‹ ShakspeareChapitre 61 sur 128 · King Richard the second, set. T, ac. S · texte numérisé non relu

King Richard the second, set. T, ac. S

2^2 . SHAKSPEARB.

jjIus pauvres sujets donnent en ce moment! O sommeil, aimable sommeil, doux soutien de la nature, comment t’ai-je assez effrayé pour que tu ne veuilles plus fermer mes paupières et plonger mes sens dans l’oubli? Pourquoi, .sommeil, aimes-tu mieux dormir dans des huttes enfumées, t’étendre sur des grabats incommodes et trouver le calme au milieu du jjourdonnement des insectes nocturnes, plutôt que dans les chambres parfumées des grands , sous des dais magnifiques et bercé par les sons de la plus douce mélodie? Dieu stupide, pourquoi te caches tu avec les misérables dans des lits nauséabonds, et abandonnes-tu la couche royale, comme si c’était la boîte d’une horloge ou la cloche d’un beffroi?... Peux-tu, ô sommeil partial! accorder ton repos au mousse suspendu pendant la tempête au haut du mât, et le refuser au roi pendant la nuit la plus calme et la plus silencieuse, malgré tous les moyens et toutes les ressources dont il dispose? £h bien! heureux celui qui se couche sur la dure ! Plus de repos pour la tête qui porte une couronne!... ' » Ce n’est pas là simplement, comme on pourrait le croire au premier abord, une déclarnation sur le sommeil. Lorsque Shakspeare développe une idée philosophique, même commune, on sent qu’elle lui est venue de la force de sa réflexion, et que, si elle a été exprimée par d’autres déjà, il l’a néanmoins trouvée seul et rendue avec une sincérité d’émotion qui nous la fait paraître nouvelle.

Bolingbroke n’est pas heureux, quoiqu’il ait atteint le but de son ambition. La possession du ti’ône l’expose à de nombreuses souffrances. Les unes lui viennent des

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