‹ Shakespeare traduit de l'anglois. Tome 1Chapitre 80 sur 124 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Une autre appartement dans le Palais.

DESDEMONA s'avcnu avec CASSIO

DESDEMONA

Sort* air, digne CaRio , que l'employerai en votre faveur tout ce que j'ai de pouvoir & de refsources.

Népargnez rien, Madame. Je fais que ceci afflige mon mari, comme si e étoit sa propre disgrace.

DESDEMONA

(i) Oh, c'est un homme d'un bon naturel. N'en

( 1 ) C'étoit la réputation que Jago avoit su s'établir par fil rusticité & sa françlûfc apparentes. OU LE MORE DEVENISE. 109 doutez point, CaRia. je reverrai mon époux & vous, ftuflfi unis qu'auparavant.

Trop géncieufe Protectrice, quoiqu'il arrive de Caffio, vous ne perdrez jamais l'hommage de sa re-connoillance.

DESDEMONA

Je le fais & je vous en remercie. Vous aimez mon époux ; vous le connoissez depuis long-tems. Comptez qu'il ne vous laissera dans cet C'loirtietiletit de sa personne qu'autant qu'il y icra force par une politique nécessaire.

Oui, mais, Madame , cette politique peut durer si long-tems, se nourrir d'une fuite de prétextes si foibles, renaître de tant de circonstances ou de lu* sards, que ma place étant remplie & Inui absent, mon Général oubliera mon zèle & mes ferviccs.

DESDEMONA

Ne le craignez pas. Ici, devant Emilia, je vous réponds de votre place. Soyez certain , que lorsqu'une fois je fais vieu d'amitié, j'en remplis jus-qu'au dernier devoir. Mon Othello n'aura point de repos, que je ne l'aie fléchi. Je veux (1) importuncr son fomtiicil , pHLtnr, toujours parlant de vous, jufquU fati'uicr sa patienre : c'cft de vous que je parlerai A Tes cot/s, nu milieu de ses nuits ; c'est pour vous que dans Tes teras je conjurerai la tendresse: d. ns toutes ses aétions ,, A tout instant, le nom de (Mlïo reviendra sans cesse. Reprenez donc votre g.iieté : votre Avocate fidèle mourra plutôt que d'aban-donner ll) votre cause.

( I ) S'il 14trttclt Mm tiime : Je veux le veiller appri. vcii;c ; c'ell - a - dire , le tenir éveillé tant qu'il s'apprivoisê. On dit qu'un moyen sur d'apprivoiser les animaux le% plus sa. sois. lu'*, f'cl> de les priver du sommeil On s'en est aussi servi quel suctois pour réduire ks hommes & soumettre leurs opinions. (t) Cette promené montre le bon caut de Pcfdemona, & ferr de !>«itc a nvire in conduite future. Elle .'obhim:u par bonté a iiitcKttler pour Calliu. OU LE MORE DE VENISE, III

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