‹ Shakespeare traduit de l'anglois. Tome 1Chapitre 94 sur 124 · Tome I. Y · texte numérisé non relu

Tome I. Y

Avec elle 1 auprès d'elle — Imaginez.

OTHELLO avec des mouvemens de Jeiirt.

(1) Reçu dans Ton lit — Avec clic - Auprès d'elle — Dans son lit — L'hoireur ! — Le mouchoir! — Des aveux! - Le mouchoir! — Le mouchoir! -- Lui arracher l'aveu , ~de l'étrangler .'our le forfait. —-- Non , d'abord étrangle; & après. — Le forcer d'avouer. - J'en frissonne. — Non , la nature souffrante ne s'envelopperoit point de ces ombres sans quelque secrète (1) influence du crime qui se communique à (1) Le désordre de ce morceau cft l'effet des angoifTe* tnei-primables qu'éprouve l'ame du personnage. Othello est pet à perdre connoissance , & il ressent les symptômes culinaires de cet érat ; un frisson mortel , une cCptcc d'agonie, une nuit pleine d'horreur qui couvre ses yeux & enveloppe tout son ttte.

(t) C'est une opinion , qui n'est pas encore détruite , que loirsqu'il nous arrive quelque grand malheur dans des lieux éloi-gnés , nuus en recevons l'avertissement par quelque trouble fc-utt, quelque abattement d'esprit dont nous cherchons en vain la cause autour de nous. On attribue cet effet à la communication intime qu'ont ensemble les .lifféienics parties de hlniven. & c'est ce qu'on appelle sympathie ou antipathie ; ou bien aux secrets avis d'un ttre supérieur qui préside à la nature & à l'ordre d,:, êtres vivans. Othrllo dit en ce sens , » cette palîîoii » qui répand sur moi Ces nuages est l'cffet de quelque puillauce moi. — Non : Ce ne font point des paroles qui bou-leversent ainsi tous mes sens' — Ses yeux! - Ses lèvres ! m-tt possible ? — Avoue. — Le mouchoir ! - O démon ! ( il tombe sans connoissance, )

Opérez, mes poisons , opérez. VoiU comme se laissent prendre les hommes crédules, & comme, mal-gré leur innocence , nombre de femmes vertueuses subissent le reproche. — HoU , Seigneur! Seigneur Othello !

S C E N E II

C A S S 1 0 entre,

J A G 0 de sens froid.

HA, Cassio ! quelle nouvelle?

C A S S I O qui a entendu les cris de Jago.

Qu'est-il donc arrivé ?

Le Général vient de tomber dans un évanouisse-ment : C'est le fécond, il en eut un hier.

» invisible ». C'est un de ces pressentimens qu'ont Ici hommes des rai-mit" qui leur arrivent 10iD des lieux qu'ils habitent. John* (on*

Frottons-lui les tempes.

Non, laissez, laissez : il faut que cet engourdis-sement léthargique ait son cours; autrement vous le verrez la bouche écumante passer aux plus violens accès de la frénésie.— Regardez, il s'agite : Retirez-vous pour quelque-tems : il va reprendre ces sens : Dès qu'il m'aura quitté, il faut que nous conférions ensemble sur une affaire importante. ( Cassio sort. ) Eh bien, mon Général, comment vous trouvez-vous ! En tombant, ne vous ètes-vous point blessé à la tête ?

*(1) OTHELLO se relevant.

L'a-t-il avoué ?

(1) Dans cette espèce d'agonie d'Othello où ion Arne: cil en proie aux plus horribles douleurs, où la passion de l'amour combat celle de la jalousie, où les innocentes & naives, réponses de Desdemons Ce mêlent dans Ton idée au soupçons violens , à l'espèce de conviction que lui donne déjà la circonstance du mouchoir, l'Atleur déploie une si grande variété de passions successives, que le spectateur est épouvante de son propre cœur, & pro-fondément convaincu, que le plus ~erticl des poignards dont il puisse être petcé , c'est la jalousie, Quiconque lit dans Ton ca-binet & la téte froide cette pathétique scene , sans être plein de la situation du personnage pourra d'abord être Currtis de 172 0 THE L L 0,

Mon brave Gênerai , soyez homme. Croyez qu'un même fort accouple avec vous tout homme fournis sous le joug du mariage. Des milliers d'époux res-pirent, qui la nuit dorment dans des lits foulés par d'autres, & qu'ils oferoient jurer n'être ouverts que pour eux. Votre lot est préférable : Oh ! c'est être le jouet de toute la malice de l'enfer que de caresser (ans défiance une infidèle. ôc de s'endormir sur sa feinte vertu; — Non: dès qu'une fois je me connoîtrai bien, j'aurai le secret de la biuii coiiiiuîtrc.

OTHELLO

Oh tu es fage ! Cela est certain.

Voulez-vous vous tenir quelques momens à l'écart, & prêter l'oreille avec patience ? Tandis que vous étiez ici renversé sous le poids de votre malheur, & dans une posture indigne d'un homme tel que vous, ce Cassio est arrivé : je l'ai congédié en donnant il votre évanouissement une cause naturelle; mais il a l'incohérence d'idées, des demi-phrases, des mon interrompus d Othello ; mais quiconque a vu la pièce, & le jeu de l'Acteur , convient , qu'il n'y a pas un mot à ajoûter flt qu'il étoit int-possible à Othello, dans la situation où il se trouve , de faite de plus longues phtases. promis de revenir me trouver ici ; nous devons (on-verser ensemble. Ainsi cac hez-vous dans cet enfon-cement ; & de 1.1 observez les airs moqueurs , les dé-dains , & les signés de mépris qui viendront se peindre dans chaque trait de son visage : Je "C"'{ le ramener A l'histoire de ses amours, lui dem. der comment, dans quel lieu, depuis quand, com-bien de fois il a été bien reçu de votre époufu ? Quand il se Hatte de l ctre encore ? Mais encore une fois, bornez-vous à observer ses gestes; de la patience , Othello ou vous me forcerez à prononcer que vous n'êtes que passion & colère, & que vous n'avez rien d'un homme.

OTHELLO

Entens-tu, Jago ? Je veux bien offrir en moi un modèle de patience; mais entens-tu? Pour ctre plus sanguinaire après.

Et ce ne fera pas Tins raison; mais laissez venii le tems en tout. Voulez-vous aller prendre votre poste ? ( Othello se retire & s'enfonce (Luts la profon-

deur de la JlOûu.) Maintenant je veux questionner Cassio sur sa Bianra. C'est une aventurière qui fait fleurir ses charmes & sa parure du prix de ses caresses vénales. Cette créa-ture est passionnée pour Cassio ; car c'est le châtiment de la Courtisanne d'en tromper cent pour le profit d'un qui la trompe. On ne peut lui parler d'elle sans éveiller sa belle humeut.— Il vient. — Des qu'il va sourire, Othello deviendra furieux ; 9c dans Ton aveugle ja-lousie, il ne manquera pas d'interpréter les souri-rcs, les gestes, les airs libres du pauvre Cassio, tout à contre-sens.

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