Tome I. T
Possedez-vous encore.
OTHELLO
Oli ! du fang ! du fang ! du (ang ! --
Calmez-vous , vous dis-je; votre aine peut-être pourroit changer.
OTHELLO
Jamais, Jago. (*i) Jamais nulle puissance nc fera rétrograder mes projets sanguinaires, & ne me pros-ternera devant le foible Amour, avant que me pleine vengeance se soit étendue sur (1) eux, & les ait en* gloutis. — ( il je met J genoux. ) Oui, devant ce Ciel immuable je consacre ici ma parole par un voeu solemnel.
Ne vous levez pas encore :
( il se met aussi à genoux. )
(♦1) Il y a ici une comparaison tirée de la mer Noire , qui ne connoît point de reflux : nous la retranchons, non parce quelle est déplacée & peu naturelle , IU.:S parce qu'elle ne se trouve point dans la première édition , & quelle est du cru de quelque Comédien.
(2) Desdemona & Cassio ; U u'a pas bçfoin de les nommer. Soyez témoins, vous flambeaux toujours brulans sur nos têtes ! Vous, hlémcns qui nous enfermez de tou-tes parts, soyez témoins qu'ut Jago dévoue ton gé-nie, son bras & fun cœur au service d'Othello ou-tragé. Qu'il commande, & quelque sanglans que soient ses ordres, j'obéis — malgré mes remords.
OTHELLO
C'est en l'acceptant de bon cœur que je te remer-cie de ton zèle , & non par de vaines paroles; je veux l'employer à l'unstant : qu'avant trois jours je t'entende dire que Cassio n'cft plus en vie.
J A G 0 seignant une olcildnce forcée.
Mon Ami est mort ! Vous le voulez; c'en est fait.— Mais elle, laissez-la vivre.
OTHELLO
L'exterminer, l'hypocrite ! l'infâme ! oh l'extermi-ner! l'exterminer ! viens, fuis-moi ; je veux seul avec toi inventer quelque genre de mort soudaine pour cette infernale beauté. De ce moment, tu es mon Lieu-tenant.
Je vous fuit dévoué pour Jamais. ( ils sortent. )