ès nvoit l'l.lf\}"t ioniponle, il t^inV' 'ti: 1.' <c\c entioi. l'ti clo|»i" l", (IIWr. l,,, ';- ,', j'1!,: 1" ( ?! U niouftr î'.unJuie li!! i.i v.tru k- h' nni- •. i a1'; » u* : Il ilupc , & le pînui pour un hoir me ihosIici , m.ir \'I,li — - Dtf.Linou.i pi tout bien femme iii i nul^ic U-n t'i pr'vc.uîc lui le uuu* tic i'Jinvic ti'Othdb , elle ik peu cjJia k tleiu ivulL ~i d.
* Tome I Cependant ma mufe enfante , & voici ce qu'elle produit.
Si la femme unit l'cfpiit à la beauté,
La beauté d1 faite pour qu'on en jouisse, & l'esprit en fait
faire usage.
DESDEMONA
L'idée est bisarre. — Et quand elle est laide & spirituelle ?
Laide avec de esprit? Elle faura bien
Trouver un Amant qui s'accommodera de sa laideur.
DESDEMONA
C'est pis encore..
É M 1 L I A avec vivacité
Mais supposez une belle idiotc.
voir son portrait, mime fait de la main d'un homme gros-sier ; en secret elle se ~filtre quelle fera ménagée. Trompée dans Ion attente, elle y paroit Cetilible noivciliciit tleniaiidc du. moins quelque* élogis pour la vertu. 11 y a aussi de l'adiesse à suspendre l'arrivée d'Othello , pour le faite désirer & le tendre plus intéressant.
Cette tirade contre Ici femme, est, dans l'original, en vers limé* & imprimés en caractère italique, comme des efpéeci de distiques uu d'apophtegme*. De belle liote ? 11 n'en est point :
La plus itliote en fait toujours allez pour me mere.
Vieux propos des hommes, dans l'ivresse d'une joie grossiere. Et quel trait méclunt reservez-vous à celle qui cil laide & sotte ?
Laide & Iltttc tant qu'il voui ptaira :
Lllc saura tous les malins tours que l'esprit s*uggere aux belles,
DES DEMONA.
Comble d'ineptie ! qui meritoit le moins est la moins mal-traitée. C omment louerczvous dons L, femme qui, avec l'autorité de st vertu, coutiaint la mé-chanceté même de rendre hommage à son mciuc.
Une femme belle, sans rtro va ne
Qui politdint le d »n d' la p.iroV, n'en abuse jamais:
Qui jamais ne cuL* ;'1 ses peiu h.it <,
Et la bourse pleine d'nr, n'en est pas plus étourdie:
Celle qui courroucée 9c a wiigoatuo fous la main
Commande à sa coleic & pardonné l'ortwnfe ; (1) Celle qui a le bon seni de n'être pas dupe de l'ambition Et de rester la première dint son village , Plutôt que d'aller ramper ':1 derniere à la Cour : Celle qui fait penser, fan* ailler échaper fc'> pensées : Qui traîne sur fci pas une foule d'Aman» »
Et ne se détourne jamais pour leur lancer un coup d'œil : Cette femme fut un phénix, si jamais ce phénix ('xifta.
DES DEMOMA.
Et quelle est sa place ?
(1) D'être nfllfe au comptoir d'une Hôtellerie,
Et d'assembler Ici idiots ftutuur d'elle.
DES DEMONA.
O quelle fin odieuse & choquante ! Emilin, vous êtes ton cpoufe, mais évitez de prendre ses leçons : (1) Le rcm littéral est : Celle qui jamais ne fut afft\ fragitf en fugtjft, Pour hhdnp.tr la tête d'un brochet , contre la queue d'un saumon : c'est un proverbe Anglais , & Italien aussi, dont le feus e~,'t Pope, que le Sage piéféura toujours le premier rang d'une condition inférieure , au dernier d une condition plus élevée. (1) Jago aplèr; avoir fait léntmiération des qualités d'une femme Accomplie, finir par ajouter, que si cette merveille existoit jamai., elle ne feioit bonne qu'à étte Assise au comptoir d'une hôtellerie & à assembler les idiots autour d'elle, Deux traits qui marquent encore cialu Jago la mauvaise opinion qu'il a du Sexe, & fou humeur satyrique,
qu'en